Existe-t-il une pédagogie chrétienne ?

Ce texte a été publié dans le numéro 68 de la revue Liberté politique, pour le dossier consacré à l’Ecole. Ce numéro est actuellement en vente sur le site de Liberté politique.

Les écoles, les familles, les mouvements de jeunesse, l’Église elle-même parlent volontiers d’une éducation chrétienne, c’est-à-dire une formation intégrale de la personne, dans tous ses aspects, à la lumière de l’Évangile, devant contribuer à préparer des hommes et des femmes libres, disciples joyeux de Jésus Christ. Mais de pédagogie il est moins souvent question, quoiqu’on évoque volontiers la pédagogie de Dieu dans la manière dont le Créateur amène peu à peu son peuple à la Révélation complète, au long de l’Histoire sainte. Ce point est essentiel ; on parle bien de manière de faire.

En effet, la pédagogie, terme polysémique, peut être à la fois comprise comme synonyme de l’éducation, donc enseignement complet, et comme manière d’instruire, en somme comme méthode. Le dictionnaire de l’Académie française, dans sa neuvième édition, la définit, pour l’instruction et l’éducation des enfants comme « l’ensemble de procédés employés pour les instruire et les former en fonction de certaines fins morales et sociales ». Mais aussi, en deuxième sens possible, voisin, comme une « discipline théorique visant à définir des méthodes d’enseignement, à déterminer de nouvelles pratiques éducatives ». La pédagogie, lorsqu’elle est distinguée de l’éducation, est donc avant tout une manière de faire et d’être qui s’inscrit dans une démarche éducative dont elle est une part.

Ce premier point établi on peut plus aisément se demander s’il y a une pédagogie chrétienne. Le chrétien se revendiquant disciple de Jésus Christ, il est raisonnable de considérer le Verbe de Dieu comme le socle de la pédagogie. C’est à son exemple et son imitation que le pédagogue chrétien peut le plus raisonnablement agir. Lire la suite

La place des morts est parmi les vivants !


(Memento mori !)

Dans les derniers jours de l’année 2014, votre serviteur a été le témoin indirect d’un nombre relativement important de décès, dans des familles alliées à la sienne ou dans des familles amies. Morts brutales et inattendues, morts contre nature frappant les jeunes avant les vieux, morts libératrices, morts accidentelles ou de maladie, tout ou presque y fut à l’exception de la mort provoquée. Lire la suite

Le seul véritable art total

 

Tableau de la Messe de fondation de l’ordre des Trinitaires, par Juan Carreno de Miranda (Avila, 1614-Madrid, 1685)

A l’approche de Noël, votre serviteur vous invite à soutenir un ensemble musical sacré, Lux aeterna, fondé au début de cette année, et dont l’objectif est de rendre vie à des œuvres, notamment vocales, dans le cadre de la liturgie, c’est à dire celui pour lequel elles furent composées.  Lire la suite

Vivent les vieilles dames !

Vieille femme en prière, Nicolaes Maes, c. 1650-60. Huile sur toile, 132 x 111 cm.
(Vieille femme en prière, Nicolas Maes, 1634-1693)

L’année liturgique ouverte par l’avent est consacrée, cette fois-ci, à la vie consacrée. Les articles de presse se multiplient sur les communautés religieuses, leur spiritualité propre, leur charisme, leur mission. Immanquablement apparaît la question des vocations religieuses, du nombre d’entrées dans les maisons religieuses. Ici, souvent, on se fait plus discret, et lorsque l’on veut parler des communautés qui marchent, on pense, en général, aux communautés charismatiques ou proches de ce mouvement, et aux communautés traditionalistes.  Lire la suite

Pourquoi faire de la théologie ?

(La leçon de catéchisme. Jules-Alexis Muenier)

 

L’hebdomadaire l’Homme nouveau consacrait, cet été, un numéro à l’édition catholique. Au détour d’un entretien, le directeur du réseau La Procure, François Maillot, lâchait cet aveu terrible ; dans le religieux, ce qui marche, ce sont les témoignages et les livres de développement personnel. Hormis saint Augustin, la théologie se vend très mal, et plus spécialement la théologie fondamentale. Pour François Maillot, ce désintérêt est lié à une diminution inquiétante de la culture générale et de la culture catéchétique, qui rend les problématiques théologiques inintéressantes ou inintelligibles pour de nombreux lecteurs. Lire la suite

Réinformation ; désinformation ?

A force d’être répété, c’est devenu un lieu commun de la vie médiatique, la presse désinforme. Elle désinforme, c’est à dire qu’elle masque des faits parfois cruciaux, qu’elle tronque la vérité, répand des mensonges, en somme se livre à une vaste entreprise d’intox. Les journalistes le disent eux-mêmes pour accuser… leurs confrères, mais jamais eux. Lire la suite

L’opium du peuple

 

(Tintin au Lotus Bleu, dans l’album homonyme)

Votre serviteur lisait encore aujourd’hui cette vieille sornette tirée du petit catéchisme marxiste et freudien que la religion serait l’opium du peuple. Alors que notre Occident athée bruisse de tout le remuement du libéralisme sauvage, de l’exploitation infernale autant des cadres que des simples ouvriers, de l’écrasement d’impôts des classes moyennes, de l’incivilité quotidienne dans la rue, des scandales sur l’euthanasie, la PMA et la GPA dans l’indifférence généralisée des peuples pourtant victimes de ce chambardement des valeurs, il apparaît que seules les religions, en Europe, se dressent efficacement contre cette folie en passant, et depuis des décennies, de la parole aux actes, de la vitupération à la charité active. Les libéraux sont acquis officiellement à toutes ces dérives, les socialistes athées les condamnent pour mieux les appliquer et les communistes sont de ces hommes petits qui crient de grands mots. Les croyants sont bien seuls et bien éveillés pour des opiomanes.  Lire la suite