Le pape François et la Fraternité Saint-Pie X Une leçon de haute politique

Résultat de recherche d'images pour "vatican"(Vue du Vatican et de Saint-Pierre de Rome, source : ihsnews.net)

Le 4 avril 2017, les salles de presse ont rendu compte de la décision du pape François de reconnaître comme valides et licites sous certaines conditions les mariages célébrés dans le cadre de la Fraternité sacerdotale saint Pie X.

Quelles sont ces conditions ? Lire la suite

Économie du futur proche, le monde français et européen à la croisée des chemins.


(Le bocage, source : Larousse.fr)

En quelques mois, une mode s’est emparée de l’actualité et du monde des affaires, sur fond de campagne présidentielle. Partout les allées bruissent des termes de robotisation et d’intelligence artificielle. Les cadres supérieurs d’entreprises de services financiers, bancaires, de conseil et d’audit mais aussi d’informatiques se passionnent pour ce sujet. La robotisation et l’intelligence artificielle, voici les nouveaux horizons de l’économie européenne, non pas pour les dix prochaines années, mais pour l’an prochain, pour dans deux ans. Lire la suite

Coeur et raison face à l’étranger


(L’adoubement de Lancelot)

Une actualité chassant l’autre, depuis quelques semaines la crise des migrants a quitté le devant de nos écrans de télévision ou les premières pages de nos journaux. Pourtant, non seulement le flot est toujours bien présent, du Levant et de l’Afrique vers l’Europe, mais il s’ajoute à des flux continus depuis maintenant plus de soixante ans et qui ont peu à peu modifiés le peuplement de certaines agglomérations, voire de certaines régions de la partie ouest du continent européen.

Les problèmes soulevés par ce mouvement migratoire sans précédent dans l’histoire de l’humanité de par son volume et sa continuité sont toujours présents.

Face à la question migratoire, deux attitudes sont souvent opposées. Lire la suite

Maurras et l’Eglise

Non ! Il ne s’agit pas ici de faire encore une fois le procès des relations entre Maurras et l’Eglise. Il ne s’agit ni de dénoncer, ni de sauver le maître à penser de l’école d’Action française.

Les ouvrages sur les relations entre l’Action française et l’Eglise, et entre Charles Maurras et cette dernière, sont nombreux et documentés. Un billet de bloc notes ne saurait les remplacer.

Cependant, on a vu ressurgir, à l’occasion de plusieurs ouvrages récents, cette ritournelle selon laquelle Charles Maurras aurait eu de l’Eglise une vision utilitariste, faisant d’elle la gardienne de l’ordre social. En somme, elle aurait été le parfait opium du peuple, pour reprendre la phraséologie marxiste.

Ce sont ces affirmations récentes, venant d’auteurs et de commentateurs sans doute mal informés, qui nous font réagir. Lire la suite

Mise au point : Le respect dû à l’Église et à ses ministres

La récente crise de confiance entre l’Église, en France, et certains de ses fidèles, autour de la question des migrants ou des signes visibles de la culture chrétienne a amené ces fidèles ou prétendus tels à utiliser, contre le pape, les évêques, les prêtres et l’Église elle-même, des propos d’injure ou de mépris que l’on se gardera bien de reproduire ici.

En général, ces ecclésiastiques, ou l’institution, étaient accusés de candeur, voire d’imbécilité quand ce n’était pas de collaboration active avec l’ennemi.

Devant un problème d’ordre politique, ces fidèles ont, en somme, perdu la tête, portant leurs accusations contre les personnes représentantes du culte. Certes, elles étaient insultées à cause de ces questions politiques. Mais elles l’étaient sans justement préciser cette nuance.

Concernant notamment le pape François, c’est toute sa personne qui a fait l’objet d’injures de la part de catholiques qui, ce jour-là, ont montré les limites de leur foi…

Non pas que leur foi doive porter sur le pape. Mais le pape, celui-ci comme ses prédécesseurs, représente une institution et est le serviteur d’un Dieu qu’ils affirment adorer. Où est l’adoration s’ils ne sont pas capables du respect le plus élémentaire envers la personne du souverain pontife servant ce Dieu ?

On a vu une association dite catholique proposer au vote de ses sympathisants une phrase du pape, livrée aux rires et aux moqueries car considérée comme relayant l’une des plus grosses imbécilités de l’année sur l’islam.

Quel est cet état d’esprit qui consiste à traîner dans la boue le vicaire du Christ ?

Enfin, pour ces gens qui se disent chrétiens, critiquer, moquer et traiter par l’ironie la personne du pape et son enseignement, c’est insulter l’Église et surtout c’est insulter Jésus Christ lui-même en oubliant que chacun, Pape ou gueux, nous sommes des enfants du Bon Dieu, créés à son image et sa ressemblance.

Comment défendre la culture chrétienne ? Comment défendre la France chrétienne ? Lorsqu’on n’est pas capable, soi-même, de cette rectitude morale qui consiste parfois à se taire et endurer la contrariété, parce que l’homme que l’on voudrait attaquer est notre prochain, parce qu’il est le représentant d’une institution dont on sait qu’elle est le canal du salut.

Il devrait y avoir matière à réfléchir ici. En tout cas il est sûr que ceux qui, actuellement, s’injurient et injurient les ecclésiastiques ne sauraient être considérés comme des chrétiens en bonne santé, ni comme des Français civilisés, mais plutôt comme des chrétiens malades et des Français ensauvagés.

Espérons que la paix et le bon sens reprendront au plus vite leurs droits.

Mise au point : Le discours anti-élite, un outil récurrent des nouveaux polémistes

Depuis que la polémique a été ouverte entre Erwan Le Mordehec et ses contradicteurs, une accusation récurrente portée contre lui et ceux qui adhèrent à ses thèses est celle de l’appartenance à une élite sociale conservatrice, engoncée dans ses privilèges, coupée de la misère populaire et incapable de la comprendre.

Ce mépris pour une classe sociale dite bourgeoise, de la part de gens qui, pour la quasi-totalité d’entre eux, sont également de bons bourgeois, cela prête à sourire.

Cet amour du peuple, voire du populaire, et cette haine du bourgeois était jusqu’à présent l’apanage d’une certaine gauche républicaine. Le déclassement social et l’avachissement mental a déporté cette lubie à droite.

Le mécanisme n’est pas d’hier cependant, jusqu’à l’utilisation de ce concept fumeux de « peuple », utilisé au singulier, là où nos rois parlaient, avec plus de justesse des « peuples » au pluriel, refusant de réduire la complexité de leur société à un unitarisme abstrait.

L’historien Fustel de Coulanges, déjà, en son temps, fustigeait cette adoration du populaire, en ces termes, peu après la Commune, dont il avait été témoin :

« On n’a jamais dit au peuple ses vérités. Tous nos livres sont sévères pour les rois, pour les nobles, pour les prêtres. Ils ne sont indulgents que pour le peuple. On parle avec franchise à un roi ou à un empereur, et on lui dit ses fautes. On ne fait entendre au peuple que la langue de la flatterie et de l’obséquiosité. Le gouvernement le flatte, l’opposition le flatte, la presse le flatte, le théâtre le flatte. Nos auteurs comiques et nos romanciers ont jeté le ridicule sur les souverains, sur la noblesse, sur la bourgeoisie ; ils ont toujours respecté le peuple ; ils l’ont exalté, trompé, enivré.

Il existe en France et surtout à Paris une classe d’hommes qui s’intitule « le peuple ». Ils ne sont pas le peuple français ; ils sont simplement et par excellence « le peuple ». Les bourgeois en sont exclus, tous les ouvriers n’en sont pas ; les plus intelligents et les plus aisés restent en-dehors. Les conditions pour faire partie du « peuple » sont d’être pauvre, remuant, bruyant. A l’atelier, dans la boutique, on n’est pas peuple ; on n’est peuple que dans la rue ou dans les clubs. Cinquante désœuvrés en blouse forment le peuple. Ce peuple a de grandes prétentions ; il se croit le droit d’installer un gouvernement sans consulter le peuple français pour lequel il a un souverain mépris. Ce peuple n’est pas toujours républicain, il crie souvent vive le roi et acclame souvent un empereur. Mais il se croit toujours au-dessus des empereurs, des rois, et même de la république. République, rois et empereurs sont également tenus de le flatter et de lui dire qu’il est héroïque. Il rapporte tout à lui et il importe de lui faire croire que tout ce qu’on fait est dans l’intérêt du « peuple. » Il est au-dessus des lois. Il ne permet pas qu’on emprisonne un des siens ; mais lui, il fait, de son seul droit, des arrestations, emprisonnements, fusillades ; et très sincèrement il croit que tout cela lui est permis. Une condamnation permise par des magistrats après un long examen et une défense contradictoire, lui paraît un crime ; fusiller un magistrat au coin d’une rue ou dans une prison, pourvu que les fusilleurs soient en blouse, « c’est la justice du peuple ». On croirait que ce peuple est une démocratie ; non ; le « peuple » est fier et hautain. Il se croit fort supérieur aux bourgeois ; il est d’une autre caste, d’un autre sang ; les bourgeois et les riches sont des êtres vils qu’il méprise. Non seulement il ne cède pas le haut du pavé, mais il prétend qu’on le lui cède. Non seulement il ne souffre pas qu’on lui parle avec dédain ; c’est lui qui est dédaigneux, c’est lui qui cherche à vous écraser et à vous humilier. On est tenté de lui dire : « n’oubliez donc pas que je suis votre égal ». Il a une démarche, un regard, un ton qu’il croit nobles. C’est une noblesse étrange, dont l’orgueil est mêlé d’envie. Le « peuple » de Paris est grossièrement aristocrate. »

Toute la citation de Fustel de Coulanges ne correspond pas à notre problématique, mais il nous a semblé utile de la conserver en son entier tant elle sonne vrai.

Le mécanisme qui consiste aujourd’hui, chez certains catholiques, à se réclamer du peuple ou à se dire défenseurs du peuple, contre une élite méprisable, est le même qu’en 1870.

Dans un cas comme dans l’autre, c’est une manière d’oublier que nous formons une seule nation, composée de différents états et classes dont chacun est indispensable au bon fonctionnement de l’ensemble, dont aucun n’assure la prééminence absolue, ni ne doit être considéré comme méprisable, et dont aucun ne saurait être retranché. Si le bourgeois ne connaît pas véritablement les préoccupations du populaire et serait bien en peine d’assumer ses tâches, on pourrait retourner le compliment à l’autre groupe, et jeter à la face de son contradicteur son milieu est une d’une vulgarité toute imbécile.

En vérité c’est un acte profondément anti-français et non-chrétien, oubliant que chacun, à sa place, à sa part de l’ouvrage et que pour une société équilibrée il faut autant des banquiers d’affaires que des éleveurs de moutons.

Un gestionnaire de patrimoine ne pourrait sans doute pas réaliser les branchements d’une installation électrique d’immeuble, mais l’électricien pourrait-il réaliser les montages financiers générant le bénéfice remplissant les livrets A des Français ?

Ce sont deux réalités différentes, qui se méconnaissent l’une l’autre, mais qui sont également utiles à la vie française. Il n’y a pas d’un côté le vrai peuple et de l’autre le peuple déconnecté du réel. En outre, le milieu social n’est en aucun cas un argument pour interdire tel ou tel à s’exprimer. Enfin, on le sait, nombreux sont les hommes qui, par leur engagement social, transcendent les milieux et plongent les mains dans la pâte des événements, afin de venir en aide à leur prochain, qu’il fut riche ou pauvre.

Mise au point : Le principe évangélique peut-il fonder une politique ?


(La Madeleine, chez le Pharisien, Jean Béraud, 1891)

D’après Laurent Dandrieu, journaliste chez Valeurs actuelles et auteur de Eglise et immigration, le grand malaise, « les principes évangéliques ne fondent pas une politique, quoi qu’en disent les évêques de France, qui trop souvent limitent le débat au martèlement de cette seule phrase [« J’étais étranger et vous m’avez accueilli ».]. De la même manière, « tendre la joue gauche », c’est un chemin de sainteté, mais en aucune façon un moyen de répondre à la violence islamiste quand elle menace la société dans son ensemble ». (entretien donné dans La Croix)

Les papes et le catéchisme de l’Église catholique, cités en appui de la démonstration de Laurent Dandrieu un peu plus haut dans son propos, apprécieront sans doute ce reniement, tout comme saint Louis, qui fut homme d’État et homme de foi goûtera, de là où il se trouve, cette manière toute utilitariste et matérialiste d’utiliser une valeur contre une autre au rythme des besoins politiques du moment.

Cependant, n’en déplaise à l’auteur de ces mots, les principes évangéliques sont la fondation de toute la doctrine sociale de l’Église, de l’action politique et sociale de celle-ci depuis vingt siècles, et de l’action de gouvernement des hommes d’État européens des siècles passés.

Etaient-ils naïfs ? L’Evangile faisait-il d’eux des agneaux bêlants ?

S’il y a de la candeur ou de l’angélisme chez certains prélats du XXIe siècle, ce qui reste par ailleurs à prouver, ce n’est certainement pas la parole de Dieu, qu’elle soit vétéro ou néo testamentaire, qui peut être mise en cause.

L’expérience de deux milénaires montre le contraire.

S’il fallait des preuves, que l’on se souvienne que La Cité de Dieu de saint Augustin était le livre de chevet des fonctionnaires de la chancellerie carolingienne, que c’est au chant des psaumes que Philippe Auguste livra la bataille de Bouvines, que c’est au nom du Christ que toujours saint Louis gouverna.

Faut-il se rappeler que les juges du Parlement de Paris sous Charles V avaient coutume de se confesser, d’ouïr la messe et de communier avant de rendre la justice ?

Louis XIV assistait à la messe chaque jour.

Combien d’évêques siégèrent dans les conseils des rois de Clovis à Louis XVI ? Au moins un par règne et souvent bien plus.

Non seulement la parole biblique et le principe évangélique étaient présents dans les esprits des gouvernants, mais ils étaient traduits en actes par la vie de prière et sacramentelle. Ne pas croire que cela était au soubassement de la politique de ces gens pour lesquels le salut éternel était La question majeure, c’est commettre une erreur grossière.

M. Dandrieu est trop fin amateur d’histoire pour ne pas savoir cela, et dès lors, son propos est sans doute une maladresse.

Mais cette maladresse est révélatrice de tout un courant de pensée qui aime l’Église pour sa hiérarchie, ses ornements, ses palais, son droit, en somme son héritage romain, mais en considérant avec plus de suspicion ce qui fait la vie de cet apparat et lui donne son sens ; la parole même de Dieu.

Cette parole non seulement peut fonder une politique, mais elle le doit.

Comment pourrait-on dénier au Verbe créateur la puissance politique ?

Non pas qu’il faille confondre tous les genres, mais on ne saurait imaginer un croyant sincère vivant de l’évangile en privé et gouvernant comme s’il n’était pas le coeur de sa vie en public.

Dès lors, l’angélisme de certains n’est certainement pas lié au principe évangélique mais à sa mauvaise compréhension ou à des déviances qui font oublier que l’amour inconditionnel est pour tous, pour les nôtres et les autres, et pas seulement pour les autres…

Attaquer l’un à cause de la détestation que l’on a pour les prises de position de l’autre, c’est se tromper et tromper ses lecteurs.