Unis à la France

Ce 11 novembre, nous nous souviendrons de la fin de la première guerre mondiale avec une attention toute particulière, en ce centième anniversaire.

Dans l’esprit commun, le 11 novembre n’est rien de plus que cela ; le souvenir de l’armistice qui suspendit définitivement les opérations guerrières à l’issue du plus terrible carnage que la France ait connu dans son histoire militaire récente.

Au fur et à mesure que cette époque se fait plus lointaine, sa mémoire s’estompe et s’adoucit. Les soldats de la première guerre mondiale sont tous morts. Leurs enfants presque tous, et leurs petits-enfants se font vieux.

Mais depuis plusieurs années, maintenant, la signification de ce jour a été justement considérablement élargie, pour lui donner une portée qui ne mourra jamais.

Le 11 novembre, on l’oublie trop souvent, est aussi le jour d’hommage à tous les morts pour la France, depuis la loi du 28 février 2012.

Souvenez-vous ! Vous avez tous, un arrière-grand-père, ou un grand-père, parfois un grand-oncle qui donna sa vie pour que vive la France.

L’existence de tous ces hommes et de ces femmes est étroitement liée à la vie même de la nation. Sans eux et leur sacrifice, non pas seulement au XXe siècle, mais depuis l’origine de notre histoire, notre pays n’existerait plus, du moins serait tout autre.

Il est bon de leur rendre un hommage particulier. Il n’est pas inutile aussi de se souvenir de ceux qui sont revenus, certains blessés ou mutilés, d’autres indemnes, mais après des années de captivité. Leur action fut souvent empreinte de cet héroïsme ordinaire, de cette bravoure du quotidien qui consiste à simplement faire son devoir, même dans les conditions les plus extraordinaires.

Ces hommes nous rappellent aussi que nos familles sont étroitement liées à l’histoire du pays, que notre sang est indissociable de notre sol et du sang des autres Français. Nous sommes liés entre nous et à cette terre par cette longue histoire ; et ce d’ailleurs d’où que nous venions.

Votre serviteur vous invite à vous en rendre compte, et à en témoigner, en établissant la généalogie de vos ancêtres engagés dans les différentes guerres de la France, aussi loin que vous le pourrez. Cet exercice, sans doute, vous émouvra et vous éclairera. Il nous liera aussi davantage les uns aux autres par cette action d’humble reconnaissance mutuelle. Nous nous souviendrons de ce que furent ceux qui nous précédèrent dans la vie, et alors, peut-être, tenterons-nous davantage de leur ressembler. Cela vaudra mieux que tous les discours et servira sans doute notre pays en nous conduisant aussi à changer nos actes et nos regards.

Afin de donner l’exemple de ce à quoi je vous invite, je me suis essayé à cette petite généalogie, grâce au concours de mes archives familiales et au soutien bienveillant de quelques parents. N’étant pas issu d’une famille de tradition militaire, je fus le premier étonné par cette litanie.

En voici les noms, du plus proche au plus lointain, par branches de l’arbre généalogique, en espérant que leur évocation vous donnera l’envie d’accomplir la même action de mémoire familiale et nationale :

I Branche paternelle

a) Rameau grand-paternel

Jacques Dubois, appelé de 1958 à 1960, 27 mois de service, élève officier de réserve à l’école du génie d’Angers, puis officier instructeur à Avignon. Incorporé comme sous-lieutenant au 19e régiment du génie, en Algérie, secteur du Djebel Amour. Croix de la valeur militaire.

Pierre Dubois, frère jumeau du précédent, appelé de 1958 à 1960, 27 mois de service, élève officier de réserve à l’école d’infanterie de Cherchell, en Algérie. Incorporé comme sous-lieutenant au 3e régiment d’infanterie alpine, sud oranais, puis à l’état-major du régiment comme officier de transmissions, à Aïn Temouchent.

Édouard Dubois, père des précédents, rappelé au service en janvier 1940, affecté comme soldat en régiment d’infanterie alpine sur le front des Alpes. Campagne de mai-juin 1940. Démobilisé après l’armistice.

Jean Augustin Dubois, père du précédent, rappelé au service en août 1914, 2e section des chemins de fer de campagne. Intégralité de la guerre dans cette arme. Démobilisé en 1919.

Joseph Dubois, frère de Jean Augustin, rappelé au service comme chasseur de 2e classe au 7e bataillon de chasseurs alpins. Mort par noyade le 27 février 1916.

Marius Dubois, troisième frère de Jean Augustin, soldat de 2e classe, infanterie de ligne, prisonnier de guerre durant les combats de l’automne 1914. Rentré en France en 1918.

Joseph Dubois, arrière-grand-père des trois précédents, sergent, infanterie de ligne, campagnes d’Allemagne et d’Autriche de 1805 et 1806, campagne de Russie en 1812, parvenu jusqu’à Moscou, rentré en France après la retraite de l’hiver 1812-1813. Rendu à la vie civile en 1813.

Jean-Baptiste Genieys, arrière-grand-père de Jacques Dubois, soldat au premier régiment de voltigeurs de la garde impériale, présent à la bataille de Sedan en 1870. Médaille commémorative de la guerre de 1870-1871.

Julien Bourrier, grand-oncle de Jacques Dubois, rappelé au service comme soldat de 2e classe au 8e régiment d’infanterie coloniale en 1914. Engagé sur la Marne, puis en Champagne. Blessé en octobre 1915. Hospitalisé à Nevers, puis affecté à Toulon, comme cuisinier au 54e régiment d’infanterie coloniale. Le régiment étant envoyé sur le front d’Orient, en Serbie, durant l’été 1916, Julien Bourrier est de nouveau versé en unité combattante. Tué à l’ennemi le 28 novembre 1916 à Orahovo.

Marius Bourrier, frère de Julien, rappelé au service comme artilleur, en 1914. Rentré vivant et sans blessure, démobilisé en 1919.

b) Rameau grand-maternel

Marcel Meyer, mobilisé comme chasseur de 2e classe au 17e bataillon de chasseurs alpins, tué à l’ennemi le 10 mai 1915, à Lorette, Pas-de-Calais.

André Meyer, frère du précédent, mobilisé comme soldat de 2e classe, régiment d’infanterie de ligne, en 1918. Démobilisé en 1919. Mobilisé de nouveau en septembre 1939. Campagne de mai-juin 1940. Fait prisonnier. Évadé avant la fin de l’année 1940, réfugié en zone libre.

René Privat, beau-frère des deux précédents, mobilisé comme soldat de 2e classe, régiment d’infanterie de ligne, au début de l’année 1918. Affecté notamment dans le secteur de Verdun. Démobilisé en 1919. Mobilisé de nouveau en septembre 1939, comme brancardier. Campagne de mai-juin 1940, démobilisé après l’armistice.

II Branche maternelle

a) Rameau grand-paternel

Théophile Fert, rappelé au service en septembre 1939, régiment d’infanterie de ligne (grade et rang inconnus), campagne de mai-juin 1940. Démobilisé après l’armistice.

Zacharie Victor Fert, père du précédent, mobilisé en 1914, soldat de 2e classe, 9e régiment mixte de zouaves et de tirailleurs, mort des suites de ses blessures, à l’ambulance de Givenchy-le-Noble, dans le Pas-de-Calais, le 12 décembre 1914. Croix de guerre 14-18 avec étoile de bronze, à titre posthume. Citation à l’ordre du régiment.

Gabriel Pulin, grand-père de Théophile, engagé volontaire aux chasseurs d’Afrique entre 1872 et 1880. Plusieurs campagnes en Afrique du Nord. Ancien communard.

Xavier Fert, maréchal des logis au 3e régiment de cuirassiers de 1832 à 1858. Engagé en 1848 après les journées de février et de juin, pour rétablir l’ordre à Meaux, Coulommiers, et surtout à Paris.

Joseph Fert, maître bottier dans la gendarmerie d’élite de 1802 à 1809. Engagé au 26e régiment d’infanterie de ligne, campagnes de 1812 et 1813 en Espagne.

b) Rameau grand-maternel

Valéry Sanglier, mobilisé en août 1914 comme cavalier eu 12e régiment de dragons de Reims. Blessé trois fois. Affecté le 9 septembre 1915 au 61e régiment d’artillerie, secteur de Verdun. Versé le 13 mai 1917 au 273e régiment d’artillerie, puis au 13e régiment d’artillerie. Secteurs de l’Argonne, de Craonne et du Chemin des Dames. Démobilisé le 30 janvier 1919.

Jean Alexandre Sanglier, gendarme d’élite, plusieurs campagnes sur différents théâtres d’opérations entre 1796 et 1815. Rendu à la vie civile en 1816.

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