Mise au point : Le respect dû à l’Église et à ses ministres

La récente crise de confiance entre l’Église, en France, et certains de ses fidèles, autour de la question des migrants ou des signes visibles de la culture chrétienne a amené ces fidèles ou prétendus tels à utiliser, contre le pape, les évêques, les prêtres et l’Église elle-même, des propos d’injure ou de mépris que l’on se gardera bien de reproduire ici.

En général, ces ecclésiastiques, ou l’institution, étaient accusés de candeur, voire d’imbécilité quand ce n’était pas de collaboration active avec l’ennemi.

Devant un problème d’ordre politique, ces fidèles ont, en somme, perdu la tête, portant leurs accusations contre les personnes représentantes du culte. Certes, elles étaient insultées à cause de ces questions politiques. Mais elles l’étaient sans justement préciser cette nuance.

Concernant notamment le pape François, c’est toute sa personne qui a fait l’objet d’injures de la part de catholiques qui, ce jour-là, ont montré les limites de leur foi…

Non pas que leur foi doive porter sur le pape. Mais le pape, celui-ci comme ses prédécesseurs, représente une institution et est le serviteur d’un Dieu qu’ils affirment adorer. Où est l’adoration s’ils ne sont pas capables du respect le plus élémentaire envers la personne du souverain pontife servant ce Dieu ?

On a vu une association dite catholique proposer au vote de ses sympathisants une phrase du pape, livrée aux rires et aux moqueries car considérée comme relayant l’une des plus grosses imbécilités de l’année sur l’islam.

Quel est cet état d’esprit qui consiste à traîner dans la boue le vicaire du Christ ?

Enfin, pour ces gens qui se disent chrétiens, critiquer, moquer et traiter par l’ironie la personne du pape et son enseignement, c’est insulter l’Église et surtout c’est insulter Jésus Christ lui-même en oubliant que chacun, Pape ou gueux, nous sommes des enfants du Bon Dieu, créés à son image et sa ressemblance.

Comment défendre la culture chrétienne ? Comment défendre la France chrétienne ? Lorsqu’on n’est pas capable, soi-même, de cette rectitude morale qui consiste parfois à se taire et endurer la contrariété, parce que l’homme que l’on voudrait attaquer est notre prochain, parce qu’il est le représentant d’une institution dont on sait qu’elle est le canal du salut.

Il devrait y avoir matière à réfléchir ici. En tout cas il est sûr que ceux qui, actuellement, s’injurient et injurient les ecclésiastiques ne sauraient être considérés comme des chrétiens en bonne santé, ni comme des Français civilisés, mais plutôt comme des chrétiens malades et des Français ensauvagés.

Espérons que la paix et le bon sens reprendront au plus vite leurs droits.

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5 commentaires sur “Mise au point : Le respect dû à l’Église et à ses ministres

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  1. cette époque encourage la caricature et la dérision : un pontife-bashing rejoint un président-bashing
    l’un et l’autre se sont servi des passions du moment pour  » briller  » auprès des foules .. : il est logique
    qu’ils se retrouvent à ce piètre niveau, vous ne trouvez pas ? …
    S.L. ( un hérétique de bonne foi )
    °°°°°°°°

    1. Autant cela est vrai pour le Président de la République actuel et son prédécesseur, qui récupèrent ainsi la monnaie de leur pièce, autant cet avis me semble plus contestable concernant le pape, dont je ne pense pas qu’il se soit servi des passions pour briller.
      Il me semble que la plupart des commentateurs ayant perdu tout sens du sacré a vu dans les gestes du pontife ceux d’un homme politique et commis des contre-sens lourds de conséquences quant à l’opinion que le peuple peut avoir ensuite du pape François.
      Cependant, quand bien même cela serait, ce devrait être la gloire et l’honneur des chrétiens que de ne pas s’abaisser à ce niveau et à continuer de porter à cette charge et à l’homme qui l’incarne le respect qui leur est dû, malgré une indignité constatée.

  2. Autant, je suis d’accord sur le respects des personnes qui doit être la condition même du débat. Autant, j’ai l’impression qu’avec certain, être en désaccord sur un sujet c’est forcément être en dehors de l’enseignement du Christ. Par exemple, sur l’accueil des immigrés, on dit de nous que nous sommes des égoïstes, voire des hérétiques. D’une part, le respect est valable de l’autre côté aussi. D’autre part, la question qui est à se poser est a suivante: quelle est notre vision de la charité et de l’hospitalité ? C’est plutôt ça qui serait à mettre sur le devant de la scène. Comme l’Eglise n’a pas vraiment donné de directives sur le sujet, il serait bien qu’une Encyclique ou un autre type de texte soit publié sur la question de l’immigration et de l’accueil même. Avant de nous dénoncer comme des racistes ou des xénophobes, il serait peut-être bon d’organiser un débat serein où chaque partie peut s’exprimer convenablement sans être victime de pressions de part et d’autres.

    1. Je suis entièrement d’accord avec vous. A quelques détails près cependant. Ce n’est pas le pape, ce ne sont pas les évêques qui ont manqué de respect à tel ou tel mouvement ou tel et tel fidèle. Ils ne doivent pas être attaqués pour un forfait qu’ils n’ont pas commis.

      Par ailleurs, sur la question de l’immigration et de l’émigration, l’Eglise s’est exprimée en plusieurs occasions, lors de discours officiels du pape, de notes publiées par différentes commissions pontificales ou dans des passages d’encycliques repris, depuis, dans le compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise.

      L’enseignement de l’Eglise est clair et mêle réalisme géopolitique international, réalisme politique interne et exigence de charité pour tous, populations autochtones comme migrantes.

      On pourrait résumer cet enseignement de la manière suivante :

      – Le devoir des Etats modernes est de mener une diplomatie et une politique de développement permettant à chacun de rester sur sa terre et de ne pas être contraint à migrer.

      – Lorsque la migration a tout de même lieu, pour une raison ou une autre, l’accueil dans des conditions dignes doit être une priorité.

      – Cet accueil, cependant, ne doit pas excéder les capacités de l’Etat et de la société accueillants.

      – Sur place, les politiques nécessaires doivent être mises en place pour une intégration des populations migrantes à la société qui les reçoit.

      Ces points doivent fonctionner ensemble et ne s’excluent pas.

      Il est évident qu’aujourd’hui aucun d’entre eux n’est respecté.

      Il est également évident que les médias mettent surtout l’accent sur les discours relatifs à l’accueil, et que dans le cas précis de la France, c’est le discours dominant de nos évêques; Mais les positions des papes actuels, François et Benoît XVI furent et sont plus nuancées.

  3. Là, vraiment, je ne puis accepter les quatre points que vous énumérez pour définir la position de l’Eglise, pour les raisons suivantes:

    Point 1. Il est carrément absurde de dire que les Etats doivent mener une diplomatie et une politique de développement permettant à chacun de rester sur sa terre. Pourquoi? Parce qu’aucune de ces deux actions n’a ce pouvoir. Les migrations se font avec la complicité des Etats du sud, essentiellement pour des questions d’intérêt et le différentiel de niveau de vie est une raison perceptible par les populations, qui devient un véritable miroir aux alouettes. A moins de recoloniser, je ne vois pas comment les européens pourraient obtenir des résultats sur ce point. Un Etat comme le Togo dont la population a doublé en 15 ans voit son niveau de vie baisser mathématiquement malgré une augmentation des ressources, simplement parce que la natalité est trop forte.

    Point 2. Il est inacceptable, une fois admis que la migration a lieu, de passer immédiatement à l’accueil qui devrait être « digne ». Il faudrait à mon sens, intervertir les points, et mettre en deuxième position le point 3.

    Point 3. La rédaction de ce point est également inacceptable. Chaque Etat, chaque peuple, doit pouvoir décider s’il accepte ou non de recevoir ces populations, et s’il accepte de les intégrer ou non, sans qu’il soit nécessaire de se justifier sur sa capacité d’accueil. (Point 4) Pourquoi? Parce qu’il n’y a pas de limite connue, et qu’une injonction morale n’en accepte aucune. Lisez la revue Ethica, vous y trouverez un article d’un dominicain, le P. Somme qui explique que déclarer un clandestin à la police, même sur injonction, est un mensonge, et que couvrir son délit est une expression de la vérité.

    D’autre part, je ne trouve nullement que les déclarations des papes Benoît XVI et François I° soient plus nuancées. Benoît XVI a affirmé le droit à migrer, quant à François, il lance des injonctions,  » « contre les murs et pour les ponts », pour « l’ouverture et l’accueil ». Il accueille au Vatican 12 familles, toutes musulmanes. Il contrebalance ses déclarations anti-avortement par un immigrationnisme constant. Non, sincèrement, je suis souvent d’accord avec vous, mais là, vous ne m’empêcherez pas de vous dire que les autorités de l’Eglise font du mauvais travail, de les combattre sur ce point, et de leur désobéir, tout simplement parce que je considère que c’est à une véritable trahison de nos patries qu’ils nous invitent. Cela ne me conduira pas à les insulter ni à les couvrir de sarcasmes. Je respecte la tiare du pape (qu’il ne porte plus depuis Paul VI), mais je n’en viendrai pas, comme vous le faites inconsidérément, à minimiser la gravité dans l’erreur des préceptes politiques que l’Eglise met depuis longtemps, mais de plus en plus, en avant.

    Amicalement

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