Choisir un homme d’Etat ; éléments de discernement

La campagne en vue de l’élection du prochain président de la République bat son plein, occupée tout entière par les primaires de la droite et du centre d’une part, la cacophonie d’une gauche transformée en canard sans tête d’autre part.
Au milieu de ce tohu-bohu, les autres formations politiques sont temporairement inaudibles.

Les électeurs vont devoir formuler un choix qui engagera la France pour les cinq années à venir. Ce n’est pas la première fois. Mais considérant les bilans des précédentes mandatures, le résultat ne fut pas à la hauteur des espérances françaises.

Peut-être le défaut provient-il d’un mauvais discernement opéré par les électeurs s’appuyant plus sur un choix par défaut qu’un désir objectif.
Les critères de discernement évoqués habituellement ne manquent pas. L’Eglise, par exemple, invite les électeurs à réfléchir, traditionnellement, sur la base de trois points qu’elle considère comme fondamentaux ; la famille, la vie humaine et l’éducation dans ses différentes dimensions. A ces trois critères, les structures françaises de l’Eglise ajoutent souvent le souci du pauvre et de l’étranger, et l’intégration sociale.

Ces points sont évidemment essentiels et à méditer. On ne pourrait pas élire à la présidence de la république, sciemment, un homme dont l’optique est d’abattre l’institution familiale, de remettre en cause la liberté éducative et d’attaquer la vie humaine sous une forme ou une autre. On ne pourrait pas voter, non plus, pour un homme dont les propositions aggraveraient la vie des plus pauvres ou des plus faibles en France.
Chaque candidat appartenant, aujourd’hui, à un parti ou un courant politique pris en défaut sur tout ou partie de ces thèmes, l’électeur est contraint à une délicate arithmétique consistant à mesurer les propositions l’une par rapport à l’autre, pour se résoudre au vote en faveur du moindre mal.
Mais les programmes politiques servant de base à ces choix sont souvent inappliqués par la suite dans la plupart de leurs mesures. Ainsi, l’opération de l’électeur est faussée dès l’origine, sans qu’il puisse l’anticiper, car il ignorera quelle mesure sera appliquée et laquelle ne le sera pas.

En outre, ces mesures relèvent souvent du débat d’idées de fond. Elles ne sauraient constituer un élément unique de choix. En effet, nous n’élisons pas un idéologue, mais le chef de l’Etat, c’est-à-dire un homme capable de gouverner la France.

C’est sur ce dernier point que l’électeur doit affiner son discernement. Quels éléments permettent de réfléchir sur la capacité d’un candidat à gouverner la France dans l’avenir ?

  • Tout d’abord, il conviendra de regarder le bilan comptable de ce candidat dans ses précédentes fonctions. Dans quel état laisse-t-il les comptes de la circonscription qu’il a gouverné jusqu’à présent ? A-t-il amélioré ou aggravé la situation économique et financière de celle-ci durant ses mandats ?
  • Ensuite, cet homme, s’il n’a pas exercé de fonctions électives dans le passé, laisse-t-il un bilan positif dans ses fonctions au sein de l’administration, ou d’entreprises privées ?
  • Cet homme a-t-il marqué ses fonctions antérieures par sa capacité à innover, à porter son projet jusqu’au bout et ce sans menacer la bonne gestion de la structure qui lui était confiée ?
  • Cet homme est-il uniquement un chef de clan ou a-t-il prouvé qu’il était capable de se dévouer pour le bien-commun, quitte à opérer des sacrifices personnels ou partisans ?
  • Cet homme ne gouvernera pas seul, aussi est-il impératif de scruter les équipes dont il s’est entouré par le passé, afin de savoir s’il sait s’entourer, ou si ses collaborateurs, au contraire, doivent être considérés comme en-dessous de la charge qui pourrait leur être confiée par la suite ?
  • Cet homme et son équipe ont-ils su, dans le passé, prendre des mesures nécessaires et courageuses, au détriment de leur popularité, prenant même le risque d’une défaite électorale à venir, mais considérant que le bien-commun valait plus que leur bien particulier ?
  • Cet homme et les siens ont-il su, dans des fonctions antérieures, mettre en œuvre dans une mesure plus humble, les propositions qu’ils font aujourd’hui pour toute la France, et si oui, avec quel bilan ? Lorsque ces mesures proposées sont uniquement du ressort national, les ont-ils promues par le passé, ou est-ce une innovation de circonstance ?
  • Cet homme et son entourage respectaient-ils les charges qu’ils ont revêtu par le passé et s’en montrèrent-ils les dignes représentants ? Ou au contraire les dégradèrent-ils par leur inconduite ?
  • Le dernier, mais non des moindres, cet homme et son équipe se sont-ils illustrés par leurs mensonges et leurs renoncements, ou leur constance et leur droiture ? Et en cas de compromis ou de reculades, ont-ils su s’expliquer avec franchise, regretter leurs erreurs, ou bien s’enferrer dans le mensonge et le déni ?

Ces points donnés en vrac ne constituent pas une liste exhaustive, ils exigent un véritable travail de recherche, mais ils permettent, pensons-nous, de mieux savoir si la personne sur laquelle se portera notre choix électoral est un homme d’Etat accompli, ou un matamore de plus.

Une chose est certaine, beaucoup de nos dirigeants politiques actuels, dans l’opposition comme dans la majorité, ne passeraient pas le crible de cet interrogatoire.

 

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Une réflexion sur “Choisir un homme d’Etat ; éléments de discernement

  1. bravo ! .. ça devrait être affiché comme les trombinoscopes de candidats sur un panneau vitré dans chaque bureau de vote, le jour le jour du scrutin ( sous surveillance comparable à l’ urne ) !….

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