11 novembre 1215 : Latran IV… et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle

(Fresque représentant le pape Innocent III)

Cet article a été initialement publié pour l’excellent site de Liberté politique, à lire et soutenir.

La chrétienté du XIIe siècle finissant se vautrait dans les hérésies, la débauche du clergé, les divisions politiques. En période de trouble, le successeur de Pierre est toujours un recours. Le concile de Latran IV, sous la poigne de fer du jeune pape Innocent III, allait recadrer le fonctionnement de l’Église selon des règles toujours en vigueur. Lire la suite

Une Eglise qui ne juge plus, vraiment ?

(Le procès du cadavre du pape Formose par Etienne VI, d’après Jean-Paul Laurens, 1870)

En première place de la compilation des stupidités qui sont venues ternir le déroulement du dernier synode, cette petite rengaine est celle que l’on a eu le loisir d’entendre le plus souvent : « nous sommes contre une Eglise qui juge » ; avec ses variantes : « L’Eglise désormais ne jugera plus »  ; « Nous inaugurons le temps d’une Eglise qui ne juge plus » ; « Nous arrivons à une nouvelle Eglise, qui ne sera plus dans le jugement ».

Que c’est gentil ! Que c’est mignon ! Que c’est bête !

La plupart des journalistes y sont allés de leur petit commentaire mielleux, y compris des vaticanistes chevronnés, au risque d’oublier le sens même du mot jugement, qui consiste à porter un avis, positif ou négatif, afin de qualifier un fait, une personne ou une situation. Sans jugement, il n’y a plus aucune qualification possible, c’est l’encéphalogramme plat de l’intelligence.  Lire la suite

Sub Petro et cum Petro

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(La remise des clefs à Saint-Pierre, par Le Pérugin)

Les moulins à parole n’ont pas fini de fonctionner au sujet du synode sur la famille qui vient de se clôturer. Le texte est assez évasif dans certaines de ses formulations pour laisser libre court à toutes les interprétations et à l’expression de toutes les tendances, de l’extrême rigueur jusqu’à l’apostasie.

Tout le monde y va de son commentaire et trouve midi à sa porte. Chers lecteurs, ce n’est pas des conclusions du synode que votre serviteur vous entretiendra. Il y a bien assez de canonistes, de moralistes, de théologiens et de journalistes soi-disant spécialisés pour le faire, et ils ne s’en privent pas. S’il ne fallait lire qu’un seul résumé des conclusions du synode, nous vous conseillerions celui donné par Jeanne Smits, la seule à avoir dépassé la question des divorcés remariés pour livrer un commentaire intégral du texte, même succinct. La seule, enfin, qui ne crie ni défaite, ni victoire, et ne tire par la couverture à elle. Lisez et faites lire l’article de Jeanne Smits sur le synode.

Il y a par contre un sujet dont personne ne parlera, alors qu’il est, sans doute, le plus lourd de conséquences ; c’est la conversion des cœurs. Lire la suite

8 octobre 415 : Sainte-Sophie, témoin de l’histoire mouvementée de l’Orient chrétien


(Justinien présente la basilique à Notre-Dame, Constantin présente la ville)

Cet article a été publié, initialement, sur l’excellent site de Liberté politique, à lire et à soutenir.

La consécration de la seconde basilique Sainte-Sophie, le 8 octobre 415 à Constantinople, n’est pas en elle-même un événement. Il ne s’agit que de la deuxième basilique sur trois, et celle qui est offerte aux regards actuels fut consacrée en 537 par l’empereur Justinien dont nous connaissons la maxime ambiguë et orgueilleuse : « Gloire à Dieu qui m’a jugé digne d’achever un si grand ouvrage ! Ô Salomon ! Je t’ai vaincu ! » Pourtant, se souvenir de la consécration de ce second édifice n’est pas tout à fait inutile. Elle est un jalon, un témoin de l’histoire mouvementée de l’Orient chrétien, héritier direct de l’Empire. Lire la suite

Les impasses de la décroissance

 

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Cet article s’insère dans un ensemble plus large de cinq textes, d’une vingtaine de pages, sur les questions économiques générales. L’ensemble de ce texte, encore inédit, paraîtra dans les prochains numéros du Lien légitimiste, journal que votre serviteur ne saurait trop vous conseiller de lire. Il a semblé important, cependant, de ne pas tarder à publier la partie du texte concernant la décroissance, dans une version légèrement modifiée, considérant l’engouement qui entoure ce terme depuis, qu’à l’été dernier, le pape lui a consacré un paragraphe de son encyclique Laudato si. Le terme de décroissance a connu, de plus, en septembre, un second regain d’intérêt avec le lancement de la revue chrétienne Limite. L’article ci-après a été publié, initialement, le 5 octobre 2015, pour l’excellent site des Cahiers libresLire la suite