1715-2015 : le troisième centenaire des guerres jacobites

(Jacobites par John Pettie 1839-1893)

Cet article a été initialement publié sur l’excellent site de Liberté politique, à lire et à soutenir.

Dans les derniers mois de l’année 1715, alors que l’Europe soufflait, d’un soupir de paix, après tant d’années de conflit généralisé, les braises devenaient brasiers dans la petite Écosse, au nom des Stuart. Les maladresses du pouvoir anglais et la nostalgie du roi exilé au-delà des mers réveillaient des fidélités endormies. La première guerre jacobite commençait, il y a tout juste trois cent ans, au nom d’un principe de fidélité, de légitimité et de liberté.

Ces guerres ne furent pas seulement le crépuscule des Stuarts, mais aussi des libertés écossaises et de la Auld alliance avec la France. Voici l’histoire d’un baroud d’honneur, édifiant à de nombreux titres, auquel les Français ne peuvent être indifférents…

Les Stuarts, une dynastie écossaise parfaitement anglicisée

En 1603, La mort d’Élisabeth Tudor, sans descendance, faisait du roi Jacques VI Stuart d’Écosse le roi d’Angleterre Jacques Ier, régnant sur les deux couronnes et l’Irlande. Souverain aimé de ses sujets écossais, d’autant plus qu’il exerça un pouvoir lointain, ne revenant que deux fois dans sa patrie native, échoua à mener à bien les tentatives d’union des deux couronnes qu’il envisageait.

Son règne, de 1603 à 1625 fut, pour le pays, une période de relative indépendance où furent maintenus le conseil privé du roi, le parlement, les cours de justice, mais en l’absence du souverain, siégeant à Londres et représenté par un haut fonctionnaire écossais là où, par le passé, lorsqu’un seul souverain avait régné sur les deux États, c’était un régent, plus autoritaire et symboliquement important, qui avait exercé le gouvernement réel.

Mais le pays était religieusement divisé entre épiscopaliens fidèles de l’Église d’Angleterre et presbytériens de la Kirk d’Écosse, marqués par l’influence calviniste. Jacques Ier tenta, au long de son règne, d’imposer les pratiques de l’Église d’Angleterre, afin d’unifier religieusement l’île. Mais celles-ci, jugées trop papistes et donc idolâtres par les presbytériens, étaient très violemment rejetées. En outre, le pouvoir politique des évêques était vécu comme la plus odieuse des tyrannies.

L’Écosse était alors politiquement divisée. Mais par esprit d’indépendance, c’étaient les presbytériens qui tenaient la première place, contre le gouvernement de Londres et l’Église d’Angleterre.

Charles Ier n’avait ni l’habileté, ni l’autorité de son père. La fragile union des deux couronnes et l’équilibre religieux allaient être battus en brèche par ses maladresses. Dans la guerre civile qui opposa le roi à son parlement de 1639 à 1648, l’Écosse allait jouer un rôle majeur, les presbytériens soutenant les puritains écossais et alliant leurs troupes à celles de Cromwell.

Mais craignant qu’une victoire trop nette du parlement de Londres et de Cromwell ne lui porte préjudice, l’assemblée de l’Église d’Écosse se rapprocha, dans les dernières années du conflit, de Charles Ier, lui proposant un retournement d’alliance, pour finalement le faire prisonnier et le livrer à Cromwell dans une nouvelle volte-face, le roi n’ayant pas su satisfaire leurs exigences.

« L’Écosse parjure à sa foi, pour un denier vendit son roi », dit-on en France…

La soumission de l’impétueuse Écosse par Cromwell

Charles Ier exécuté le 30 janvier 1649, le parlement d’Édimbourg, qui n’en était pas à une contradiction près, considérant que la dernière phase du conflit entre le roi et le parlement de Londres avait été une affaire strictement anglaise, refusa de reconnaître le Commonwealth de Cromwell et proclama Charles II Stuart roi d’Écosse. Celui-ci était alors en exil en Hollande, auprès de son beau-père, le Stathouder.

Deux partis réclamaient le retour de leur roi en Écosse. Les royalistes des Highlands, menés par le marquis de Montrose et les presbytériens du parlement d’Édimbourg. Ces derniers avaient établis dans le pays une dictature protestante rigoriste, multipliant les procès pour fornication ou adultère, pourchassant les catholiques, exigeant des nobles des confessions et pénitences publiques pour leurs pêchés privés, faisant manœuvrer les troupes au chant des psaumes.

Charles II tenta l’aventure avec Montrose, mais celui-ci, vaincu par Cromwell en 1650, jugé et condamné à mort, pendu puis ses membres découpés et plantés aux portes des grandes villes d’Écosse par les presbytériens du parlement, le roi n’avait plus qu’à se rallier à ces derniers pour conquérir sa couronne.

Débarqué dans son royaume, Charles II dût se plier à toutes les exigences des presbytériens, lui qui avait pris dans l’exil les habitudes de la volupté pour oublier les rigueurs de sa pauvreté matérielle, toujours hébergé par les cours d’Europe. Il ne manqua pas de panache cependant et, en 1651, mena lui-même une brève campagne en Angleterre pour y prendre sa seconde couronne. Vaincu il s’embarqua pour la France, échappant de peu à Cromwell, gardant au cœur la profonde détestation de l’Écosse et des presbytériens.

La victoire des Anglais de Cromwell marqua la fin des institutions écossaises et l’occupation militaire durable du pays par les troupes du général Monck. En une année, ce que les rois d’Angleterre n’avaient pu faire pendant des siècles fut réalisé par le Lord protecteur de la République d’Angleterre et ses hommes, dans une brutalité rare.

L’éphémère retour du roi Stuart et des libertés

En 1659, la mort de Cromwell, suivie de la chute de son fils Richard et de la restauration de la royauté par le général Monck en 1660, fut pour l’Écosse le retour des libertés. Le roi Charles II Stuart ne retourna jamais à Édimbourg, mais il lui rendit son conseil privé, son parlement, ses cours de justice, et mit fin à la dictature spirituelle et morale des presbytériens les plus intransigeants, rétablissant la hiérarchie épiscopalienne de l’Église d’Angleterre, au soulagement de la majorité des Écossais.

Cependant, si Charles Stuart était un modéré soucieux d’apaisement, ses partisans étaient mus par un esprit de revanche qui, rapidement, enflamma le pays. Le sud-ouest de l’Écosse, notamment, était en proie à une véritable guerre civile. En Angleterre, la conversion au catholicisme du frère cadet du roi, Jacques d’York, et son mariage avec une princesse italienne, suscitait les fantasmes complotistes jésuites les plus incroyables. Afin d’éviter une nouvelle révolution, le roi exila d’abord son frère sur le continent puis le nomma son représentant en Écosse. Il y demeura de 1679 à 1682 et, contre toute attente, catholique persécuté en Angleterre, il fut non seulement compréhensif pour les presbytériens, mais également bien accepté d’eux car n’étant pas épiscopalien, et aimé de ces derniers car constituant une sorte de voie moyenne face aux protestants intransigeants de l’Église d’Écosse. Jacques d’York exerça là un gouvernement efficace et pacificateur, qui lui acquit une très vive popularité dans le peuple écossais.

En 1685 il devenait roi en Angleterre sous le titre de Jacques II, Jacques VII pour le parlement d’Édimbourg. Sa très grande popularité allait se maintenir bon an mal an en Écosse, malgré ses tentatives d’instauration de la liberté de culte pour les catholiques. Elle allait s’effondrer pour les mêmes raisons en Angleterre, provoquer la Glorieuse révolution de 1688 et son exil en France, au château de Saint-Germain-en-Laye. Son gendre, le Stathouder de Hollande, Guillaume d’Orange, appelé par le Parlement, fidèle protestant, ceignit la couronne d’Angleterre à sa place.

Le rétablissement catholique en Écosse avait été très fragile. Jacques II exilé, toutes les marques de catholicisme furent détruites tant par les épiscopaliens que les presbytériens. Pourtant, une sympathie demeurait pour le roi dans le cœur des hommes.

Guillaume d’Orange, époux de Marie Stuart, fut proclamé roi d’Écosse. Mais ne connaissant rien au pays et ayant nommé au gouvernement de celui-ci deux presbytériens intransigeants rencontrés durant leur exil en Hollande, il allait susciter contre son pouvoir l’hostilité d’une large partie du peuple.

Le Stuart, pour récupérer l’Angleterre, s’appuie sur ses Highlands

Jacques II Stuart ne s’estimait pas définitivement vaincu pour autant. Dès 1689, roi en campagne autant que pion de Louis XIV dans un conflit d’envergure européenne, il débarqua en Irlande, menant les Irlandais catholiques contre les Anglais protestants. Dans le même temps, le général John Graham Claverhouse, fidèle soutien du roi, levait 2000 hommes dans les Highlands, épiscopaliens et catholiques, contre les presbytériens ralliés au pouvoir de Londres. Les deux opérations furent un échec, mais entre l’Écosse et la France, la Auld alliance était réactivée. On commençait à appeler jacobites les partisans de Jacques II.

L’Acte d’union fait disparaître le vieux royaume

En 1702 mourait Guillaume d’Orange. Sans héritiers, c’est sa belle-sœur, la cadette de Jacques II, Anne Stuart, qui lui succéda. Mais elle n’avait plus d’héritier vivant non plus, et sa plus proche parente était sa cousine Sophie de Hanovre, descendante de Jacques Ier. Le Parlement de Londres vota en 1702 un acte d’Établissement, qui garantissait les droits au trône de Sophie et excluait tout prince non protestant, en l’occurrence le fils de Jacques II mort peu de temps auparavant, Jacques III, reconnu comme roi légitime par Louis XIV.

Le risque était grand de voir la double couronne d’Angleterre et d’Écosse se disjoindre, car la loi votée par le parlement de Londres ne concernait pas celui d’Édimbourg, qui pourrait fort bien, à la mort de Anne, reconnaître Jacques III pour souverain.

Afin de prévenir un risque de dissolution, on entama des négociations pour un acte d’union des deux royaumes, qui fut promulgué le 1er mai 1707. Le Royaume-Uni de Grande-Bretagne naissait, le royaume d’Écosse avait vécu…

Si l’élite marchande et bourgeoise fut majoritairement favorable à l’union, le peuple, notamment dans les Highlands, y était opposé, préférant vivre pauvre mais indépendant, que dans l’aisance mais Anglais.

La suppression du conseil privé et du parlement d’Édimbourg, l’administration directe depuis Londres, enfin la domination économique anglaise avaient développés un fort courant pro-Stuart dans toute l’Écosse et plus seulement les Highlands.

En 1708, Jacques III tentait une première expédition pour soulever son royaume du Nord, avec le soutien logistique de la France. Mais les conditions maritimes ne permirent point d’atteindre l’objectif. Les Anglais se ressaisirent dans l’intervalle. L’occasion était manquée.

Le 1er août 1714 mourait la reine Anne, et sa cousine Sophie l’ayant précédé dans la tombe, c’est le fils de celle-ci, Georges Ier, qui fut appelé à devenir roi. Souverain étranger ne parlant pas l’anglais, il suscita d’emblée l’hostilité écossaise. Jacques III projetait une nouvelle opération pour reconquérir son trône. L’épuration anti-jacobite menée par le gouvernement whig de Londres allait donner le signal de la révolte.

La première guerre jacobite, une folle équipée

John Eskrine, comte de Mar, ministre chargé du gouvernement de l’Écosse, avait été disgracié par le roi Georges. Désavoué, il regagna sa patrie où il organisa le soulèvement. Le 9 septembre 1715 commençait la première grande guerre jacobite.

Jacques III, pour ses partisans, était uniquement Jacques VIII d’Écosse. Mais en France, Louis XIV était mort et le Régent, Philippe d’Orléans, soucieux de maintenant la paix avec le Royaume-Uni, ne souhaitait pas soutenir le nouveau soulèvement. Les quelques milliers d’hommes du comte de Mar, principalement venus des clans jacobites des Highlands, tinrent tête admirablement aux troupes britanniques, mais c’est en homme presque seul que Jacques III les rejoignit au mois de décembre. Vaincus, en retraite, les jacobites furent dispersés pour ne pas être massacrés, tandis que Jacques III et le comte de Mar se rembarquaient, le 4 février 1716. Le gouvernement de Londres avait tremblé, mais la première guerre jacobite était un échec. On avait pris ni Glasgow, ni Édimbourg, et l’entrée en Angleterre avait échouée. Jacques III, qui plus est, ne pouvait plus rentrer en France, le Régent tenant à ses relations avec le premier ministre Robert Walpole. Pour lui, l’errance commença, en Lorraine, à Avignon, puis à Rome où il termina ses jours.

En 1719, une deuxième tentative de soulèvement, pour le moins rocambolesque, était échafaudée. Le premier ministre espagnol Alberoni, confronté à l’improbable alliance du Royaume-Uni et de la France, imagina à son tour de soulever contre Georges Ier les clans jacobites. Une flotte fut réunie, plusieurs milliers d’hommes levés en France, des troupes espagnoles ajoutées en corps expéditionnaire, la petite armée étant menée par le duc d’Ormonde, un Irlandais, et deux Écossais, George et James Keith, anciens de l’opération de 1715. Jacques III avait quitté Rome pour Madrid afin de veiller à l’organisation de l’affaire. Mais les vents contraires dispersèrent les navires, la Royal navy empêcha la reconstitution de l’escadre et ce ne furent que quelques centaines de soldats qui purent accoster au point le plus septentrional de la Grande-Bretagne, où ils furent vite fait prisonniers.

Londres tente de pacifier sa conquête par la prospérité économique et le contrôle administratif

Outre ces deux alarmes, le sentiment général des Écossais restait hostile à Londres, dont ils estimaient qu’il avait bien plus profité de l’acte d’union qu’eux. Le gouvernement de Walpole organisa durant toutes les années 1720, une reprise en main énergique du pays, visant à accentuer son contrôle et à soutenir son développement économique, afin d’empêcher, dans l’avenir, tout nouveau soulèvement jacobite. Des émeutes économiques à Glasgow et Édimbourg les convainquirent d’accélérer leur politique. Le général Wade, commandant en chef des troupes basées en Écosse entama la construction d’un réseau routier efficace et structuré, raccourcissant considérablement les distances horaires, jusqu’au plus haut des Highlands et facilitant les échanges économiques, le développement du commerce de la laine et des céréales. A Édimbourg était fondée la Royal Bank of Scotland et plusieurs compagnies étaient montées pour mener le commerce du tabac avec le Nouveau Monde. Enfin étaient fondés des régiments de Highlanders fidèles au pouvoir de Londres.

L’économie écossaise décollait, mais le sentiment jacobite demeurait.

The Bonnie prince Charles, la deuxième guerre jacobite

Jacques III semblait avoir renoncé définitivement à tout espoir de restauration et vivait dans un palais romain mis à sa disposition par le pape. Son fils Charles-Édouard, titré prince de Galles, continuait d’y croire, contre tout bon sens. En 1744, la France de Louis XV, alliée à la Prusse de Frédéric II était en guerre contre l’Autriche et le Royaume-Uni. Plusieurs chefs jacobites avaient approché la cour et proposés l’organisation d’une diversion en Angleterre. Il s’agissait de fomenter un soulèvement en faveur des Stuarts dans les Highlands, tandis que le Maréchal de Saxe débarquerait dans le sud de l’Angleterre avec 10 000 hommes. Il en fut décidé ainsi et le prince Charles-Édouard accourut. Mais la tempête, une fois encore, dispersa la flotte, et le Maréchal de Saxe préféra concentrer ses forces sur les théâtres continentaux, autrement plus pressants.

La prestance et l’optimiste du prince avaient cependant conquis le banquier écossais Aenas Mac Donald, installé à Paris, et le négrier irlandais Antoine Walsh, à Nantes. Les deux hommes offrirent leur fortune au prétendant, et montèrent pour lui l’expédition que la France ne voulait plus organiser. Deux navires quittèrent secrètement la France en juillet 1745, le prince Charles-Édouard à bord, bientôt surnommé The Bonnie prince Charles par ses partisans. Le 28 juillet il débarquait avec quelques centaines de soldats recrutés et équipés par Walsh et Mac Donald.

Après de premières réticences, les chefs de clans affluèrent avec leurs hommes. C’étaient, pour la plupart, des va-nu-pieds mal équipés, encadrés par tout ce que la noblesse écossaise comptait de valeureuses têtes folles. Mais leur cœur s’était soulevé de joie à la vue de leur beau prétendant. En quelques semaines, 3000 hommes furent réunis.

Les troupes anglaises avaient été considérablement réduites, pour se battre sur le continent. De toute manière Londres minimisait le risque. Après tout, Jacques III était toujours à Rome. Mais le prince Charles-Édouard parvint, presque sans pertes, à s’emparer d’Édimbourg le 17 septembre. Le château de Holyrood avait retrouvé ses princes.

Il restait encore à se mettre d’accord sur la conduite à tenir. En Écosse même, le prince Charles-Édouard avait promis de mettre fin à l’Acte d’union, de rétablir le parlement et le conseil privé. Il était en cela soutenu par les plus écossais des insurgés, qui considéraient que le plus urgent était d’affermir la récente conquête en réduisant les dernières poches de résistance anglaise en Écosse.

Les autres, les jacobites anciennement exilés et revenus du continent, penchaient pour une poursuite de la campagne en Angleterre, afin de conquérir Londres et de chasser le roi Georges II (qui avait succédé à son père en 1727). On pensait alors pouvoir s’appuyer sur les forts réseaux de jacobites anglais.

La dispersion des troupes du général Cope, qui avait vainement tenté de reprendre Édimbourg, emporta la décision. On partir pour l’Angleterre. L’armée jacobite, largement composée de Highlanders, descendit jusqu’à Derby, à deux cent quarante-cinq kilomètres de Londres. Le gouvernement whig était dans le désarroi. Mais à Derby, l’automne étant bien avancé, les Écossais voulaient rentrer hiverner chez eux avant de reprendre la campagne au printemps. De plus, les jacobites anglais étaient finalement restés cois, attendant l’issue du combat pour agir… le prince Charles-Édouard, d’abord tempétueux et ne jurant que par l’offensive, finit par céder. La retraite fut décidée.

La guerre devint une guérilla, les jacobites étant retirés dans le nord du pays, à l’abri de la contre-offensive anglaise, menée par le fils de Georges II, Augustus de Cumberland. Celui-ci resserrait chaque jour plus son étau sur les révoltés. Il y avait deux solutions une fois encore :

  • Se retirer toujours plus au nord et gagner du temps, afin qu’à l’été les nombreux Highlanders rentrés chez eux rallient de nouveau l’armée, et afin que les renforts promis de France puissent arriver. Louis XV avait déjà fait envoyer de l’argent et des armes.
  • Attaquer tout de suite pour bousculer les Anglais avant que leur pression ne devienne intolérable.

The Bonnie Prince Charles prit cette seconde voie, celle de l’audace. Le 16 avril 1746, ce fut la bataille de Culloden, où les 4500 Écossais jacobites menés par leur prince chargèrent à l’épée et à la lance les 9000 Anglais du duc de Cumberland armés de fusils et accompagnés d’une puissante artillerie.

La défaite fut complète, le prince Charles-Édouard ne dut son salut qu’au dévouement de quelques compagnons Irlandais.

Le duc de Cumberland, dont les troupes étaient majoritairement composées de mercenaires allemands, se livra à une répression sans précédent dans les derniers conflits que l’Écosse avait vécue. Les blessés furent achevés à grands coups de crosse. Dans les villages on pendit les partisans réels ou supposés des jacobites. Les biens des chefs révoltés furent confisqués, semant la terreur et donnant au duc Augustus le surnom de « boucher Cumberland ».

Le prince Charles-Édouard, lui, demeurait introuvable, errant d’une cabane de pêcheur à un abri de berger, accueilli dans les granges ou dans d’obscurs manoirs écartés des routes, il éprouvait les dernières fidélités, celles des petites gens et des seigneurs ruinés, dont le dévouement fut à jamais immortalisé par Walter Scott.

Après plusieurs mois d’errance, sauvant sa tête mise à prix, il put s’embarquer à bord de l’Heureux, navire français venu à sa rescousse, le 13 septembre, sur ordre de Louis XV.

Après un cours séjour en France, il reprit sa vie d’exilé, de cour en cour, et finit ses jours à Rome, triste Charles III d’Angleterre, au milieu de l’assemblée de ses derniers fidèles.

Son frère cadet lui succéda sous le titre d’Henri IX, mais devenu prêtre, puis cardinal de l’Église romaine, il emporta dans la tombe, en 1807, les derniers restes de la dynastie Stuart.

Pour l’Écosse commença le temps de la dure soumission, tandis que les jacobites rentraient dans la légende.

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