Droit de réponse : Défense du bilan Sarkozy

(Valmy, par Horace Vernet)

Notre ami Valmy, qui a déjà plusieurs fois contribué à ce bloc notes sur des questions de défense, a souhaité, ici, prendre la plume pour l’honneur du bilan de la présidence Sarkozy. Alors que chacun fourbit ses armes, il n’est pas inutile d’avoir l’esprit éclairé et de savoir précisément de quoi l’on parle. Nous n’avons rien à retrancher des reproches que nous avons fait à l’ancien Président de la République. Mais l’évocation d’actions plus positives et parfois inédites est une justice à lui rendre.

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Je remercie Gabriel Privat de me donner la possibilité d’exprimer mon opinion en toute franchise même si, une fois n’est pas coutume, elle diverge quel que peu de la sienne.

« Un nain juché sur des échasses de géants ». C’est par cette description de Nicolas Sarkozy que l’excellente, et impitoyable, plume de Gabriel Privat termine son dernier article.

Excellente ? certes. Impitoyable ? certes. Mais est-elle juste ?

Est-il juste de saluer ainsi celui qui fut le Président de la République française durant cinq années, légitimement élu par le peuple ?

Est-il juste d’employer à son égard des termes que ne renieraient pas les Guignols de l’Info, « respectable » institution connue pour la puissance de sa production intellectuelle et son aptitude à façonner l’opinion ?

Est-il juste de n’insister que sur les erreurs, les manquements et d’oublier les succès et les batailles gagnées ? Car il y en eut.

Est-il juste enfin, de tirer une fois de plus contre son camp, au risque que la droite française reproduise le schéma infernal de 1981, 1997 et 2012 où elle fut la première responsable de ses défaites ?

La réponse tient en trois lettres : non.

Posons d’emblée les termes du débat : il ne s’agit pas ici de se transformer en thuriféraire du Président Sarkozy, pas plus que de faire l’exégèse de ses paroles et de ses actes ; encore moins d’agiter un T-shirt siglé « Nicolas revient ».

Il s’agit avant tout de répondre à tous ceux, nombreux, qui à droite portent le jugement suivant sur le bilan de Nicolas Sarkozy : « trop peu, trop tard ».

Trop peu ?

  • La réforme de l’autonomie des universités (premiers pas d’une modernisation leur permettant de lutter enfin à armes égales dans la mondialisation de l’enseignement supérieur),

  • la réforme de la représentativité syndicale (qui donne son essor au syndicalisme réformiste),

  • la réforme HPST (hôpital, patient, santé et territoire, qui redonne un peu de souffle à un système public vérolé),

  • la réforme du service minimum en cas de grève (les syndicats contestataires ne s’en remettent toujours pas),

  • la réforme des armées (base de défense et modernisation sans précédent des matériels à disposition des forces),

  • la réforme de la carte judiciaire (la première depuis…..le Président Hollande vient de faire rouvrir le TGI de Tulle, coûteux et inutile fait du Prince),

  • la RéATE (réforme de l’administration territoriale de l’Etat qui modernise, enfin, les services déconcentrés de l’Etat et le système préfectoral),

  • la fusion entre les Direction de la Comptabilité Publique et Direction des Impôts, qui donne la Direction générale des finances publiques (le Gouvernement Jospin n’avait pu mener à bien cette réforme),

  • la RGPP (révision générale des finances publiques, lançant enfin le mouvement de réforme de l’Etat et qui aboutit, fait unique dans notre histoire, à ce que les dépenses de l’Etat n’augmentent pas en 2012),

  • la réforme constitutionnelle de 2008 (plus de 50% des dispositions de la Constitution sont modifiés, ouvrant par exemple aux citoyens la possibilité de contester une loi devant le Conseil constitutionnel),

  • la réforme historique des retraites (le Gouvernement a tenu bon malgré les très importants blocages),

  • le Grenelle de l’environnement qui a permis à de nombreux français de moderniser leur habitat ou leur cadre de travail, tout en redynamisant le secteur du BTP,

  • la fusion, ô combien difficile de l’ANPE et des Assedic pour donner naissance à Pôle Emploi,

  • la défiscalisation des heures supplémentaires

  • etc.

Faut-il préciser que la liste est incomplète ? Faut-il préciser que ces réformes sont toutes insuffisantes mais qu’au regard des 30 années d’immobilisme qui les ont précédées, on est en droit de demander un peu d’indulgence ? Faut-il préciser que les français, de droite comme de gauche, ne sont pas particulièrement un peuple aidant quand il s’agit de changer, de réformer, de moderniser ?

Oui la réforme du Code du travail est une urgence, oui la réforme de la décentralisation en est une autre, de même que la fin de toutes ces corporations qui coûtent tant à notre économie (pharmaciens, médecins, taxis, notaires, intermittents, contrôleurs aériens etc.)

Il y a mille réformes nécessaires. Mais 5 ans c’est peu. Surtout en France. Surtout avec les français.

Trop tard ?

Nicolas Sarkozy est élu en mai 2007. Les électeurs lui donnent un Parlement en juin de la même année. A partir du mois d’août 2007, la crise financière commence : les voyants passent du vert au orange, les circuits de financement de l’économie se grippent. En septembre 2008, la faille de Lehman Brothers fait entrer la France, l’Europe, l’Occident et le monde dans un cycle de crise tour à tour violente ou larvée, dont nous ne sommes à ce jour pas encore sortis.

Par son discours de Toulon, Nicolas Sarkozy est le premier à mettre en garde sur les conséquences de la crise. Il convoque littéralement ses partenaires européens qui conviennent d’assurer les dépôts dans les banques. Cette action, vitale, sauve l’Europe. Tout comme Nicolas Sarkozy provoque la réunion d’un G20 et consacre les deux tiers de sa présidence à éteindre les incendies successifs qui amènent chaque jour l’Europe, donc notre prospérité à tous, au bord du gouffre.

Tout ne fut pas parfait, mais tout de même. Ne faisons pas la fine bouche, la bataille a été gagnée.

Il ne faut pas non plus oublier la guerre de Géorgie, les engagements en Afghanistan, Côte d’Ivoire, Libye qui ont monopolisé tant d’énergies. Là encore, tout ne fut pas parfait. Mais qui peut soutenir que la voix de la France était moins respectée qu’elle ne l’est maintenant ?

De même, que cela soit lors du traité de Lisbonne, ou des négociations sur la nouvelle gouvernance budgétaire et bancaire de l’UE, qui peut soutenir que la France n’a pas négocié comme un Grand d’Europe ?

Que l’on ne s’y trompe pas. Les manques furent nombreux. Entre 2007 et 2008, le Président Sarkozy fait le pari de relancer la croissance et l’économie par des mesures coûteuses telle la fameuse loi TEPA, et de repousser à plus tard les économies. La crise mets à bas tout ce bel échafaudage : pari perdu donc. Les 35H ne sont pas abrogées, mais contournées par la défiscalisation des heures supplémentaires. La dette augmente à tel point qu’une hausse massive d’impôts devra être votée en toute fin de quinquennat pour faire face à nos obligations.

Mais parlons de dette. Oui elle a augmenté sous la présidence Sarkozy. Ni plus ni moins que dans tous les autres pays occidentaux touchés par la crise. C’est une vérité qu’il faut rappeler. Cela est d’autant plus urgent que la gauche actuellement au pouvoir accomplit peu à peu une subtile réécriture de l’histoire, à coups « d’éléments de langages » savamment peaufinés par les conseillers élyséens. Ecoutez la dernière intervention du Président Hollande : le Président Sarkozy a fait augmenter les déficits, a creusé le chômage et n’a pas agi contre les destructions d’entreprises. Nulle part il n’est plus fait mention de la crise entre 2007 et mai 2012. Mais désormais la crise commence en 2012 lorsque la gauche arrive au pouvoir, ce qui expliquerait les difficultés actuelles. Tout cela prêterait à sourire si les médias ne se faisaient les fidèles relais de cette vision officielle, adoubée par le « Parti ». Tout cela prêterait à sourire si les citoyens avaient la mémoire des 10 dernières années.

Cela n’est vraisemblablement pas le cas. Il suffit d’entendre les commentaires des « gens de droite » sur Nicolas Sarkozy pour s’en rendre compte. Si vous mélangez cela à la franche détestation que l’ancien Président a pu susciter par sa personnalité, et au travail de sape sans précédent que la machine médiatique a réalisé, vous arrivez à l’anti-sarkozysme primaire.

Il est seulement dommage que cela se fasse contre son propre camp, contre son propre pays. Car si Nicolas Sarkozy n’est pas le sauveur ni l’homme providentiel, il se rapproche sans doute le plus du chef dont la France a besoin pour ne serait-ce qu’espérer s’en sortir. Et au vu du personnel politique français, il est bien le seul.

A moins bien entendu, que les électeurs ne soient tentés par un certain parti, qui se dit « national », dont le programme économique est le miroir de celui du Front de Gauche, et la position sur les réformes de société plus qu’ambiguë…

Alors à la droite française, de grâce, de grâce, ne vous trompez plus d’adversaire, ne vous trompez pas d’alliés, ne vous trompez pas vous-mêmes.

Valmy

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2 réflexions sur “Droit de réponse : Défense du bilan Sarkozy

  1. La Libye ? Un succès de la présidence Sarkozy ?

    Les djihadistes au pouvoir en Cyrénaïque en rient encore.

  2. Sarkozy au pouvoir, intérieur + président, c’est 3 millions d’immigrés plus la théorie du Genre (Chatel)

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