Belgique notre avenir

(Danse des paysans, Bruegel)

Alors qu’en Belgique les euthanasies de confort ne cessent d’augmenter, sans qu’un mal incurable ou une douleur insupportable ne soient notés, mais simplement un âge avancé, ou un vieil handicap non assumé ; la Société belge de soins intensifs vient de rendre public un rapport préconisant le droit pour les médecins de pratiquer l’euthanasie sans demande du patient, s’ils jugent que son état de santé ne rend plus d’autre solution possible… Le Figaro, qui a révélé cette nouvelle en France, note également l’augmentation importante du nombre d’euthanasies en Belgique cette année, dépassant les 1800 cas. 

Il y a quelques mois, déjà, notre frère du nord s’était illustré par l’adoption de l’euthanasie pour les enfants.

C’est à croire que la Belgique est devenue folle ! Folle et surtout inconsciente, car comment méconnaître la nature humaine et la pratique juridique quotidienne,  au point de ne pas prévoir les inévitables débordements qui suivront ces élargissements de la loi. Les contrôles n’y changeront rien, il se glissera, il s’est certainement déjà glissé, dans le corps médical des meurtriers et dans les familles des enfants trop heureux de se débarrasser du grand-père pour récupérer plus vite l’assurance vie. Les annales de justice sont pleines de ces faits divers atroces, et désormais on pourra tuer un vieux parent avec une ordonnance et un peu de chantage affectif.

Les romans du XIXe siècle sont remplis de ces histoires glauques de vieux paysans que leurs enfants laissent tout l’hiver sur une chaise devant la fenêtre ouverte pour les faire mourir d’une pneumonie et récupérer le champ. Il n’y a pas de raison que cela ne se produise pas en Belgique, puis en France lorsque l’euthanasie y aura été légalisée. L’assurance vie remplacera le bétail, c’est la seule différence.

On pourrait croire que les mœurs ont changé avec le temps ? Certainement pas ! Une preuve ? Le journal L’Homme nouveau se faisait l’écho, en 2009, de l’augmentation des demandes d’inscriptions de Néerlandais dans des maisons de retraite allemandes, afin d’éviter une euthanasie forcée aux Pays-Bas… Comme par hasard, de ce détail, on ne parle pas en France.

La Belgique, avec son cortège macabre qui n’est pas sans rappeler les danses de squelettes des gisants flamands du XVe siècle, illustre l’avenir de la France si elle cède sur ce point de l’euthanasie.

Mais s’il n’y avait que l’euthanasie… Ce n’est qu’une facette du problème belge. A la naissance la Belgique pratique l’avortement aussi intensivement que chez nous, et avec les mêmes dérives eugénistes. Les enfants diagnostiqués avec un handicap à Bruxelles sautent aussi aisément que dans les hôpitaux de Paris. Là aussi on veut l’homme parfait. Mais il n’en ressort qu’une fermeture à la vie humaine et un effondrement des courbes démographiques, avec 1,8 enfants par femme, alors que le renouvellement des populations est à 2,1. L’avortement est un des aspects de cette fermeture à la vie, un des symptômes les plus alarmants. La décomposition de la famille et le refus de la maternité en sont les maux les plus insidieux et invisibles. En bout de chaîne, frappant toujours les plus faibles, vient se loger l’euthanasie, au nom de la soi-disant dignité. Mais morbleu un homme ne meurt pas dignement parce qu’il ordonne une injection pour passer plus vite de vie à trépas ! Un homme meurt dignement lorsqu’il se prépare à son dernier combat et regarde la mort sans frémir, à l’heure qu’elle a choisie. Oui, c’est difficile ! Oui, souvent, on en parle avec assurance et on flanche devant le défi. C’est humain. Tellement humain ! Mais c’est cela pourtant, la dignité.

Les questions de vie et de fécondité ne sont encore qu’un aspect de la crise belge qui ressemble tant à la nôtre en plus grossie.

La Belgique est tout simplement une nation en train de mourir. A l’effondrement de la natalité s’ajoute une immigration galopante. La nature a horreur du vide, et une population immigrée venue en partie du continent africain, assure la relève du peuple belge. Souvent laborieux et fidèles à leurs traditions, ces hommes nouveaux n’hésitent pas, de plus en plus nombreux et bien plus qu’en France, à affirmer un islam sans complexe et sûr de lui. Les Belges européens de leur côté semblent spirituellement éteints. L’Eglise catholique, en Belgique, ordonne chaque année moins de dix prêtres pour tout le pays ! Si on considère que le nombre de candidats au sacerdoce dans un pays est le reflet de sa pratique religieuse régulière et de la qualité de ses familles catholiques, on est édifié. Pour l’Eglise en Belgique on peut sans trop de risque écrire le mot « dormition » en fronton des cathédrales !
Ici nous avons un accéléré de ce qui pourrait attendre la France dans certains départements. Fort heureusement la France, ici, se démarque de son voisin, avec des départements démographiquement plus vivaces, par accroissement naturel, et des ordinations sacerdotales assurant, par endroit, non seulement un renouvellement, mais un élan missionnaire. Dans d’autres provinces, hélas, comme dans le Nord, dans le Centre, dans les Ardennes, dans l’Est parisien, c’est un avenir à la Belge qui se dessine.

A la crise spirituelle ajoutons la crise identitaire. La pauvre Belgique est traversée par un fort courant séparatiste flamand que rien ne semble pouvoir endiguer et qui enferme le pays dans une morosité tenace vis-à-vis de son avenir. La France, dressée d’une main de fer par la IIIe République, ne souffre pas du même problème séparatiste, mais la crise identitaire se joue d’une autre manière, par une espèce d’immense renoncement à tout rôle universel, à toute mission mondiale, en rupture avec ce que nous fûmes pendant des siècles.

Il y a beaucoup à apprendre de nos amis belges pour savoir ce qui nous attend si nous ne réagissons pas.

A leur différence, il semble qu’une part de la société civile ait commencé à réagir. Alors qu’en Belgique les questions de genre hybride ou de sexualité déviante ne font l’objet de presque aucune résistance du bon sens, en France, les forces immenses qui se sont levées en 2013 n’ont pas cessé leur combat et il faut saluer leur ténacité autant que leur efficacité. Si le combat du mariage homosexuel a été perdu parce qu’engagé trop tard, il semble que celui sur l’euthanasie se rééquilibre grâce à un patient travail d’information des corps professionnels médicaux et des citoyens. Il semble aussi que la désobéissance civile et la pression dans le milieu éducatif, par les parents, sur les questions d’utilisation à des fins idéologiques des études de genre, porte ses fruits. Les ABCD de l’égalité, par exemple, sont sur la sellette. Patience donc… A force de coups de pompes où vous savez, le peuple se réveille, espérons que ce soit pour de bon.

Mais surtout, espérons que notre exemple contribue au réveil du peuple belge qui en a tant besoin. Il ne manque pas, en Belgique, de citoyens de valeur pour mener ce combat.

Il ne s’agit pas seulement ici d’altruisme pour la Belgique, mais d’intérêt européen. Il est nécessaire à l’équilibre de l’Europe et au bien de ses peuples, qu’en son cœur demeure une nation pacifiée, tournée vers la vie et stable dans ses institutions. L’histoire nous a montré combien de conflits pouvaient être engendrés par le désordre politique ou civilisationnel dans cette petite charnière de l’Ouest qui va de Tournai à Antwerpen.

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