« Je n’aime pas les riches »

(François Hollande visite les riches…)

Tout le monde se souvient de cette phrase hallucinante prononcée par celui qui n’était alors, et aurait dû demeurer toujours, le candidat Hollande. Il proclamait, devant les Français, avec un aplomb extraordinaire, ne pas aimer les riches. Non content d’annoncer sa détestation d’une partie de ses compatriotes, il précisait sa pensée. Pour lui, la richesse commence à 4000 euros. Inutile de préciser que le candidat Hollande d’alors, encore plus aujourd’hui le Président Hollande, mais également les journalistes chevronnés qui l’interrogeaient, les parlementaires et les stars présentes ce soir-là sur le plateau entraient tous dans la catégorie détestée. Il est toujours pénible de voir la haine de soi s’étaler en public. Pour ce triste spectacle il y a les divans des psychanalystes.

Mais parlons plus sérieusement. La richesse commence-t-elle vraiment à 4000 euros ? Est-elle quantifiable en valeur absolue à partir du salaire ? Est-elle une tare honteuse ?

D’après le Larousse universel 1957 (pardonnez-nous, chers lecteurs), la richesse est une « abondance de biens », elle prend pour synonymes l’opulence, la fécondité et l’éclat, voire la magnificence.

Peut-on dire, décemment qu’un Français gagnant 4000 euros par mois vit dans une situation d’opulence, d’abondance de biens, d’éclat voire de magnificence ? Tout dépend en fait de son état de vie. Si notre homme gagne 4000 euros à Montluçon, n’ayant ni femme, ni enfants, on pourra en faire un nabab, un pacha, le roi du pétrole auvergnat en quelque sorte. Mais la situation est tout à fait différente, pour le même homme, à Paris, pourtant dans la même situation, qui voit s’effondrer son train de vie, diminuer son pouvoir d’achat et sa surface habitée de manière conséquente. La situation est encore plus pénible pour lui s’il est marié et père de familles. A revenu identique, notre homme, au fur et à mesure que sa descendance augmentera en nombre, descendra peu à peu les échelons, jusqu’à connaître une certaine gêne après avoir acquitté ses impôts ou son loyer.

On le voit, cette richesse n’est pas un état de vie, mais une situation variable, relative. On ne peut pas dire que cet homme est riche, il est en situation de richesse, du fait de son salaire et dans le cas où il n’a ni femmes ni enfants et habite en province.

Poursuivons notre questionnement. Nous disons que notre homme n’est pas riche à proprement parler, mais en situation de richesse. C’est à dire ? Eh bien ! Cette situation peut s’arrêter. Elle est précaire. Qu’il vienne à perdre son emploi, ou à partir à la retraite sans disposer d’autres sources de revenus, et notre homme passe de la richesse à la pauvreté. Il n’est pas foncièrement riche.

Qui est riche ?

Dans ce cas de figure, est riche l’homme qui dispose d’autres sources de revenus que son salaire, pour lequel l’absence de travail rémunéré ne crée pas une situation de misère. En somme, est riche l’homme qui, certes plus chichement, mais toujours dignement, pourrait vivre sans exercer de métier. (nous établissons une distinction entre le fait de travailler et celui d’exercer un métier, car la vie de rentier ou les travaux intellectuels qu’elle permet n’est certes pas un métier, mais c’est un travail de gestion de ses biens.)

En somme, le riche est un rentier, petit ou grand. Le riche actif dispose de biens financiers ou immobiliers en plus de son salaire, qui lui offrent, non pas un complément de revenus, mais une base de revenus sur laquelle s’appuyer en cas de chômage. Le riche retraité dispose des mêmes types de biens, qui lui permettraient de vivre, certes moins bien, mais toujours, même sans pension de retraite.

Etre riche n’est donc pas conditionné par une situation de revenus, temporaire et instable, mais par un état de vie constant, stable, et que seule une catastrophe peut détruire. Comme on l’a vu plus haut avec la quantité de revenus, on est pas forcément riche partout et dans toutes les situations de l’existence.

Mais comment nommer, alors, cette situation, passagère ou durable mais toujours fragile, qui confère l’opulence à un homme mais le contraint à travailler ? On peut parler d’aisance, ce qui est très différent. Etre riche est un état de vie, l’aisance est une situation. Je peux dire que je suis riche, mais je dis que je vis dans l’aisance. L’aisance, également relative en termes de quantités de revenus, selon le pays, la région, la situation familiale, pourrait alors s’interpréter comme le revenu suffisant pour assurer les dépenses du quotidien, les charges du foyer, notamment fiscales, des dépenses de loisir et une épargne fréquente, sans être en situation de gêne, mais sans excès non plus. Par ailleurs, l’aisance implique le travail, sinon elle s’arrête.

Dans ce cas, autant le dire, il n’y a plus en France beaucoup de riches, et de moins en moins de Français peuvent dire qu’ils vivent dans l’aisance. En effet, même des Français réputés aisés, vus par leurs concitoyens comme des riches, doivent en fait exercer des choix draconiens entre loisir, épargne, acquittement des charges et même parfois dépenses courantes. Ils ne sont plus dans l’aisance que par intermittence.

Et pourtant, ce sont ces gens dont la situation est souvent fantasmée par le reste de la population, qui sont vus comme les pourvoyeurs de fonds perpétuels et increvables de la générosité publique. En somme, à eux de payer. Les richards doivent casquer, ils sont là pour ça, et tant pis s’ils ne sont pas si riches qu’on le pensait, ils le sont toujours plus que nous. Cet argent qu’ils osent montrer, d’ailleurs, ils l’ont souvent mal acquis, par goût de lucre. D’ailleurs, que feraient-ils de tout cet argent, quand tant de malheureux vivent dans la misère ? On entend cela trop souvent, au mépris de la vie réelle des contribuables concernés, de leurs projets, de leurs difficultés aussi, du temps qu’ils consacrent à l’acquisition difficile de ces biens. En somme, on prétend corriger des injustices, qu’on ne corrige pas, en en créant d’autres.

Mais revenons à nos riches, à nos hommes pour lesquels travailler n’est pas une obligation, mais un plus.

La France en a-t-elle besoin ?

Il y a sans doute un lien entre l’état moral actuel du capitalisme occidental, en l’occurrence français, et la disparition des hommes riches. La richesse est toujours là, plus que jamais même. Mais elle est entre les mains des entreprises, entités impersonnelles et sans entrailles, structures juridiques et techniques manœuvrées par des comités exécutifs et des bureaux d’actionnaires qui, eux-mêmes, sont en situation de devoir travailler pour vivre et ne sont pas des hommes riches. Les hommes riches ne sont plus que les présidents de groupes ou quelques rentiers, survivants de temps effacés. Même les cadres les plus influents, les mieux payés, ne peuvent plus être considérés comme riches, ce qui est pourtant paradoxal quand on mesure l’ampleur de leurs salaires et de leurs primes.

A disparu cette catégorie de population, à la tête des PME et TPE, à la direction de petites industries, parfois désœuvrée et occupée de tâches intellectuelles et contemplatives, qui, avec des revenus parfois moindre que ces magnats de la banque dont on parlait à l’instant, vivait pourtant de ses rentes, considérant le travail rémunéré comme un plus, un mieux, mais pas une obligation. Cette catégorie de population a presque totalement disparu. Ce monde des petits rentiers participait au capitalisme financier, il s’y ruinait parfois. Mais le plus souvent, l’enracinement de la source de richesse, sa pérennité aussi, sa longévité sur plusieurs générations donnait une structure de portefeuille, une mentalité économique à mille lieues des coups en bourse au prix des vies d’ouvriers sacrifiés.

C’était déjà le capitalisme financier, mais avec ce supplément d’âme que donnent la terre, les arbres, les vieux planchers, et les revenus qu’on en tire. Les jetons de présence dans les conseils d’administration ou les coupons d’actions, aujourd’hui dématérialisés, étaient une facette de ce capitalisme protéiforme, assis sur une multitude de petites fortunes, prudentes, acquises dans le long terme, et protégées dans le long terme.

Ce capitalisme à visage humain était celui des riches. Ils avaient sans doute plus de souci des hommes que le capitalisme uniquement financier et court-termiste actuel. Bien sûr, on trouvera toujours des actionnaires soucieux de la vie des hommes et des financiers humanistes, aujourd’hui. En cherchant on retrouvera des flambeurs et des financiers myopes, sans entrailles, à cette époque défunte de la rente. Mais les tendances se sont inversées, les âmes ont changé, l’intelligence du capitalisme n’est plus la même. Il faut aux banques, aux entreprises, aux artisans, aux artistes, aux sociétés de charité, ces millions de riches, petits et grands rentiers, qui ont la disponibilité en temps et en argent pour investir, avec patience et prudence, pour financer des œuvres d’art, des projets universitaires ou industriels, participer à des projets financiers, faire vivre l’artisanat, bâtir et entreprendre.

Alors non, on est pas forcément riche à 4000 euros. Et morbleu, vivent les riches !

Publicités

Une réflexion sur “« Je n’aime pas les riches »

  1. FRANCOIS HOLLANDE N’AIME PAS LES RICHES

    C’est lui qui le dit : il n’aime pas les riches. Mais de quels riches s’agit-il ? Dans un premier temps nous pouvons penser qu’il s’agit de ceux qui possèdent l’argent, ceux qui ont les plus haut revenus, des patrimoines immobiliers ou mobilier important. Certainement ceux-ci sont visés mais ils ne sont pas les seuls son action au fil des mois depuis son élection en apporte les preuves.
    Il n’aime pas et c’est peu de le dire les riches de ce qu’il ne possède pas.
    Il n’aime pas les riches de leur histoire, ceux qui s’appuient sur le passé pour construire l’avenir.
    Il n’aime pas les riches d’une famille composée d’un père, d’une mère, d’enfants , mais aussi de grands parents , d’oncles de tantes, de cousins, nièces et neveux ; cela il n’en veut pas ni pour lui ni pour les autres, peut-être y a-t-il trop de stabilité, trop de soutient entre les membre de ces familles ?
    Il n’aime pas les riches de culture, je veux dire d’une culture qui n’est pas celle de la rue mais la véritable culture acquise par l’étude approfondie de l’histoire, des arts, des civilisations…
    Il n’aime pas les riches de bon sens qui s’appuient sur ce que la nature a de plus évident.
    Il n’aime pas les riches de moralité, de moralité non seulement financière mais de moralité tel qu’on l’entend dans les relations avec les autres, moralité qui n’a rien à voir avec les lois de la république mais plus avec le savoir vivre.
    Il n’aime pas les riches de convictions, ceux qui ne renoncent pas, ceux qui ne baissent pas les bras malgré les obstacles.
    Il n’aime pas les riches de la foi car celle -ci est hors des lois des que les hommes veulent lui imposer, et qui vont à son encontre.
    Il n’aime pas la richesse de ceux qui sont sûr d’un avenir dans l’éternité.
    Il n’aime pas les riches d’une civilisation bimillénaire, il voudrait réinventer une civilisation a sa petite, toute petite mesure, une histoire du pays ou n’existerait plus que les faits à la gloire de la république, une civilisation ou la moralité changerait au grés des lois des hommes, ou la foi n’aurait aucune place, ou le seul bonheur ne serait que le plaisir immédiat tel celui des bêtes qui ne vivent que pour l’instant présent et pour lesquels il n’est pas question de philosophie ni de spiritualité.
    Non monsieur Hollande n’a aucune de ces richesses, il ne comprend rien à cette richesse qui lui échappe. Il la redoute plus que tout. Un autre grand manitou a voulu détruire cette richesse dans son pays, Mao Tsé Toung, tous les riches de la civilisation chinoise ont été exterminés !
    Non monsieur Hollande, la France n’est pas la Chine, la république se dit laïc, elle est surtout anticléricale, mais la France est Chrétienne et Celui qui l’a faite ainsi est beaucoup mais beaucoup plus grand que vous.
    D’autre se sont attaqués à la chrétienté mais toujours elle a surmonté ses ennemis. De douze personnes à la mort du Christ combien compte t-elle de membres aujourd’hui : plus de deux milliards dans le monde, plusieurs dizaines de millions en France !
    Malheureusement il n’est pas le seul a ne pas aimer tous ces riches, des idéologues le précèdent, des conseillers le guident, des exécutants : ministres, fonctionnaires et élus le suivent ou le précède dans la destruction de toutes ces richesses qui ont fait la France.
    Le pauvre, qu’il s’enrichisse vite de toutes ces richesses qu’il ne connait pas et qui font une société et des hommes. Alors il sera peut être digne et capable de gouverner la France

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s