Fronde… Elle va faire pschiit !

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La fronde bretonne a repris de plus belle ce week-end, multipliant les coups d’éclats, comme la prise d’assaut de la sous-préfecture de Morlaix, ou la manifestation violente de Quimper.

On a vu se rassembler tous les contestataires, du Medef au NPA, les uns appelant à la diminution de la fiscalité des entreprises pour relancer la compétitivité, les autres à la protection du salariat avant tout, notamment par la fin d’un soit-disant « dumping social », dont on rappelle qu’il s’agit en général d’une méthode de concurrence justement par la baisse des coûts du travail. La France en est loin…

Cette sorte d’union sacrée des travailleurs bretons exaspérés, PDG en tête suivis de leurs ouvriers, rappelle à certains les chouans de jadis conduits par leurs capitaines de paroisses. Pourtant, il y a fort à parier que le mouvement en restera là. Pourquoi ?

Parce que justement il réunit des forces trop dissemblables, unies par aucun mot d’ordre cohérent autre que l’agitation, coordonnées par aucune structure disciplinée et relayées à Paris par aucun puissant lobby politique. En somme, ces troupes braves et farouches avancent en ordre suffisamment serré pour faire peur et causer d’importants dégâts, mais trop dispersé pour capitaliser leurs efforts. Notamment, l’absence de projet politique ou économique commun, l’absence de voix politique commune rendent impossible une visibilité nette du mouvement des bonnets rouges. Par ailleurs, l’absence de solidarité de la part des autres associations professionnelles de l’agroalimentaire ou de transporteurs dans le reste du pays souligne la faiblesse réelle du mouvement derrière son apparence de force.

La réunion de tous les intérêts catégoriels ne fait pas une révolte tenace, et encore moins une révolution, s’il n’y a pas de force directrice à la tête. Il s’agit plutôt d’une bourrasque tempêtant de droite et de gauche dans le désordre, exprimant un mécontentement sans contours.

Pour capitaliser les efforts déjà assemblés et faire évoluer le gouvernement dans un sens favorable à tous ces délaissés qui se réunissent derrière les bonnets rouges, il faudrait que des personnalités politiques et intellectuelles s’en fassent les relais et coordonnent cette action, lui donnent des objectifs, une pensée, peut-être même une doctrine. A ce compte, le mouvement pourrait se poursuivre et adopter un cap capable de faire flancher l’Etat.
Le risque serait, bien sûr, celui du cap suivi. Selon la nature des dirigeants récupérant le mouvement, on peut voir évoluer la contestation vers l’anti-fiscalisme et la demande d’une politique économique courageuse de la part de l’Etat, comme on peut le voir obliquer vers une sorte de gauchisme bâtard et inconséquent. C’est le risque… Qui relèvera le gant ?

En attendant, nous n’en sommes pas là et c’est pourquoi, très probablement, ce mouvement va encore faire parler de lui, va encore faire des dégâts, essaimera peut-être de manière marginale dans le reste du pays, mais à termes ne remportera que des victoires de faible portée sur des mesurettes fiscales. En somme, il va faire mal, mais il va faire pschitt !

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