Les hommes aux créneaux

(La reine des Amazones, Pierre Mignard, 1612-1695)

La justice a décidé, hier, de condamner un père de famille à une amende de 500 euros avec sursis et de 150 euros à verser à la mère en réparation du préjudice moral, pour une fessée déculottée donnée à leur fils de neuf ans.

Sans doute, la démarche paternelle manquait d’intelligence et d’à propos, considérant l’âge du délicieux bambin qui ne l’avait, par ailleurs, peut-être pas volée. Mais ce qu’il faut noter, c’est d’une part, le degré de haine qu’a atteint ce ménage séparé pour que l’ex-épouse en vienne à porter plainte contre l’homme qui a partagé sa vie. Plainte, d’une certaine manière, contre l’autorité paternelle qu’elle lui dénie, que son usage soit bon ou mauvais ; d’autre part, on peut noter l’intrusion de la justice dans la sphère privée, refusant au père son autorité. Ne regardons pas plus loin les faits, qui sont sans doute peu reluisants pour les différentes parties en causes, et attardons-nous plutôt sur l’esprit.

Une fois encore, l’homme a trinqué. Une femme aurait-elle été condamnée pour les mêmes motifs ? Dans le cas général, on peut supposer qu’une femme divorcée aurait recueilli des circonstances atténuantes et la relaxe pure et simple, voire l’incompétence du tribunal, face à la plainte de son ex-mari.
C’est un fait trop connu que dans les divorces, depuis des années, ceux-ci se font dans l’immense majorité des cas au détriment de l’époux ou père, qui perd la garde des enfants, doit laisser le domicile conjugal et verser en prime d’importantes pensions. Il ne s’agit pas pour nous de regarder le détail de chaque affaire, mais de s’étonner, légitimement, devant cette préférence quasi systématique pour les femmes dans les jugements.

N’y a-t-il pas là une sorte d’agressivité viscérale contre l’homme, toujours fautif, brutal, lâche, idiot et mal dégrossi ?
Faut-il s’en étonner quand presque 60% des magistrats sont des femmes ? Quand presque 80% des reçus à l’école nationale de la magistrature ces dernières années sont des femmes ? Quand 52% des avocats sont des femmes ?

Abreuvées par des décennies de littérature victimaire plaçant les femmes dans une position de perpétuelles opprimées en processus de libération, celles-ci, consciemment ou inconsciemment font jouer cette fichue « solidarité féminine », contre le mâle, présumé-coupable.

C’est ici que nous touchons au cœur du problème. Le féminisme à l’oeuvre depuis plus d’un demi siècle en France a largement dépassé le cadre légitime de l’équité de traitement et de dignité entre hommes et femmes. Il est aujourd’hui dans l’exagération d’un combat largement gagné, en vue d’abaisser les hommes. Nous assistons, non pas à un rééquilibrage, mais à une inversion.

Ainsi, on s’inquiète de la faible féminisation des conseils de direction de grandes entreprises, des cadres de l’armée ou des élus politiques, mais on semble très bien se contenter de l’hyper féminisation de l’enseignement, de la magistrature, du barreau, mais aussi de la féminisation montante de la médecine. A l’inverse, personne ne s’offusque de l’hyper masculinisation des métiers de force considérés comme dégradants, tel éboueur ou cantonnier.
Ce que ces féministes militantes veulent, ce n’est pas l’équité, ni même l’égalité, c’est le pouvoir. Ce sont de nouvelles amazones. Les pauvres femmes persuadées de se libérer du mâle sont leurs idiotes utiles, pour reprendre le mot de Lénine.

Ainsi, tout est fait pour limiter le poids et la portée de l’époux dans la vie familiale. La notion de chef de famille a disparu du droit français, le nom d’épouse apparaît en deuxième et entre parenthèses derrière le nom de jeune fille, les enfants peuvent porter le nom exclusif de leur mère, etc. La tradition selon laquelle la femme donnait la vie et l’homme donnait le nom s’émousse, et en droit, les femmes n’ont plus besoin des hommes.

Et ce combat est loin d’être fini. Ce n’est pas un hasard si Anne Lauvergeon, à l’époque président du groupe Areva, a déclaré « A compétences égales, entre le mâle blanc et la femme noire je privilégierai toujours celle-ci ».
Ce n’est pas un hasard non plus si, dans un autre domaine, celui du récent débat sur le mariage homosexuel, c’est l’homosexualité masculine qui a été le plus mise en avant et magnifiée, laissant à l’homosexualité féminine une place plus discrète, destinée souvent à attendrir les cœurs de ces crétins de garçons…

Ne vous êtes-vous d’ailleurs jamais demandé pourquoi les gender studies étaient toujours mises en avant pour défendre la part de féminité des hommes et non le désir de virilité des femmes ?

Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi on voulait à toutes forces combattre les préjugés sexistes à l’école, sans jamais se préoccuper de la moindre réussite scolaire des garçons par rapport aux filles et ce de manière croissante ces dernières années ?

On pourrait continuer longtemps cette complainte, mais cela ne servirait à rien si on ne se penchait pas sur les causes.

Il y a d’abord les causes légitimes de la révolte. A savoir que les hommes occidentaux, depuis le XIXe siècle et la prise de pouvoir des bourgeois étriqués qui firent la révolution, ont placé la femme dans une situation juridique d’éternelle mineure, condamnée à des tâches jugées indignes d’eux et juste bonnes pour la « vocation » d’épouse et de mère. Que les femmes aient conçu du ressentiment contre le mépris dont leur intelligence ou leurs capacités faisaient l’objet, est une évidence légitime.

Ce ressentiment est d’autant plus légitime qu’il se trouve enrichi par les insuffisances des hommes eux-mêmes. On a trop vu la lâcheté d’hommes sans virilité s’exprimer. On a trop vu des hommes, parfois publics, se gargariser de mots et fuir à la première bourrasque. Toutes ces filles mères abandonnées par des matamores sans courage en sont le triste exemple qui a, par la suite, enrichi et justifié la révolte des femmes.
Ces hommes qui ne savent pas assumer leurs responsabilités, leurs fautes ou leurs devoirs, sont les grands responsables de la situation actuelle. Ils sont coupables car les femmes qui avaient placé en eux leur confiance, une fois flouées, se sont tournées vers celles qui leurs traçaient des chemins de révolte.

Mais c’est une tragique erreur. Il n’y a pas de salut dans la révolte des femmes contre les hommes. Chacun a besoin de l’autre. Il y a une réelle dignité personnelle et commune à partager. Il y a en chacun un appui à trouver. Mais pour cela il faut que les hommes soient des hommes et que ces dames cessent de vouloir les singer en s’habillant comme eux, en rêvant des mêmes métiers et parfois des mêmes hobbys, plus par mimétisme que par véritable goût.

Hommes et femmes doivent marcher ensemble, en une égale dignité, mais en respectant également leurs caractères propres. Ce n’est pas la voie que prend l’Occident, et il le paiera cher. Dévirilisé, l’homme n’apportera plus cet équilibre, cette protection, dont les femmes ont besoin. L’homme, seul et amoindri, ne trouvera plus également en la femme la complémentarité, le soutien qu’il attend. Chacun, traçant seul sa voie, dressé souvent contre l’autre, sera un atome dans la société sans racines et sans familles, sans origines et sans but, dans ce monde d’anonymes qui naissent orphelins et meurent sans enfants.

Une autre possibilité est la réaction violente, le retour de manivelle brusque des hommes qui n’en peuvent plus. C’est un risque et ses conséquences seraient aussi désastreuses que celles de l’hyper-féminisation de la société que nous vivons actuellement. Dans un cas, comme dans l’autre, nous nous préparons un monde de violence.

La solution est à trouver dans la conscience de nos spécificités, de notre dignité et de nos complémentarités, dans le respect de nos hiérarchies, qui ne sont pas à sens unique, enfin dans le plus grand amour de ce qui nous uni : fraternité, famille, filiation, ancêtres.

Aujourd’hui, en réfléchissant sur les théories du genre pour mieux les combattre, les milliers de Français qui suivent les conférences organisées par les écoles chrétiennes, les congrégations religieuses, les associations familiales, ouvrent d’une certaine manière la voie vers cette solution d’apaisement.

Cependant, on ne peut exclure une dose de combat. Mais le combat n’est pas à livrer contre les femmes, ni même contre les féministes. Il est à livrer contre les lâches. Ces hommes qui se comportent en petits chefs et se couchent devant la première tempête, ces beaux parleurs qui condamnent les filles à l’avortement par refus de leur paternité, et qui sont de grands ennemis du retour de la paix. Ces hommes qui réagissent au féminisme par la misogynie sont également dans l’errance. A eux il  faudra parler.
Les pères qui montent dans des grues, depuis quelques mois, pour réclamer leurs droits de paternité, sont des pionniers à suivre. Mais il y a aussi des déserteurs à ramener dans les rangs.

Messieurs, soyons fiers de ce que nous sommes. Dans la saine virilité, l’amour de nos devoirs, le goût des sports mâles, la pleine assurance de nos particularités, nous pouvons être de beaux exemples.

Pardonnez, chers lecteurs, le décousu de cette sortie de circonstance. Mais j’espère qu’elle aura touché votre cœur et votre intelligence. 

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3 réflexions sur “Les hommes aux créneaux

  1. Très bel article qui correspond tout à fait à ce que je pense. J’ai été très choqué d’apprendre la condamnation de cet homme ! Et d’ailleurs, les commentaires laissés sur internet étaient tous en sa faveur, de gens remerciant leurs parents de leur avoir donné de bonnes fessées méritées… Personne ne se plaint d’une claque ou d’une fessée méritée lorsqu’elle est ponctuelle. Et quand on condamne illégitimement cet homme, que met-on en œuvre pour lutter contre ceux qui battent réellement leur famille ??? C’est ne traiter que l’arbre qui cache la forêt… Comment font ces femmes qui jugent dans leur vie privée ? Ont-elles simplement déjà eu affaire à des enfants ?!

  2. Je suis tout à faut de votre avis et ce qui me choque encore plus, dans cette histoire, c’est la ministre « de la famille » ne voit aucune réserve à l’interdiction de la fessée (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/10/16/01016-20131016ARTFIG00437-interdiction-de-la-fessee-la-ministre-de-la-famille-n-a-aucune-reserve.php). Y aura-t-il des personnes pour s’élever contre cette intrusion de la justice et de l’État dans la famille ?

    • J’espère que certains esprits éclairés sauront mobiliser les foules avant que l’eau de la casserole ne chauffe encore un peu plus, jusqu’à l’étouffement de la grenouille que nous sommes.

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