Veilleurs hors-la-loi… Et après ?

(Antigone arrêtée)

La préfecture de police a demandé aux Veilleurs marcheurs de ne pas descendre les Champs-Elysées et de ne pas veiller sur la place de la Concorde, arguant du trouble à l’ordre public et de l’incapacité des forces de police à assurer leur sécurité.

Ces Veilleurs, dans la lignée du mouvement de désobéissance civile pacifiste qu’ils ont initié depuis les manifestations contre l’ouverture du mariage aux personnes de sexe identique, ont remonté la côte atlantique durant le mois d’août, à la rencontre des Français, veillant le soir sur la place, sans déclaration de manifestation, et sans que cela gêne grand monde d’ailleurs. Assaillis par des groupes gauchistes à Couëron et à Nantes, ils n’ont pas désarmé. Demain ils rentreront dans Paris.

Ils ont montré qu’une jeunesse calme et déterminée pouvait dire non, enfreindre les lois, sans violence, au nom de principes supérieurs, inaliénables, nécessaires à la dignité des hommes. Ils ont donné l’exemple du courage en marchant des centaines de kilomètres.

L’acte qu’ils poseront demain sera un acte de désobéissance civile de plus contre cet Etat illégitime. Illégitime dans le domaine des lois iniques qu’il promeut et défend.

La préfecture a raison, il y a un risque réel de trouble à l’ordre public. Quand des centaines de personnes, même pacifiques, descendent en groupe compact une avenue touristique fréquentée, ils prennent le risque de perturber la circulation des piétons, de créer des échauffourées avec des groupes gauchistes pouvant survenir à tout instant des rues latérales, de perturber dangereusement la circulation automobile en débordant sur la chaussée. Et après ? L’Etat doit être mis devant ses responsabilités.

Les forces de police, dans le respect d’une longue tradition d’obéissance aveugle aux ordres manifestement illégaux, héritée de certains temps du XXe siècle, ont méprisé les manifestants opposés au mariage pour tous durant toute l’année écoulée. Elles ont arrêté arbitrairement et sans fondement légal des jeunes hommes et des jeunes filles, certains mineurs, les emmenant au poste pour les relâcher, seuls, à 3h ou 4h du matin, au coeur du XVIIIe arrondissement, à des heures de chez eux. Elles ont suscité des désordres dans les manifestations avec des policiers en civil jouant le rôle d’agents provocateurs. Il serait trop long de rappeler la longue liste des méfaits de ces tristes sires.

Il faut surtout en conclure que ce n’est pas dans le respect béat de la légalité que nous pourrons faire avancer notre cause. Ce n’est pas dans la violence non plus. La désobéissance civile pacifique des veilleurs doit être encouragée.

Demain ils vont désobéir calmement aux lois, une fois de plus. Allons les soutenir place de la Concorde. Prenons tous un bon livre, la nuit sera peut-être longue, et il faudra sans doute veiller debout, de loin en loin, entourant à notre tour le cordon de CRS qui ne manquera pas d’entourer le groupe compact des veilleurs harassés par la marche.

CRÉON.

– Et toi qui courbes la tête contre terre, je te parle : Avoues-tu ou nies-tu avoir fait cela ?

ANTIGONE.

 – Je l’avoue, je ne nie pas l’avoir fait.

CRÉON (au garde).

– Pour toi, va où tu voudras ; tu es absous de ce crime. Mais toi, réponds-moi en peu de mots et brièvement : Connaissais-tu l’édit qui défendait ceci ?

CRÉON.

– Et ainsi, tu as osé violer ces lois ?

ANTIGONE.

–  C’est que Zeus ne les a point faites, ni la Justice qui siége auprès des Dieux souterrains. Et je n’ai pas cru que tes édits pussent l’emporter sur les lois non écrites et immuables des Dieux, puisque tu n’es qu’un mortel. Ce n’est point d’aujourd’hui, ni d’hier, qu’elles sont immuables ; mais elles sont éternellement puissantes, et nul ne sait depuis combien de temps elles sont nées. Je n’ai pas dû, par crainte des ordres d’un seul homme, mériter d’être châtiée par les Dieux. Je savais que je dois mourir un jour, comment ne pas le savoir ? même sans ta volonté, et si je meurs avant le temps, ce me sera un bien, je pense. Quiconque vit comme moi au milieu d’innombrables misères, celui-là n’a-t-il pas profit à mourir ? Certes, la destinée qui m’attend ne m’afflige en rien. Si j’avais laissé non enseveli le cadavre de l’enfant de ma mère, cela m’eût affligée ; mais ce que j’ai fait ne m’afflige pas. Et si je te semble avoir agi follement, peut-être suis-je accusée de folie par un insensé.

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