Dissolution de Lutte ouvrière

(Le Grand Schtroumpf mène la parade…)

Vous avez eu un bref instant le grand espoir de votre journée, ou de terribles sueurs froides selon votre appartenance politique, mais dans un cas comme dans l’autre, détrompez-vous, Lutte ouvrière n’est pas dissoute et en a encore pour de nombreuses années devant elle.

Par contre, d’autres mouvements sont véritablement dissous, en ce moment. Il s’agit des groupes de droite nationaliste l’Oeuvre française et de sa branche jeunes Les Jeunesses nationalistes. Cette décision fait suite à la promesse faite par Jean-Marc Ayrault, devant l’Assemblée nationale, fin juin, de dissoudre les groupes d’extrême droite prônant la haine et la violence politique. Les Jeunesses nationalistes révolutionnaires et Troisième voie ont échappé à la dissolution en se donnant eux-mêmes la mort. N’ayons crainte, ces mouvements se reformeront sous d’autres noms.

Mais l’opération du gouvernement n’en est pas moins la preuve de son état d’esprit dictatorial. Quels faits sont soudain reprochés à ces groupes qui ont pu, durant des années entretenir des sites internet et des revues, diffuser des affiches et des tracts, tenir des réunions publiques sans être inquiétés ? Autant que l’on sache, la législation n’a pas brutalement changé. Seulement le gouvernement voulait frapper un grand coup après la mort du militant gauchiste révolutionnaire Clément Méric, il y a quelques mois. Cependant, on le sait depuis, Méric est mort dans une échauffourée où il était autant coupable que victime. Il a été tué sans que son agresseur n’ait l’intention de donner la mort. Il a été tué dans une bagarre de rue qui  n’a que peu à voir avec le militantisme direct des mouvements mis en cause. Il a été tué par un jeune homme qui n’appartenait à aucun des mouvements en cause au moment des faits. En somme c’est sans fondement ni politique, ni juridique que ces mouvements sont dissous. Ils le sont du simple fait du prince.

Certes, ces groupes nationalistes ne sont pas des plus fréquentables. Groupuscules païens nostalgiques du fascisme en le disant et du nazisme sans trop le dire, prônant l’action violente, ils mélangent les genres et entretiennent la haine, à défaut de la propager.

Est-ce suffisant pour les dissoudre ?

Admettons que oui. Mais dans ce cas, demandons-nous pourquoi les groupes réputés anti-fascistes ou communistes révolutionnaires ne le sont pas ?

En effet, quelle est la différence entre prôner la bastonnade des gauchistes et celle des fascistes ? Il n’y en a pas. C’est toujours un être humain que l’on violente.

Quelle est la différence entre demander l’expulsion des immigrés clandestins et la confiscation des biens des bourgeois ? Il n’y en a pas. Dans les deux cas ce sont des familles que l’on stigmatise pour ce qu’elles sont, que l’on met à la porte de chez elles, que l’on violente, que l’on condamne à la misère.

Quelle est la différence entre faire l’apologie du fascisme, regretter secrètement le nazisme, et minimiser les crimes du communisme, racheter une virginité à Lénine, Trotski et Mao Tse Tung ? Dans les deux cas c’est faire l’apologie des assassins, des tyrans, de ceux qui ont fait du XXe siècle un siècle de fer et de sang.

Un mouvement affichant des militants faisant le salut romain sera dissout. Un mouvement affichant la svastika sera dissout. Mais un mouvement affichant la faucille et le marteau ne le sera pas. Au nom de quoi ? C’est avec cet emblème que des partis et des gouvernants ont provoqué la mort de 100 millions d’êtres humains durant le XXe siècle.

On pourra arborer un tee-shirt à l’effigie de Che Guevara ou un sac frappé du visage de Mao, en oubliant que l’un et l’autre sont des tortionnaires et des assassins. Mais on aura un procès si on affiche un tee-shirt à l’effigie du Maréchal Pétain ou de Augusto Pinochet.

L’apologie de crime de guerre, le négationnisme historique, en France, sont à géométrie variable.

Il est vrai que dans notre pays un Georges Boudarel, français converti en tortionnaire dans les camps du Vietminh, a pu exercer à Jussieu jusqu’à la retraite, sans être inquiété… Pierre Boutang, qui n’avait pas de sang sur les mains, a attendu vingt ans de retrouver un poste à la Sorbonne, à cause de son antigaullisme…

Soit notre pays est un Etat de droit, et il n’est pas possible de dissoudre l’Oeuvre française et les Jeunesses nationalistes sans motifs. Soit notre pays est une dictature gauchiste, et il est possible de dissoudre les partis nationalistes fascisants sans jamais inquiéter les communistes révolutionnaires qui pourtant font l’apologie des crimes du communisme, ou les minimisent jusqu’au négationnisme, tout en se revendiquant de « penseurs » assassins.

L’Oeuvre française a déposé un recours devant le Conseil d’Etat pour contester sa dissolution. Ces gens ne portent en eux rien de bon. Mais au nom de la justice il faut souhaiter qu’ils obtiennent gain de cause.

Quant aux camarades Ayrault et Valls, vivement leur oubli dans le néant de l’histoire.

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