Délinquance. A qui profite le crime ?

(Le guignolo. Un voleur de grande classe…)

 

C’est désormais confirmé, non plus seulement par le syndicat Alliance, mais également par une note interne de la DCCRS : il y a eu des scènes de pillages et une attaque violente des secours après le déraillement du train de Brétigny-sur-Orge la semaine dernière. Pourtant, le ministère de l’Intérieur et le directeur départemental de la sûreté publique continuent de nier les faits, à tout le moins de les minimiser en les qualifiant de « très exagérés. » 

C’est à chaque fois la même chose. Chaque 31 décembre, chaque 14 juillet, chaque grande finale de football, des hordes sauvages brûlent les voitures, brisent les vitrines des magasins, assaillent les secours. Pas plus tard qu’hier, des pompiers intervenant en banlieue parisienne près d’un immeuble en feu ont été attaqués à coups de pierres alors qu’ils écartaient des familles du sinistre. Les policiers, depuis des années, s’en tirent avec des blessés, en contenant comme ils peuvent les délinquants. Le ministère, comme toujours, minimise. Il n’est plus possible de nier l’existence des caches d’armes de guerre, comme c’était le cas après les émeutes des cités à Toulon en 1997. Elles sont désormais trop nombreuses. Mais leur utilisation par les voyous est minimisée. Les chiffres mêmes de la délinquance sont livrés au rabais, soit par tripatouillage des statistiques soit, plus fréquemment, parce que les commissariats eux-mêmes déconseillent aux plaignants de déposer leurs plaintes. Pourtant, on aura beau ergoter, en 1960, 400 000 crimes et délits étaient recensés en France, en 2000, il y en avait 4 000 000. Même en tenant compte de l’évolution dans la qualification des peines, même en prétendant que les méthodes de comptage ont changé, on ne peut nier la dégradation de la situation.

Voilà pour la délinquance violente et visible, celle des vitres cassées quotidiennes, des femmes bafouées dans la rue, des policiers agressés devant leur domicile, des médecins qui ne rendent plus de visite chez leurs clients de peur de se faire assommer au pied de la tour par une meute en rage.

Mais il y a aussi celle que l’on ne voit pas, celle du grand banditisme, des trafiquants de drogue qui alimentent toute une économie souterraine dans certaines banlieues. Comme par hasard, dans ces communes, une certaine paix publique règne. Pourtant, il y circule des armes, de la drogue, des voitures volées, d’odieux trafics humains. Mais comme le désordre est ennemi du commerce, les caïds obtiennent la paix. Pas de menue délinquance dans ces quartiers ! Et la police, si elle mène parfois avec succès des opérations spectaculaires, démantelant tout un réseau, et saisissant des quantités fabuleuses de substances diverses, ne s’y risque qu’avec parcimonie. Il suffit de se promener à Saint-Ouen ou au Tremblay-en-France pour apercevoir sur les murets des guetteurs, surveillant la rue pour la prochaine livraison, dans l’impunité la plus parfaite.

Que fait notre police, que font nos gendarmes ? Leur travail ! Tant bien que mal, avec conscience et constance, obéissant toujours aux ordres, ils contiennent l’adversaire, les repoussent avec des balles de caoutchouc quand on leur tire dessus au plomb de chasse, arrêtent les délinquants puis souvent les relâchent, diligentent des enquêtes pour les affaires les plus graves ou les plus récurrentes, et laissent tomber pour le tout venant. On peut admirer ces hommes qui, à bouts de bras, maintiennent la paix publique en France par une éreintante technique de l’endiguement. En effet, si les prisons sont pleines, si les tribunaux ne désemplissent pas, nous sommes en fait bien loin du compte, et dans un nombre fort important de communes, heureusement circonscrites, le crime prospère…

Ce ne sont pas les forces de l’ordre qu’il faut blâmer, mais les décideurs politiques. Il faut se demander quel est leur intérêt à minimiser les effets et l’ampleur de cette délinquance quotidienne. Il faut se demander quel est leur intérêt à user avec tant de douceur de la puissance publique en regard de la menace que les délinquants font peser sur la paix des citoyens qui vivent dans ces communes.
La raison en est très simple. Sous leurs allures de matamores, ces hommes qui nous gouvernent sont la pire espèce des lâches. Pour eux, faire appliquer à la lettre les 84 000 décisions de reconduites aux frontières de clandestins, c’est prendre le risque d’articles de journaux assassins. Pour eux, prendre le problème de la drogue à bras le corps et démanteler les réseaux de trafiquants, c’est prendre le risque d’émeutes urbaines où les caïds sortiront des armes de guerre. Pour eux, donner le droit aux policiers de répondre aux délinquants à balles réelles lorsqu’on leur tire dessus à balles réelles, c’est prendre le risque d’avoir des morts dans les banlieues.
A chaque fois, la conséquence de ce risque politique est une possible chute dans les sondages, avec à la clef, peut-être, une démission ou une non-réélection. Or, ce gagne-pain qui leur donne argent et pouvoir, ils ont eu tant de mal à l’obtenir, ils sont prêt à tout pour le conserver.

On peut se dire que le calcul est absurde, que les citoyens qui vivent dans ces banlieues où s’enchaînent les rodéos de motos dans la rue la nuit, où les filles sont violées dans les caves et où les postiers, les enseignants, les médecins ne vont plus qu’en tremblant, seraient reconnaissant d’une remise en ordre. Lorsque Nicolas Sarkozy avait promis de passer les banlieues au karcher, les premiers à applaudir furent les habitants des dites banlieues. Ils furent aussi les premiers à déchanter.

Hélas, il n’y a pas que les habitants des banlieues en France. Il y a aussi toute une intelligentsia germanopratine idéologue, grande donneuse de leçons et que la France écoute, dans les revues, à la radio, à la télévision, donnant les bons et les mauvais points. Qu’elle désigne à la vindicte, ou qu’elle en porte un aux nues, et au moins la moitié de la France opinera du chef avec respect en roulant son béret devant le maître qui parle dans le poste avec tant de sagesse…

Nos politiques sont des hommes pragmatiques, des hommes d’action, forgés pour conquérir le pouvoir et ne sachant trop qu’en faire une fois parvenus. Mais les journalistes, les rédacteurs de revues, les éditorialistes de tous poils sont souvent des hommes de principes… Des bien-pensants. Devant ces forgeurs d’opinion, les gouvernants courbent l’échine et évitent soigneusement de marcher au combat contre la délinquance.

Pourtant, depuis plus de quarante ans maintenant, elle croît doucement, et la situation pourrit peu à peu dans un nombre croissant de communes.

C’est aux ministres, aux chefs de partis, à certains députés que profite le crime. C’est pour conserver le pouvoir qu’ils évitent de prendre le taureau par les cornes. Les « intellectuels » de la nomenklatura, quant à eux, se gardent bien de se remettre en cause, et préfèrent fermer les yeux et les oreilles devant la réalité. Lorsque l’un d’entre eux se réveille, il est mis au ban de sa caste. Il est devenu un infréquentable, un homme de droite… Du moins le croient-ils, car cet homme là n’a pas forcément abdiqué du socialisme ou de l’écologisme, il a simplement retrouvé son bon sens.

C’est à cause de ces tristes sires que les informations relatives à la criminalité en France sont fréquemment minorées, déformées, passées sous silence. C’est à cause d’eux que des millions de Français vivent un enfer quotidien dans leurs tours HLM, dans l’indifférence. C’est à cause d’eux que les policiers, les gendarmes, les enseignants, les assistantes sociales, les pompiers, les ambulanciers du samu, continuent chaque jour leur mission en se demandant bien ce qui va leur arriver.

Ces gens, de majorité en majorité, ont véritablement perpétué une félonie, presque un crime d’Etat, par souci de facilité. Et parmi eux, les pires sont les matamores, les Valls, les Guaino, les Hortefeux, les Pasqua, les Quilès qui, avec de grands mots, n’ont jamais eu que de petits actes.

Cela cessera-t-il ? Lorsque les Français porteront au gouvernement des hommes soucieux du bien commun, oui. Où sont-ils ? Dans les partis, dans la fonction publique, dans la société civile, mais comme trop souvent, ces hommes qui agissent et parlent peu ont le second rôle au pays des beaux parleurs qu’est la démocratie moderne.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s