Ce qui va bien en France, semaine du 29 juin au 7 juillet

(Entrée des troupes françaises dans Colmar libéré, hiver 1944)

Avec quelque retard, voici les bonnes nouvelles de France de cette semaine ; où l’on apprendra que tout n’est pas si noir pour l’agriculture, que l’euthanasie n’est pas encore pour demain, que des magistrats se rebiffent et qu’il est temps  pour les scouts et guides de partir en camp…

Economie

15000 Mw en 2030, c’est l’objectif de production affiché par le Syndicat des énergies renouvelables à l’occasion de son deuxième appel d’offre sur l’éolien en mer. GDF Suez et Areva pourraient s’allier afin de constituer un groupe français compétitif à même de remporter l’appel d’offre. Pour le secteur de l’énergie française c’est une bonne nouvelle que de voir notre panier de biens s’élargir et les firmes nationales rattraper enfin leur retard en matière d’utilisation des énergies marines face à nos voisins britanniques, norvégiens ou danois.

« La croissance bleue » était à l’honneur le 2 juillet au Parlement européen, où a été discuté et approuvé un rapport issu de la commission européenne visant à promouvoir les activités littorales et maritimes européennes sur la base de ce que la commission appelle la « croissance durable ». La commission aura pour objectif, à la suite de ce rapport, de repérer les activités au plus fort potentiel de croissance pour le long terme et de les stimuler par la recherche et développement, les investissements privés et institutionnels, la levée des contraintes administratives. Avec l’une des plus grandes façades maritimes d’Europe, la France est gagnante.

121 milliards d’euros ! C’est le produit des taxes perçues directement au profit de groupes parapublics comme les agences de l’eau, météo France, les chambres de commerce, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Concentrées  sur des secteurs porteurs comme le cinéma, ces taxes ont globalement progressé de 6,4% par an de 2007 à 2011, contre une progression moyenne de 1,7% pour les taxes ordinaires. Cette manne a contribué à une gestion parfois hasardeuse, avec une augmentation de la masse salariale de ces organismes de 10,4% dans la même période, alors que celle de l’Etat reculait de 5,8%. De même, la dépense de ces organismes a cru de 4,5% par an, contre 1,2% pour l’Etat. A cela il faut ajouter la création de doublons administratifs sans nombre. La Cour des comptes, une fois encore, a levé ce lièvre. Mais pour une fois le gouvernement devrait en tenir compte. A termes ces 121 milliards d’euros retourneront dans les poches de l’Etat et les organismes seront financés par subventions, les contraignant à une gestion plus saine. Considérant l’ampleur de la pression fiscale en France on ne peut que se réjouir qu’une telle gabegie d’entreprises publiques vivant avec l’argent des Français cesse enfin. C’est une politique voulue par Bercy depuis 2009 qui prend un tour nouveau. Déjà en 2012 le revenu des taxes avait été plafonné, le surplus étant reversé aux caisses de l’Etat. Sur les 214 taxes affectées à ces organismes, 80 devraient être prochainement réaffectées à l’Etat, lui octroyant 22 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Il va de soi que la pilule passera mal. Mais il est temps que le laisser faire né à la Libération cesse, que l’Etat soit maître des fonds qu’il prélève aux Français, et que ces entreprises apprennent l’art de la gestion responsable. Nous pouvons soutenir le gouvernement sur ce projet, et applaudir.

L’agriculture française a connu une année de croissance, tant en production qu’en revenus. Certes, certains secteurs demeurent en berne, notamment la production laitière, durement secouée par l’augmentation du prix des céréales nécessaires aux bêtes. Mais la grande culture a connu une progression globale de 8,4% de sa production. L’élevage, lui, a cru de 3,5%. Au total, indépendamment des subventions européennes, l’agriculture française a généré 76,6 milliards d’euros, autant que les recettes annuelles du secteur du tourisme. Une seule ombre au tableau, ces bons chiffres valorisent un secteur d’activité où la main d’oeuvre, elle, continue de chuter, faute de relève.

Politique

Une vingtaine de magistrats se rebiffent contre l’incarcération de Nicolas Bernard-Buss, jugé en appel le 9 juillet. Menés par le magistrat et ancien député Jean-Paul Garraud, ces fonctionnaires de la justice ont récemment publié une tribune dénonçant le caractère irrégulier de cette arrestation, sans fondement légal selon eux. Ils ont dénoncé également comme irrégulières et/ou scandaleuses la plupart des opérations d’intimidation menées contre les opposants au mariage homosexuel (pressions sur les maires refusant de célébrer, amende pour port du sweat-shirt de la manif’, dispersions d’attroupements sans somations, etc.) Derrière cette vingtaine de magistrats ayant eu le courage de sortir de leur devoir de réserve en dénonçant directement les actions de leur ministère, il faut voir également tous ceux qui ont choisi de ne rien dire, mais n’en pensent pas moins. La magistrature n’a pas tout à fait oublié ce qu’est le souci de justice, et il faut s’en réjouir.

On le sait, les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy ont été rejetés. On peut critiquer la réaction infantile de l’opposition, vociférant contre une décision dite « politique » ou « inique ». Rappelons que les membres du Conseil constitutionnel, nommés par les majorités précédentes, ont tous été membres de l’UMP ou du RPR… Ce serait un cruel acharnement à vouloir couler sa propre maison mère. La vérité est que, si la loi est dure, elle n’en reste pas moins la loi. Mais dans cette tornade grotesque qui risque de voir sombrer le premier parti d’opposition, il faut saluer comme une excellente nouvelle la réussite de la souscription nationale lancée pour le sauver. En 24h, 1 million d’euros ont été levés. Il y a fort à parier que quelques « gros poissons » achèveront de sauver l’UMP. Mais dans ce premier élan, en temps de crise, il faut voir le souci de nombre de citoyens de voir survivre un élément important de l’équilibre politique de notre nation.

Société

L’euthanasie ne sera toujours pas à l’ordre du jour. C’est ce qu’a souligné le Comité d’éthique dans son dernier avis, rendu cette semaine, après une saisine du Président de la République. L’avis est en demie-teinte, puisqu’il insiste sur la possibilité d’une sédation, c’est à dire d’un endormissement du patient, jusqu’à ce que vienne l’heure de sa mort. Il s’agit d’une sorte d’élargissement excessif des soins palliatifs qui suppriment la conscience du patient dans ses derniers instants. Ce deuxième point est hautement contestable en ce qu’il empêche le patient de se préparer à mourir. Il est à l’image de notre société décadente qui refuse la réalité humaine, notamment dans sa part douloureuse. Il faut cependant voir la moitié pleine du verre et se féliciter de ce report sine die d’un projet de loi sur l’euthanasie, promis initialement par le candidat Hollande.

A partir de ce week end commencent les premiers camps scouts de l’été. Louveteaux, louvettes, jeannettes, scouts, guides, routiers et guides aînées vont se mettre en route pour vivre dans la nature ces instants de solide fraternité et de croissance humaine que sont les temps des camps. Soulignons au passage que le nombre d’adhérents au mouvements de scoutisme français ne cessent de croître ces dernières années. Voici un solide motif d’espérance. A titre de rappel les scouts et guides d’Europe comptent 29 000 membres, les scouts unitaires de France 24 000 et les scouts de France 65 000 membres. A cela on pourrait rajouter les divers mouvements catholiques, protestants, israélites, musulmans et non confessionnels.

Religion

La liturgie des heures est la prière de l’Eglise. Prier les heures c’est prier avec l’Eglise. Encore faut-il savoir comment faire. Une session est organisée du 8 au 14 juillet à l’abbaye Sainte-Marie, dans le Morvan, sur ce thème, pour des laïcs, religieux et consacrés. Vie au rythme de l’abbaye, étude des psaumes, de la psalmodie, des hymnes, cas concrets sont au programme de cet événement national réunissant quelques dizaines de laïcs désireux d’approfondir cette prière universelle, dépôt commun des chrétiens. Gageons qu’en repartant chez eux, ces fidèles seront devenus les hérauts des offices auprès de leurs familles ou communautés. « Deus in adjutorium meum intende.  Domine ad adjuvandum me festina. »

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