Lumen fidei. Résumé intégral de l’encyclique

(Benoît XVI et le pape François à Castel Gandolfo, été 2013)

Ce jour, vendredi 5 juillet 2013, le pape François a rendu public le texte de sa première encyclique, Lumen fidei, commencée par Benoît XVI, achevée par lui qui en assume l’intégralité. Cette encyclique ouvre le pontificat du pape François, elle achève celui de Benoît XVI et s’insère dans une trilogie sur l’espérance, avec l’encyclique Spe salvi, la charité, avec l’encyclique Deus caritas est, et enfin la foi avec le présent texte.

Ce document fait 88 pages. Il est un condensé limpide de ce que tout chrétien proclame. Il est un outil d’évangélisation personnelle et publique. La presse en donnera plusieurs commentaires plus ou moins informés.

Nous avons eu à cœur de vous livrer ici un résumé intégral du texte. N’hésitez pas à le partager autour de vous, mais surtout à lire le texte de l’encyclique.

Bonne lecture.

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Introduction

L’encyclique Lumen Fidei commence par l’explication de son titre. La lumière de la foi est le Christ. Il est la lumière, le véritable soleil dont les rayons éclairent tout l’homme, jusque dans l’ombre de la mort, ce que le soleil des païens ne pouvait faire. Qui croit en lui verra, verra toute la route.

Mais cette lumière n’est-elle pas illusoire ? L’encyclique dresse un portrait rapide de la critique par la raison qui fait de la foi une espèce de voile d’obscurité. Celui qui a la foi cesse de chercher à comprendre, alors que la raison met en route vers la quête de la vérité. Dans cette conception, la foi n’est plus que l’espace sans cesse mouvant de ce que notre raison ne peut pas expliquer et qui nous permet ainsi de sauter dans le vide là où  notre raison s’arrête. Mais cette raison pure ne permet d’éclairer que partiellement le chemin de notre vie et à terme brouille les repères du bien et du mal. C’est pourquoi l’encyclique invite à redécouvrir la lumière de la foi.

Cette foi, en ce qu’elle éclaire toute notre vie dans les moindres recoins, ne vient pas de nous seuls, elle est un don de Dieu, et si elle vient à vaciller en nous, ce sont les autres piliers de notre existence qui vacillent également.

Cette encyclique s’inscrit dans la mission du pape de « confirmer ses frères » dans la foi, et fait écho au choix symbolique du cinquantième anniversaire du deuxième concile du Vatican pour ouvrir une année de la foi.

Premier chapitre « nous avons cru en l’amour »

Premier point capital de ce chapitre, la foi a une histoire qu’il convient de retracer pour comprendre son cheminement dans nos vies et la vie de notre monde. Dieu, dans l’histoire sainte, parle. Il parle à Abraham, et Abraham répond, c’est la consécration d’une alliance fruit d’une relation personnelle, et non pas fixée à un lieu ou une époque sacrée, mais bien entre deux personnes. Il y a foi parce qu’il y a parole, écoute et dialogue, donc confiance. Il s’agit d’une confiance en une demande de Dieu de quitter sa terre pour une terre nouvelle, en une promesse, celle de la descendance, de la postérité d’Abraham. Abraham fait confiance à un Dieu dont la parole est véridique et fidèle, donc perpétuelle et non passagère. En ce sens qu’il y a une promesse de la part de Dieu, la mémoire d’Abraham est une mémoire tournée vers l’avenir. C’est le sens de ces premiers pas de l’histoire sainte, incarnée dans le don de la vie par la promesse de la descendance, immédiatement exaucée par la naissance d’Isaac.

Cette foi d’Israël se renforce dans l’Exode où Dieu est un père qui guide, accompagne, redresse. La foi s’appuie sur le souvenir de ces hauts faits qui illustrent la bienveillance et la présence de Dieu. L’encyclique établit un parallèle entre cette importance de l’histoire sainte et l’architecture des cathédrales gothiques où la lumière provient des vitraux hauts placés dans le ciel où s’illustre l’histoire sainte.

La foi implique un renoncement et un détachement de tout ce qui éloigne de Dieu, elle implique également la patience. L’idolâtre, à l’image des Hébreux au pied du Sinaï, ne sait pas prendre patience, il se forge une idole qui n’est jamais que elle-même placée au centre de son univers, de ses préoccupations. L’idolâtre est forcément polythéiste, il se forge autant d’idoles qu’il a de petits sentiers dans sa vie, et chacun le mène cahin-caha loin de la route de la foi. En Dieu l’homme trouve une route stable qui l’éloigne du mouvement de dispersion des idoles. La figure de Moïse est capitale dans cette foi. Il est le médiateur entre le peuple hébreu et Dieu. Par cette fonction il assure non pas seulement la foi individuelle des israélites, mais la foi commune du peuple. Il y a un nous collectif du peuple hébreu qui s’exprime comme un seul homme mais déploie aussi une relation interpersonnelle à l’aune de cette foi. La foi « demande l’humilité d’avoir confiance et de faire confiance ».

Cette foi prend sa plénitude dans Jésus Christ. Par sa vie, sa mort et sa résurrection il donne son sens à la foi. Il incarne pleinement la confiance en donnant sa vie : Il n’y a pas de plus belle preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime. Il montre la fidélité absolue de Dieu par sa résurrection. Par lui, la Parole a pris chair, elle a montré son éternité. Le Christ est l’exemple vivant et vrai, il est également le médiateur par excellence. Il ne s’agit pas seulement de croire à Jésus, c’est à dire de prendre sa parole pour vraie, il s’agit également de croire en lui, et donc de lui faire confiance. Enfin, il ne faut pas seulement voir avec lui, mais voir par lui. C’est le médiateur. Tout comme on fait confiance à un avocat, expert en droit, pour mener notre procès, tout comme nous faisons confiance au pharmacien pour nous indiquer nos médicaments, nous faisons une confiance absolue au Christ en tant qu’expert parfait des choses de Dieu. Vivre avec le Christ et dans le Christ c’est participer à sa divinité et accomplir notre foi. La foi est ici agissante, concrètement dans nos vies.

D’après saint Augustin, c’est parce qu’ils étaient dans la foi en celui qui allait venir que les patriarches étaient justifiés. C’est parce que nous sommes dans la foi de celui qui est venu que nous sommes justifiés.

Cette foi nous sauve. En effet, par notre mise en conformité avec la vie et les yeux du Fils, elle fait de nous des fils de Dieu. Dans le dialogue entre la foi et les œuvres comme arme du salut, il y a une inégalité native. L’homme qui pense se sauver par les œuvres seules se place au centre et pense qu’il peut donc se sauver lui-même. C’est à l’échec qu’il se condamne. L’homme qui pense se sauver par sa foi sait qu’il n’y a rien qu’il n’ait reçu d’en haut, il s’ouvre donc à l’Autre, Dieu, lui fait sa place dans sa vie et son cœur. Par le Christ c’est l’ouverture à l’Amour de Dieu qui  nous sauve. C’est la mise en actes du testament spirituel de Saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi. » Hors de l’Amour, hors de la présence de l’Esprit, nous dit l’encyclique, il est impossible de confesser Jésus comme Seigneur.

Cette foi fait de ceux qui la professent les membres du corps du Christ. S’ils conservent leur individualité, leur autonomie, ils sont tous membres d’un seul corps, celui du Christ. La manifestation de cette appartenance se fait par l’Eglise. Il ne saurait y avoir de foi pleinement vécue sans appartenance ecclésiale. La foi ne se vit pas dans la subjectivité individuelle, mais dans la communauté. Guardini nous dit que l’Eglise « est la porteuse du regard plénier du Christ sur le monde. » Hors de l’appartenance ecclésiale la foi ne trouve plus sa mesure et son équilibre pour se tenir debout. C’est par l’Eglise que la foi peut ouvrir le chrétien vers chaque homme, vers le monde. La parole du Christ proclamée par l’Eglise, écoutée par le chrétien, une fois vécue, se transforme en dynamisme actif. La foi est lumière pour les yeux

Deuxième chapitre, « Si vous ne croyez pas vous ne comprendrez pas » (Is. 7, 9)

S’appuyant sur le récit de l’échange entre le prophète Isaïe et le roi Achaz qui cherche à faire alliance avec le puissant roi d’Assyrie, l’encyclique établit un lien de nécessité entre la foi et la vérité. La vérité, pour Isaïe, permet de comprendre, ainsi elle donne sens à la foi. Pour l’encyclique, c’est une évidence, la foi, sans la vérité, n’est qu’un conte aimable et rassurant qui leurre celui qui a bien voulu se leurrer. La foi tient un discours de vérité et nécessite la vérité. La vérité fait peur dans notre monde, car soit elle est la petite vérité du ressenti de chacun, incommunicable à la communauté, soit elle est la vérité absolue des totalitarismes du XXe siècle. Pourtant, la vérité « est une question de mémoire, de mémoire profonde, car elle s’adresse à ce qui nous précède, et de cette manière, elle peut réussir à nous unir au-delà de notre « moi » petit et limité. » La vérité est une question sur l’origine de tout et elle permet de tracer une route commune.

La vérité ne peut cependant être séparée de l’amour. L’amour naît dans le cœur siège de la foi, l’amour est le fruit de notre foi. Cet amour permet de donner son sens à la vérité. Sans lui, la vérité serait une lettre impersonnelle et dure. Mais la vérité est également nécessaire à l’amour. Sans elle, il ne serait qu’un sentiment aléatoire et mielleux. L’amour prend sa force de ce qu’il a un sens véritable, une constance.

Dieu entretient, avec sa créature, une relation d’amour véridique. C’est ce que relate l’histoire sainte lorsque l’amour de Dieu fait d’Abraham une nation, à laquelle il donnera plus tard une loi.

La recherche de la vérité, dans la foi, allie l’écoute et la vision, disons la contemplation. Il y a une fausse opposition entre la pensée du chrétien pour lequel la vérité passe par l’écoute et donc la réception progressive, dans le temps, d’un discours de vérité, qui nous fait marcher à la suite du Christ, et une sagesse grecque où la vérité se reçoit dans la vision de celle-ci, pure et contemplée, ce qui nierait toute liberté du sujet, la vérité étant reçue toute entière comme la lumière du soleil. Cette opposition est fausse car, dans la vie du chrétien, la foi et la vérité sont autant découvertes dans l’écoute que dans la contemplation, selon le temps et la situation. L’écoute est une chemin qui peut mener à la vision, mais la vision peut, parfois, dans l’évangile ou la vie du chrétien, précéder l’écoute et générer la foi immédiatement. Ce sont deux jambes qui permettent d’avancer. Il faut aussi bien écouter la parole que regarder les signes visibles. La synthèse entre l’écoute et la vision de la foi se trouve dans la personne du Christ que l’on écoute et contemple. Cette écoute et cette vision nous touchent dans notre cœur et ainsi génèrent véritablement l’amour de cette connaissance. Cet amour continue d’être communiqué par les Sacrements de l’Eglise qui continuent de nous toucher. Ces sacrements nous aident également à nous configurer au Christ. « C’est seulement en nous configurant à lui que nous recevons des yeux adéquats pour le voir », nous dit l’encyclique.

L’écoute et la vision communiquent. La foi et la raison également. L’évangile a très précocement rencontré la philosophie grecque et il en naquit un dialogue fécond qui n’a jamais cessé. Cette alliance entre la foi et la raison est nécessaire, en ce sens qu’elle oriente le croyant dans sa recherche. La raison se dilate au contact de la foi et l’homme de raison qui est également homme de foi est appelé à un esprit critique plus grand, à ne pas se complaire dans la réalisation de ses formules, mais à contempler l’étendue de la nature. L’alliance de la foi et de la raison, libératrice, ouvre la foi à tous les peuples. Cette union permet également de rendre palpable et concret le questionnement de la foi pour notre temps, notamment en une période où la vérité est mal vue car perçue comme possiblement aliénante. La vérité doit cependant être vue ici comme la vérité de l’amour, qui libère, qui ouvre une relation personnelle avec Dieu.

« La lumière de la foi en Jésus éclaire aussi le chemin de tous ceux qu cherchent Dieu », nous dit l’encyclique.  Cette nouvelle perspective qui suit l’alliance entre foi et raison ouvrant la foi au monde entier, permet d’envisager l’ouverture d’un chemin vers Dieu pour tous les hommes qui le cherchent avec un cœur sincère ; les chrétiens bien sûr, mais également les fidèles d’autres religions et les incroyants qui, en se conformant à sa parole, même sans le savoir, marchent vers lui, à sa suite. Dieu se laisse rencontrer par ceux qui le cherchent. C’est l’image des Mages, pourtant non juifs, se rendant à Bethléem.

Parce qu’il y a un ardent désir de mieux comprendre et de mieux connaître ce que nous aimons, la raison éclairée par la foi cherche à mieux connaître Dieu, à mieux explorer son Mystère, dans l’humble respect des limites de notre intelligence et dans la communion avec le Magistère de l’Eglise, car la théologie est au service de la compréhension de Dieu et ne peut donc se faire sans la communion. L’encyclique résume cette position de la théologie en une sentence bien menée : « La foi droite conduit la raison à s’ouvrir à la lumière qui vient de Dieu, afin  que, guidée par l’amour de la vérité, elle puisse  connaître Dieu plus profondément. »

Troisième chapitre « Je vous transmets ce que j’ai reçu » (1 Co 15, 3)

L’homme qui a ouvert sa vie à l’amour de Dieu et reçu la foi n’a pas de plus grand désir que de vouloir la diffuser et la transmettre. Saint Paul parle et annonce parce qu’il a cru. La lumière du Christ est répandue par les chrétiens. L’encyclique dit qu’elle illumine le visage du chrétien et que celui-ci la transmet ainsi de visage à visage. La foi se transmet. Si nous avions une connaissance exclusivement personnelle, privée, du Christ, il nous serait impossible d’avoir une claire vision de ce qui s’est passé il y a 2000 ans. Ces temps nous sont trop lointains. C’est pourquoi la connaissance du Christ s’inscrit dans la transmission par l’Eglise, par une relation de personne à personne organisée dans l’Eglise. La foi ne peut être vécue solitairement, elle nécessite cette relation. Ainsi, lors du baptême, les membres de l’assemblée sont appelés à répondre ensemble à chaque proposition du Credo, « nous croyons », accompagnant le « je crois » du futur baptisé ou de ses parents en son nom.

L’Eglise transmet donc sa mémoire de génération en génération. Cette transmission s’effectue par la Tradition apostolique, notamment par la réception, depuis les apôtres, des sacrements, qui rendent présents, aujourd’hui, ce don de Dieu. L’encyclique s’appuie sur deux sacrements principaux, le baptême et l’eucharistie. Le baptême donne la vie, une vie nouvelle, il fait du baptisé un fils adoptif de Dieu. Il est aussi un acte d’entrée dans la communauté de ces fidèles qui constituent le corps du Christ. C’est pourquoi, car on se soutient mutuellement dans une communauté, les parents, en tant que soutiens dans la communauté, peuvent faire entrer leur enfant en prononçant les paroles d’acceptation du baptême à sa place. L’eucharistie, elle, est le sommet de la vie chrétienne, « Elle est la précieuse nourriture de la foi, rencontre avec le Christ réellement présent dans l’acte suprême de son amour, le don de lui-même qui produit la  vie. » Ces deux sacrements sont accompagnés d’une véritable profession de foi, confession de la foi en laquelle croit celui qui les reçoit. C’est l’importance centrale du Credo. La confession de la foi éclaire la figure du Dieu trinitaire. L’adhésion à cette confession de la foi forme l’unité de l’Eglise communauté de croyants.

La transmission de la foi par la Tradition apostolique et les sacrements ne suffit pas. Le fidèle y rajoute la prière par excellence, celle enseignée par le Christ, le « Notre Père », qui est l’expérience spirituelle du Christ et nous permet, en connaissant mieux le Père, de vouloir « enflammer » d’autres de sa connaissance. Enfin, la foi avance avec le Décalogue qui n’est pas collection de préceptes, mais une invitation à sortir du « moi » désertique pour se mettre en relation avec Dieu, en rendant notre cœur disponible.

Cette transmission de la foi n’est réalisable qu’à la condition de la perpétuation de l’unité pleine de l’Eglise et de l’unité de la foi. La foi est un ensemble qui ne saurait être altéré ou minoré dans la moindre de ses propositions. Altérer la foi, dans le moindre de ses détails, c’est altérer notre communion avec Dieu et la vision que nous avons de son visage. Altérer la foi, dans un détail même infime, c’est mettre en danger l’unité de l’Eglise. Cette unité totale de la foi peut sembler oppressante à l’individualisme contemporain, mais c’est oublier que c’est une unité d’amour. L’amour, dans son unité, enrichit le regard de ceux qui le partagent. C’est exactement ce que se propose la foi dans sa complète unité. La foi est une parce qu’elle est le reflet d’un Dieu unique et se réfère à la vie d’un unique seigneur Jésus Christ. L’Eglise a pour mission d’assurer la transmission pure de cette foi dans la succession apostolique.

Quatrième chapitre « Dieu prépare pour eux une Cité » (He 11, 16)

En se référant à l’exemple de l’histoire sainte, l’encyclique insiste sur l’incarnation des conséquences de la foi. Cet amour de Dieu qui nous uni doit avoir une implication dans notre monde. Loin de former des croyants en retrait, désincarnés, la foi anime leur sens de la justice et Dieu, par cette foi, prépare aux hommes une Cité qui leur soit compatible. La foi, en ce sens, contribue au bon gouvernement, elle rend Dieu présent au milieu de nous.

Le premier environnement social où cette foi se déploie est la famille, lieu de l’union de l’homme et de la femme qui engendrent une descendance et ainsi donnent chair au don d’amour de Dieu pour l’humanité. L’enfant reçoit la foi dans cette famille et il est capital pour lui que le don d’amour de la foi soit palpable dans la famille et plus largement la communauté ecclésiale dans laquelle il s’insérera par la suite. L’amour mutuel de l’homme et de la femme dans la famille peut être perpétuel car il s’inscrit dans cette démarche de foi qui les dépasse et qui les invite à se dépasser. Parce que l’enjeu est plus grand qu’eux, ils peuvent entrevoir la nécessaire perpétuité de leur engagement.

La foi donnée et approfondie en famille peut devenir une lumière pour éclairer les rapports sociaux, continue l’encyclique. « Comme expérience de la paternité et de la miséricorde de Dieu, elle s’élargit ensuite en chemin fraternel. Dans la « modernité », on  a cherché à construire la fraternité universelle  entre les hommes, en la fondant sur leur égalité. Peu à peu, cependant, nous avons compris  que cette fraternité, privée de la référence à un Père commun comme son fondement ultime, ne réussit pas à subsister. Il faut donc revenir à la vraie racine de la fraternité. L’histoire de la foi, depuis son début, est une histoire de fraternité, même si elle n’est pas exempte de conflits. » La foi en Jésus Christ passe par la présence du frère. Concrètement, la foi oriente la société en faisant tenir compte de l’homme dans l’intégralité de ses composantes, en le plaçant au centre des préoccupations indépendamment des critères de rentabilité, en respectant la nature, Création de Dieu ordonnée par lui, en recherchant un mode de gouvernement qui, acceptant que toute autorité vient de Dieu, a le souci premier de la dignité humaine et du Bien Commun. La foi engendre une doctrine sociale.

La foi enfin s’adresse à ceux qui souffrent, si elle ne dissipe pas les ténèbres, elle est une lampe pour marcher parmi elles. La foi console l’affligé et donne du sens à la souffrance qui n’en avait pas. Parce qu’ils voient la lumière du Christ souffrant, des hommes se placent au côté de ceux qui peinent et souffrent, et leur viennent en aide. La foi ne fait pas oublier la douleur du monde. La foi, dans la souffrance, génère la charité, mais donne aussi une espérance, celle que Dieu ne cesse de nous accompagner, même lorsque les hommes s’imposent l’un à l’autre des douleurs iniques, celle qu’au bout du chemin est une autre demeure, la Cité de Dieu. La puissance Dieu se fait jour également dans la faiblesse et la souffrance de ceux qui, comme saint Paul, le servent. Cette puissance est source de vie pour le chrétien.

L’encyclique s’achève sur un appel à la Sainte Vierge Marie, une prière à elle adressée, elle qui par sa foi a porté du fruit.

« Tournons-nous vers Marie, Mère de l’Église et Mère de notre foi, en priant :

Ô Mère, aide notre foi !
Ouvre notre écoute à la Parole, pour que nous reconnaissions la voix de Dieu et son appel.
Éveille en nous le désir de suivre ses pas, en sortant de notre terre et en accueillant sa promesse.
Aide-nous à nous laisser toucher par son amour, pour que nous puissions le toucher par la foi.
Aide-nous à nous confier pleinement à Lui, à croire en son amour, surtout dans les moments de tribulations et de croix, quand notre foi est appelée à mûrir.
Sème dans notre foi la joie du Ressuscité.
Rappelle-nous que celui qui croit n’est jamais seul.
Enseigne-nous à regarder avec les yeux de Jésus, pour qu’il soit lumière sur notre chemin.
Et que cette lumière de la foi grandisse toujours en nous jusqu’à ce qu’arrive ce jour sans couchant, qui est le Christ lui-même, ton Fils, notre Seigneur ! »

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Un commentaire sur “Lumen fidei. Résumé intégral de l’encyclique

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  1. merci beaucoup à vous pour le partage de votre réflexion, recherche et surtout votre volonté de nous offrir ce résumé le fruit de votre force. ça me sert beaucoup pour la compréhension de la foi et sa lumière. Je vois que vous avez bien travaillé!

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