Ce qui va bien en France, semaines du 15 au 29 juin

(Affiche d’information lors de l’exposition coloniale de 1931)

Comme promis, voici la livraison des bonnes nouvelles des quinze derniers jours en France et pour la France

Economie

En Franche-Comté, une PME industrielle décolle, pour le plus grand bonheur de cette région en difficultés. Gaussin Manugistique, constructeur de véhicules porte-conteneurs vient de signer trois contrats de très grande importance pour la livraison de dizaines de véhicules automatiques au Turc Akan-Sel, le Marocain Tanger-Med et l’Indonésion Persero. A chaque fois ce sont plus de trente véhicules vendus, la perspective d’un renouvellement du contrat et plusieurs dizaines de millions d’euros à la clef. Pour le savoir faire français en matière de manutention portuaire c’est une reconnaissance internationale, pour la Franche-Comté ce sont des emplois et des capitaux en plus.

Le Conseil d’orientation de la recherche et de l’innovation pour la construction et les activités navales (CORICAN) a réuni ce 25 juin les principaux acteurs de la construction navale et le Commissariat général aux investissements pour déterminer les axes de développement technologiques de l’armement naval dans les prochaines années. En somme, afin de rester ou redevenir compétitif, anticiper sur le navire du futur. Les chantiers navals français vont mal, nous le savons, mais ils n’ont pas dit leur dernier mot, il faut le savoir.

IBM France doit supprimer 700 emplois sur ses différents sites français, c’est une mauvaise nouvelle, mais immédiatement compensée par la décision du groupe d’installer un pôle d’activité de 700 nouveaux emplois à Lille dans le Nord, dans les locaux d’une ancienne filature, réhabilitée. Pour cette région en grandes difficultés économiques, qui ne se remet toujours pas des désindustrialisations des trois dernières décennies, c’est une goutte d’espoir.

Même si elle n’est pas suivie d’effets, voici la meilleure nouvelle économique de la quinzaine, avec la publication de Tant qu’il y aura des seniors de Jean-Pierre Wiedmer, président de HSBC assurances. La thèse de l’ouvrage est simple, réhabiliter les seniors dans l’entreprise. Eternelles victimes des plans sociaux, avec un taux d’employabilité parmi les plus faibles d’Europe, les plus de 50 ans sont pourtant tout aussi performants, désireux de se former et de progresser, et ouverts à la nouveauté que leurs plus jeunes confrères. S’appuyant sur les exemples de pays européens où l’emploi des seniors est supérieur à 57%, comme le Danemark (41% en France), il montre que leur présence dans l’entreprise n’est en aucun cas une barrière à l’emploi des jeunes. Mieux encore, les DRH considèrent 75% des seniors comme performants dans leurs entreprises. Pour M. Wiedmer, soutenir l’employabilité des seniors, considérant leur valeur ajoutée, liée à l’expérience et le poids dans l’entreprise, est un atout essentiel pour la croissance française. Puissent les DRH et golden boys crétins entendre son vibrant appel.

Politique

La Cour des comptes a lancé un nouveau coup de semonce contre la dépense de l’Etat. Alors que le gouvernement tente d’en minimiser l’impact, elle dénonce l’accroissement inquiétant de la dépense publique, couplé à une stagnation des recettes de l’Etat, en dépit des hausses d’impôts. Ne se contentant pas de dénoncer, la Cour propose des pistes d’économies. Ainsi, le président Migaud propose de réduire les subventions de l’Etat aux entreprises para-publiques, à la presse, aux débitants de tabac, aux fédérations sportives bénéficiant par ailleurs d’importants revenus. Pour la première fois, la Cour propose également de frapper dans l’assistanat, en désindexant les pensions de retraite et les allocations familiales de l’inflation, proposant une progression correspondant à la moitié de l’inflation et non plus à sa totalité. Mieux encore, la Cour propose de supprimer les aides au logement pour les étudiants non boursiers, de mieux réformer le RSA et de ré-orienter les aides à la formation professionnelle vers les chômeurs, alors qu’à ce jour les principaux bénéficiaires sont les cadres. Enfin la Cour propose des suppressions de niches fiscales, notamment celles à destination de l’Outre mer et les aides aux gardes d’enfant. Evidemment, toutes ces propositions ne seront pas suivies d’effets, mais ce rapport fait l’effet d’une bombe lancée sur le système social français. Considérant son lent délitement, il serait temps que les Français apprennent progressivement à se débrouiller par leur solidarité interne et non plus avec l’aide de l’Etat nounou. Si seulement l’Etat pouvait, parallèlement à la suppression de ces aides, limiter d’autant la charge fiscale. Il est parfois permis de rêver.

Le congrès est reporté sine die. Plus personne ne pensait à la réforme de la Constitution promise par le Président, mais elle continuait de faire son chemin. Avec les huit législatives partielles ayant retiré huit sièges à la majorité, cette perspective s’éloigne cependant de plus en plus. La majorité socialiste n’atteignait pas les 3/5e requis pour réformer la Constitution, il se pourrait bien qu’elle ne recueille bientôt plus la majorité absolue sans l’aide de ses alliés. Tant mieux ! La France n’en sera pas moins gouvernable, et la Constitution restera intacte. La norme légale suprême de la France n’est pas le gadget des enfants capricieux mais une institution dont la stabilité doit être préservée.

Le Conseil de l’Europe épingle la France pour sa gestion de l’opposition au mariage homosexuel. Outre le fait que le Conseil de l’Europe retient, pour la manifestation nationale du 24 mars, le chiffre arrondi de 2 000 000 de manifestants, il dénonce l’emploi de gaz lacrymogènes sur des manifestants pacifiques et l’usage excessif des arrestations. Notre pays, dans ce rapport, voisine avec la Turquie. Pendant ce temps, les actions en justice contre l’Etat se multiplient en France, suite aux gardes à vue abusives et aux violences policières. Souvenons-nous du veilleur Nicolas Bernard-Buss, actuellement à l’isolement à Fleury-Mérogis, interdit de parloir, n’ayant reçu que la visite de parlementaires auxquels la loi permet de passer outre la règle de l’isolement.

Société

Le bénévolat ne s’est jamais aussi bien porté. Victimes de réductions d’activités, du chômage, ou bien actifs mais sensibles à la détresse de leurs frères, de plus en plus de Français s’engagent dans des associations charitables. Ils sont vingt millions en France à donner de leur temps. Entre 2010 et 2013 le nombre de bénévoles a augmenté de 14%. Plus agréable encore à lire, c’est parmi les 15-35 ans que l’engagement a le plus progressé, avec une hausse de 32% depuis 2010. Le secours catholiques, les conférences de Saint Vincent de Paul, mais également les mouvements scouts sont bénéficiaires dans cet élan d’engagement des Français. Décidément, en dépit des divorces, de l’isolement, du chômage, de l’individualisme, il y a en France une bonne graine qui résiste envers et contre tout.

Inciter les familles à s’entre-aider et à ne plus dépendre des soutiens extérieurs, c’est le pari des Enfants apprentis d’Auteuil et du Secours catholique qui a lancé l’ouverture de deux maisons de familles et prévoit d’en établir 35 d’ici à 2017. Du mardi au vendredi, des familles en difficulté sont invitées à se rendre avec leurs enfants dans ces maisons d’accueil où parents et enfants jouent ensemble, échangent leurs bonnes pratiques, reçoivent également des cours de cuisine pour retrouver la voie d’une alimentation saine. Des groupes de paroles entre enfants et entre parents doivent également permettre de rétablir la confiance dans les foyers, de trouver des solutions aux difficultés d’éducation et de vie commune. Redonner espoir et responsabilité aux parents, donner à chacun du temps à passer avec les enfants, c’est l’objectif de ces maisons.

Religion 

Dans le diocèse d’Orléans, face à l’isolement des prêtres, l’accent est mis sur la vie en communauté. C’est le cas depuis plusieurs années dans l’Ain, diocèse de Belley Ars. Cette pratique  a tendance à se répandre de plus en plus, créant des pôles de vie communautaire pour les prêtres qui ainsi sont mieux à même de se soutenir dans leur mission. Avec la diminution du nombre de prêtres, l’extension des territoires paroissiaux à couvrir, les difficultés matérielles croissantes de la vie religieuse, cette vie fraternelle promue dans de plus en plus de diocèses est une excellente nouvelle pour l’équilibre de vie des ministres du culte et la qualité de leur sacerdoce.

Les éditions du Cerf sont dans une politique éditoriale offensive. C’est ce que l’on peut interpréter avec le choix que les dominicains ont fait de nommer à la tête de leur directoire Jean-François Colosimo, ancien président du Centre national du Livre, ancien directeur éditorial chez Odile Jacob puis à la Table-Ronde. M. Colosimo s’était illustré, au CNL, par sa politique active pour l’aide aux libraires et la modernisation du secteur du livre, notamment face à la poussée du numérique.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s