Confession

(La confession, Molteni Guiseppe)

La miséricorde est le coeur des lectures de ce dimanche, dans le missel de 1969. Que ce soit au second livre de Samuel (XII 7-10.13), au psaume 31, dans la lettre de Saint Paul aux Galates (II 16.19-21) ou l’Evangile de Saint Luc (VII-36 à VIII-3), le pardon de Dieu pour les fautes du pécheur est mise en avant.

On aperçoit dès la première lecture la première modalité pratique du pardon, où, le roi David, reconnu coupable de graves péchés par le prophète Nathan, en dépit de toutes les bontés que Dieu a eu pour lui, se repend et admet ses fautes devant Dieu. De même, la femme pécheresse de l’évangile, en venant pleurer aux pieds du Christ, se reconnait pécheresse devant son Seigneur.

Cette première reconnaissance est un acte de mise en vérité devant le Seigneur. A l’heure de la mort, l’homme se retrouvera devant son Dieu, en vérité, sans la moindre once de mensonge, de fausseté, de dissimulation. Il ne pourra pas subsister d’impureté devant Dieu. Le premier pas de cette purification passe par le reconnaissance de la vérité de notre condition dans notre vie terrestre.  Quelle est l’utilité de cette reconnaissance humble de notre misère ? Au livre de Samuel, comme dans le psaume et dans l’évangile, Dieu pardonne à celui qui, ne se cachant plus, reconnait sa faute avec amertume.

Pour saint Paul, cette première reconnaissance est un acte de foi, une confiance en Dieu auquel on peut dire la faute, car on n’attend de lui que le secours et non le coup de grâce. C’est cette foi dans l’aveu qui sauve.

Nathan est l’intermédiaire entre David et Dieu, de même que le Christ amène la pécheresse repentie au Père. Cette nécessité d’un intermédiaire avec lequel instaurer un dialogue de réconciliation entre Dieu et la créature explique l’instauration de la confession par l’Eglise.

La confession n’est rien d’autre que cette miséricorde de Dieu en action, qui recueille l’aveu des fautes regrettées et offre son pardon en vue du salut.

En effet, le péché, parce qu’il instaure une relation de tromperie et de mensonge entre le fidèle et Dieu, une relation inspirée de celle qui mena au péché originel, coupe le fidèle de Dieu, en somme coupe le fidèle de la grâce et ainsi lui obstrue les portes du salut. Car Dieu ne veut pas la mort du pécheur, il a sans cesse pardonné dans l’histoire sainte. On voit ainsi les Hébreux naviguer interminablement de la révolte contre Dieu à la soumission, et Dieu de la colère au pardon. Le fil est maintes fois rompu et tissé à nouveau. Cette miséricorde, que les textes du jour nous livrent, Dieu a choisi de la perpétuer après le sacrifice de la Croix. Ce sacrifice lave toute l’humanité du péché originel, mais notre capacité à chuter demeure, elle est le fruit de notre liberté mal utilisée. Dieu a conservé cette liberté car il souhaite être aimé librement, c’est à dire sincèrement, par ses créatures. Car c’est dans la pleine relation d’amour avec Dieu que l’on parvient à lui pas à pas. Cette liberté comporte cependant le risque du mauvais usage et de la chute de l’homme. La miséricorde de Dieu dans l’histoire sainte se perpétue alors pour nous, afin de nous ouvrir les portes du ciel.

Cette miséricorde, comme dans la Bible, nécessite toujours un intermédiaire. Il n’est plus un prophète de l’ancien testament, même s’il exerce toujours une mission prophétique, l’annonce de la parole de Dieu. Il est véritablement alter Christus, un autre Christ, en ce sens qu’il s’inscrit dans la suite du pardon des fautes de la femme pécheresse par Jésus Christ. Parce que le Christ est le seul véritable prêtre, prophète et roi, en transmettant le soir de la Cène le sacerdoce à ses apôtres, il en a fait, dans le cadre sacerdotal, des alter Christus, d’autres Christ. Ainsi, lorsqu’ils agissent, en tant que prêtres, dans le cadre du ministère sacerdotal, ils agissent au nom du Christ, et c’est le Christ qui se rend présent à nous, par l’intermédiaire du prêtre.

La confession, c’est ainsi le fait d’aller se mettre à genoux devant le Christ, reconnaissant nos péchés et lui demandant son pardon. Le prêtre écoute, admoneste, redresse et pardonne. Parce que la confession relève de la plénitude du ministère sacerdotal, c’est l’évêque qui en dispose, lui qui est le successeur direct des apôtres. L’évêque donne au prêtre la délégation de pouvoir pour confesser, mais conserve ce pouvoir pour lui, sauf délégation particulière, pour les péchés les plus graves.

Se confesser c’est venir au Christ pour se réconcilier avec lui. Refuser la confession revient à fuir Dieu, à se déplacer loin de sa face. C’est la porte ouverte vers l’enfer. Il convient, parce que nous sommes de faibles enfants, de venir septante fois sept fois, vers lui, pour implorer son pardon. Le Christ demandait aux disciples d’être capables de pardonner septante fois sept fois à ceux qui les offensaient, combien plus lui-même le peut ! Nous pouvons nous avancer sans crainte vers les planches du confessionnal d’où rayonnent la grâce.

 » Je confesse à Dieu tout puissant, à la bienheureuse Marie toujours vierge, à Saint Michel Archange, à Saint Jean-Baptiste, aux saints apôtres Pierre et Paul, à tous les saints et à vous mes frères, que j’ai beaucoup péché, en pensées, en paroles, par action et par omission. C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute. C’est pourquoi je supplie  la bienheureuse Marie toujours vierge, Saint Michel archange, saint Jean-Baptiste, les saints apôtres Pierre et Paul, tous les saints et vous aussi mes frères, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu. »

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2 réflexions sur “Confession

  1. Je découvre votre blog et je suis ravie car vous lire, élève mon esprit et l’apaise. Je vous en remercie.

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