Affaire Méric. Stop !

(Murat fusillé. Mort d’un brave ou mort d’un traître ?)

On s’était bien juré de ne pas parler de l’affaire Méric sur ce bloc notes. La douleur privée qui étreint la famille doit être respectée par le silence. Mais la sottise généralisée nous contraint à sortir de notre position de retrait.

La mort de Clément Méric est un drame familial privé pour les siens. Nos hommes politiques ont décidé d’en faire une affaire politique publique, au risque de dire et faire n’importe quoi !

Clément Méric est mort à 19 ans. C’est un malheur pour les siens. Mais ce qui est insupportable pour la vérité, c’est que la France entière en a fait un petit saint. Or, la presse elle-même a glissé au détour de plusieurs articles que le jeune homme était connu défavorablement des services de police, ce qui signifie en clair qu’il a, au mieux été repéré plusieurs fois dans des manifestations en train de faire le coup de poing ou de dégrader des biens, au pire qu’il avait déjà passé plusieurs nuits au poste de police dans le passé.

Par ailleurs, si on ne connait toujours pas exactement les circonstances de la mort de ce malheureux jeune homme, on sait désormais qu’il n’a pas été pris à parti, errant seul dans la rue, mais qu’il était bien avec un groupe de jeunes militants gauchistes révolutionnaires, lesquels ont provoqué une dispute avec des militants skinheads de droite révolutionnaire. L’algarade s’est achevée dans la rue, au coup de poing, et Méric est mort. Il y avait visiblement deux Méric. Le délicat et discret étudiant de Sciences Po le jour, le militant révolutionnaire violent la nuit. Mais un seul et même Méric est mort tristement cette nuit-là…

Depuis, l’hystérie s’est emparée de la vie politique française. Marine Le Pen la première s’est immédiatement désolidarisée de tout groupe, avant même de savoir qui était l’auteur présumé de l’acte. Avec les affaires de violence qui ont éclaboussé le Front national dans les années 1980, elle savait à quoi s’en tenir… Ensuite ce fut l’intervention télévisée de Serge Ayoub, patron des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires, mouvement skinhead de droite révolutionnaire, qui n’a exprimé que de la violence verbale à l’antenne, sans jamais avoir un seul mot de compassion pour le jeune défunt.

Mais la gauche ne se porte pas mieux ! Tous les ténors des partis de gauche, ayant vu la droite mettre dos à dos les violences d’où qu’elles viennent, ont bien pris garde de distinguer extrême gauche et extrême droite. Comme pour le cholestérol, il y a la bonne et la mauvaise violence politique. Ainsi, l’extrême droite c’est la violence, la haine, le fascisme, le nazisme. Tandis que l’extrême gauche c’est une idéologie sympathique, parfois un peu excessive…

Très bien ! Regardons les faits maintenant. Les faits de l’année écoulée d’abord, et rappelons que les groupes soit-disant antifascistes ne se sont pas contentés de faire le coup de poing contre des groupes de skinheads d’extrême droite, ils ont aussi harcelé les Veilleurs dans plusieurs villes de France, à coup d’injures, mais aussi de jets de bouteilles en verre. Une bouteille de verre bien lancée blesse gravement, défigure, parfois à vie. Rappelons que les Veilleurs sont assis par terre avec des bougies et lisent des textes de Gandhi. Il y a peut-être un léger décalage dans les moyens utilisés pour l’expression politique…

Pour la semaine et le week-end qui viennent de s’achever, on pourra noter une manifestation de soutien à Clément Méric, à Paris, émaillée d’actes de violences : agression de quelques passants, poubelles brûlées et jetées sur la route pour empêcher la circulation, la tentative de saccage de l’église Saint-Nicolas du Chardonnet, heureusement déjouée par les CRS, et puis cette banderole si douce et imprégnée de paix « Clément Méric, ni pardon, ni oubli »… Mais ces hommes ne se sont pas arrêtés là. Dans la nuit suivante, une librairie catholique à Nantes a eu sa vitrine brisée. Lors d’une manifestation d’hommage à Clément Méric dans la nuit de samedi à dimanche, à Nantes toujours, les manifestants ont blessé trois policiers, brisés des vitrines de magasins, attaqués un commissariat en y lançant des bouteilles et des poubelles enflammées. Une autre librairie catholique, à Poitiers, a eu ses vitres couvertes de graffitis. Enfin, il ne faut pas être grand clerc pour établir un parallèle entre cette violence et les dégradations graves opérées dans la même nuit contre les cathédrales de Limoges et de Nantes. Pourquoi s’en prendre aux catholiques et pas aux skinheads ? Parce que pour les gauchistes, c’est le même combat, sans nuance, et puis parce que, il faut bien l’avouer… c’est plus facile… Un catholique ne se défend pas.

A chaque fois, les journalistes soit minimisent les faits, comme pour l’émeute de Nantes, soit les ignorent, comme pour Limoges, soit en parlent sans mentionner de lien éventuel avec l’extrême gauche, comme pour la cathédrale de Nantes.

La presse est ignoblement coupable. Pas un journaliste n’a donné la réplique aux ministres pour leur rappeler les violences de l’extrême gauche. Pourtant leurs techniques d’intimidation politique et leur tradition de la bataille de rues avec l’extrême droite est fort ancienne.

Elle est également coupable dans son traitement des skinheads. Certes, cette population est peu recommandable, connue pour ses violences et sa culture de la haine. Mais pour autant, ces personnes ont une dignité humaine et une noblesse intime qu’il convient de respecter, comme pour chacun d’entre nous. Or, on a vu également les journalistes diffuser tous les renseignements disponibles sur l’assassin présumé : son prénom, son nom, la profession et l’origine de ses parents, son village d’origine où sa famille vit toujours. Mais messieurs pourquoi n’avez-vous pas donné l’adresse exacte pendant que vous y étiez, histoire que les gauchistes y fassent une virée pour casser les vitres de ces parents de fachos ? Enfin, alors que les skinheads se sont tous livrés à la police, les gauchistes courent toujours. Qui le dit ?

On doit condamner la violence d’où qu’elle vienne. On peut donc déplorer que les journalistes ne la condamnent que dans un camp.

Dans cette fange où s’ébrouent les pourceaux, et où la palme revient à des profiteurs inattendus comme Pierre Bergé, pour lequel tout est bon pour tailler en pièces les opposants au mariage homosexuel, il n’y a qu’un homme que l’on peut citer en exemple, c’est Mgr James, évêques de Nantes, qui, après la profanation de sa cathédrale, a immédiatement appelé au calme et à l’apaisement. Il n’y a qu’une seule population qui se soit montrée digne, c’est celle de Nantes, qui a fait bloc autour des catholiques de la ville, pour condamner la violence et les dégradations.

Si seulement il pouvait y avoir un peu plus de Nantais en France…

Espérons qu’avec la nouvelle semaine les journaleux et les politiques laisseront la justice faire son travail dans la paix, et la famille de ce malheureux Méric vivre son deuil en silence.

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