Ce qui va bien en France. Semaine du 26 mai au 1er juin 2013

(Les ambassadeurs du Siam se prosternent devant le roi de France)

Voici la livraison des bonnes nouvelles de la semaine, où l’on verra qu’en dépit de la crise, les rayons percent de temps à autres le brouillard.

Economie 

La transition énergétique est, parait-il, à la mode. On se demande bien comment il sera possible dans un futur proche de remplacer le nucléaire en France, mais notons, cependant, les atouts pour la recherche et l’emploi que constituent les efforts menés pour cette transition. Les plus importants, en termes d’investissements, d’emplois et de développement concernent les éoliennes en mer, appelées désormais hydroliennes. La bonne nouvelle est double, avec la décision du conseil d’administration du parc naturel marin de la Mer d’Iroise de permettre l’installation d’un parc hydrolien sur son territoire, dans la mesure où il respecterait la faune et la flore locale, et avec la finalisation à Cherbourg d’un prototype de turbine éolienne d’origine allemande, Voith Hydro. Dans les deux cas, GDF-Suez apparaît comme le coordinateur de ces opérations dont le bénéfice attendu se chiffre en milliards d’euros. A la clef c’est l’assurance du maintien de nombreux emplois dans les chantiers de Cherbourg, et l’utilisation, sur le territoire national, des compétences développées par GDF-Suez en Mer du Nord dans ce secteur. La France a, en matière d’hydrolien, un grand retard à rattraper, en dépit d’une des plus grandes façades maritimes d’Europe.

GDF-Suez, toujours, porte bien hautes les couleurs de l’excellence française en Asie, où le groupe a souhaité orienter ses principaux investissements dans le domaine de l’exploitation et du transport de gaz naturel liquéfié. En effet, la région Asie-Pacifique est, pour l’heure, le principal consommateur de gaz naturel, et pourrait bien se hisser dans les prochaines années comme un des principaux producteurs. Le groupe français est en pointe, avec une hausse de ses ventes dans la région de 56% en 2012… GDF-Suez apparaît comme leader dans le domaine, avec une flotte de méthaniers parmi les premières du monde, et des participations dans plusieurs usines de liquéfaction de gaz naturel.

La troisième bonne nouvelle est ambigu, avec les auto-entrepreneurs. En effet, concernés par un projet de loi qui réduirait la liberté de leur statut, les 850 000 auto-entrepreneurs français se retrouveraient limités dans leur liberté économique. Il s’agirait d’installer un terme dans le temps au statut d’auto-entrepreneur chez ceux pour lesquels il s’agit d’une activité principale, afin de les inciter, à terme, à passer sous le régime classique des entrepreneurs et ainsi à recruter des employés et rentrer dans le cadre classique de la profession qu’ils revendiquent. Par ailleurs, pour les auto-entrepreneurs oeuvrant dans les métiers de l’artisanat, des qualifications a-priori seraient exigées avant d’autoriser la création de l’auto-entreprise. L’encadrement législatif semble assez hasardeux et on voit mal comment les auto-entrepreneurs pourront créer des emplois sur commande, afin de tenir le terme imposé. Cette initiative est en fait issue du lobby des artisans, inquiets de ce qu’ils appellent la concurrence déloyale des auto-entrepreneurs dans leur domaine, car non soumis à la plupart des charges sociales et des règles qui encadrent ces professions. La situation est complexe, et la bonne nouvelle est plutôt à aller chercher dans la réaction des auto-entrepreneurs, symbole d’une capacité à s’organiser pour répondre à l’Etat et défendre les intérêts de la liberté économique. En effet, les auto-entrepreneurs ont désormais leur mouvement des poussins, inspiré de celui des pigeons. Essentiellement actif sur les réseaux sociaux, ce mouvement a lancé sa pétition de soutien, qui a recueilli, en un mois, 20 000 signatures d’auto-entrepreneurs, et est bien décidé à défendre les intérêts de ce type d’activités. La question est complexe, mais la réaction doit être saluée comme une preuve de vitalité de la défense des intérêts de l’entrepreneuriat en France. Les pigeons ont d’ailleurs annoncé leur soutien aux poussins…

Enfin, une bonne nouvelle pour le moins surprenante, alors que les Français sont connus pour leur pessimisme ; toujours à se plaindre, plus grands consommateurs d’anxiolytiques en Europe, etc. Une étude publiée par l’OCDE place la France au 18e rang mondial des pays où il fait le mieux vivre, d’après les citoyens de l’Etat concerné. Plusieurs critères sont concernés, certains objectifs, d’autres subjectifs, comme la facilité d’accès au logement, la sécurité publique, la qualité de l’emploi, le temps consacré aux loisirs, la possibilité de se réaliser personnellement, etc. Sans surprise, les Français sont parmi les Européens les plus pessimistes sur l’emploi et les plus satisfaits de leur temps de loisir, juste derrière les pays scandinaves, mais la moyenne de satisfaction s’établie dans la fourchette haute, juste derrière l’Allemagne. Encore et toujours elle…

Politique

La première bonne nouvelle nous vient de Béziers, avec le soleil de juin. Robert Ménard, connu pour ses prises de position récentes, iconoclastes, sur les sujets de la droite nationaliste, de l’immigration, de la criminalité en France, a décidé de lancer une liste municipale dans la commune pour 2014, où figureront plusieurs candidats du Front national. Issu de la gauche bien pensante, journaliste courageux, fondateur de Reporter sans frontières, Robert Ménard n’est pas un membre, ni même un proche, du Front national, mais il poursuit, ici, sa croisade pour la totale liberté de parole politique en France et pour le traitement équitable des différents partis, sans ostracisme. Le cordon sanitaire établi autour du Front national depuis le début des années 1980 ne cesse de se rompre depuis la prise de direction du mouvement par Marine Le Pen. Il faut saluer cette nouvelle étape de la normalisation du Front national dans la vie politique qui aura pour principal effet de contribuer à libérer la parole en France sur les sujets polémiques de la souveraineté, de l’identité nationale et de l’immigration. On peut combattre le Front national ou ses idées. Mais on ne peut pas faire comme si les questions qu’il soulève n’existaient pas et ne méritaient aucun traitement. Là encore, le dialogue doit s’ouvrir. La loi du silence s’estompe peu à peu.

La deuxième bonne nouvelle est à mettre au crédit du gouvernement, et notamment de Madame Taubira, une fois n’est pas coutume. Après qu’il ait annoncé repousser les projets sur la PMA sine die, alors qu’il était question, à l’automne, d’en faire le coeur d’une loi sur la famille dès 2014, le gouvernement a fait de nouvelles concessions en envisageant très sérieusement de permettre aux conseillers municipaux de célébrer les mariages par délégation du maire. A la demande de l’Association des maires de France, la possibilité de se marier devant un conseiller municipal, en cas d’indisponibilité du maire et de ses adjoints, serait ouverte. De même, il serait désormais possible de se marier non plus seulement dans sa commune de résidence, mais également dans la commune de résidence de l’un de ses parents, y compris si les parents sont divorcés, ce qui ouvrirait jusqu’à six lieux de mariages différents au maximum en tenant compte des deux mariés et de leurs quatre parents divorcés. Cette ouverture de la délégation de marier aux conseillers municipaux et cet éclatement sur six communes possibles est une façon comme une autre d’ouvrir le droit à l’objection de conscience des maires dans le domaine du mariage homosexuel, sans le dire ouvertement, contournant ainsi les dispositions répressives de la loi en matière de sanctions d’un maire refusant de marier (pouvant aller jusqu’à la révocation en conseil des ministres). Cette mesure permettrait ainsi de rendre possible une résistance passive à cette mauvaise loi, sans pour autant ouvrir la boîte de Pandore d’une objection de conscience officielle tous azimuts, et en préservant la continuité du service public, le maire étant agent de l’Etat lorsqu’il célèbre un mariage. Le gouvernement arrondit les angles, c’est là l’effet à retardement de huit mois de mobilisation. Ce n’est pas grand chose, mais c’est déjà ça.

Nous avons tous en mémoire les images de ces femmes voilées menant, en banlieue parisienne, des marches de haine contre les commissariats ou les mairies, condamnant l’Etat parce que leur enfant venait de mourir en volant une voiture ou un scooter. A Marseille depuis plusieurs semaines, c’est tout le contraire. Les mères de famille des quartiers difficiles de la ville défilent, avec les associations d’action sociale, pour exiger de l’Etat qu’il assume ses missions pour un prompt retour à l’ordre dans la ville où fleurit une criminalité endémique depuis longtemps, désormais ornée de nombreux règlements de comptes. Il faut saluer cette démarche positive qui réunit épouses et mères de toutes origines pour exiger que la force publique agisse. Ces femmes sont à l’image de Jeanne Hachette saisissant les armes sur les murs de Beauvais pour repousser les Bourguignons. Lorsque les hommes n’assument plus leur rôle, les épouses prennent le relais. Bravo mesdames !

Désarmés par Edouard Balladur en 1995, les policiers municipaux ont peu à peu retrouvé leurs armes, face à la violence urbaine. La situation pourrait peu à peu se généraliser et, bonne nouvelle inattendue, les exigences les plus criantes viennent des maires socialistes et communistes (sans doute inquiets pour leurs sièges d’édiles à l’approche des élections de 2014). L’armement des polices municipales est à la discrétion des maires. Aujourd’hui un peu moins de la moitié le sont, mais plusieurs communes envisagent d’évoluer vers un armement de leurs policiers, comme à Grenoble. Par ailleurs, Christian Estrosi envisage de déposer une proposition de loi qui permettrait notamment aux policiers municipaux de poursuivre des délinquants sans limite territoriale, leur permettant ainsi d’opérer, si nécessaire, hors des limites de leur commune. On déplorera l’évolution de la violence, mais on se félicitera de voir les pouvoirs publics ouvrir les yeux avec réalisme.

Religion et société

L’enseignement catholique tient, ce week end, une convention nationale au Parc floral de Vincennes, qui réunira plus de 2000 participants : directeurs diocésains, chefs d’établissements, aumôniers, enseignants, parents d’élèves, représentants syndicaux, spécialistes des questions d’éducation, etc. Cette convention vient clôturer une année de réflexion menée dans l’enseignement libre sur le thème « avons-nous besoin de l’enseignement catholique ? » Ce temps de réflexion s’inscrit dans une période plus longue de réaffirmation de la spécificité catholique de cet enseignement, qui se veut à la fois centre d’excellence, source d’initiatives pédagogiques, lieu d’accueil et foyer de diffusion de la foi chrétienne. Cette réaffirmation de la place centrale de l’évangile avait déjà été marquée par les statuts de 1996 révisés en 1999. Un pas sensible a été franchi avec les nouveaux statuts de l’enseignement catholique publiés cette année qui redonnent la part belle aux évêques et au fameux « caractère propre » de cet enseignement. Scolarisant 2 millions d’élèves, voyant passer dans ses salles de classe, pendant au moins un an, un élève sur deux, l’enseignement catholique prend avec ténacité discrète le chemin d’une ré-évangélisation affirmée.

Autre bonne nouvelle dans l’enseignement libre, avec la signature d’une convention permettant l’ouverture de syndicats de parents dans les universités catholiques. Cette possibilité renforcera le poids de l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre, le premier syndicat de parents en France, qui compte bien avoir à la fois une action concrète auprès des étudiants en matière d’aide au logement de professionnalisation dans les études, mais également une action concrète renforcée auprès de l’Etat pour soutenir et encourager la liberté de choix des élèves entrant dans les études supérieures et souhaitant opter pour les universités catholiques. Evidemment, le pas majeur serait celui d’une parfaite reconnaissance de tous les diplômes des universités catholiques par l’université française. A suivre…

Enfin, dernière bonne nouvelle, et non des moindres, alors que la Catho de Paris traîne une réputation de progressisme théologique, tandis que les Bernardins sont facilement accusés d’un rigoureux conservatisme, les deux institutions viennent de signer un accord rendant possible la mutualisation des centres de recherche théologique des deux écoles, permettant aux étudiants de participer indistinctement aux cours des deux établissements, et donnant un libre accès aux bibliothèques des deux enseignes pour les deux populations étudiantes et enseignantes. Un rapprochement bien utile au coeur de ce quartier latin dont on peine parfois à retrouver l’origine chrétienne.

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