Ce qui va bien en France

(Fumerie d’opium dans Tintin et le lotus bleu)

Comme promis il y a une quinzaine de jours, voici la première édition de notre revue de presse, espérons hebdomadaire, des bonnes nouvelles de France. En ces temps de crise, de récession, de doutes sur l’avenir même de la nation, ces nouvelles susciteront, espérons-le, un peu d’espérance au fond des coeurs.

I Economie 

– Les joies de la mer.

Les premières bonnes nouvelles nous viennent du large, comme la colombe de Noé lui apporta le signe de la miséricorde de Dieu. Ainsi, le port du Havre a été élu, pour la troisième année consécutive, meilleur port européen par plus de dix huit mille spécialistes asiatiques de l’import export. On devine bien ce que cette élection signifie pour l’association des trois ports Le Havre-Rouen-Paris en termes de prestige international et d’augmentation du tonnage de marchandises débarquées.

Toujours dans la série maritime, la banque de crédit « Le crédit maritime », jusque-là orientée vers la pêche et les cultures marines a décidé d’élargir son spectre d’action à l’ensemble des activités littorales françaises, affirmant ainsi une politique expansionniste pour faire face à la crise. Son chiffre d’affaires, en recul comme dans tout le secteur bancaire, demeure positif.

Enfin, troisième bonne nouvelle maritime, le géant de la construction navale, DCNS, vient de s’associer à un groupe industriel plus réduit, Piriou, afin de fonder une filiale spécialisée dans les navires de défense d’un armement réduit ; Kership. Outre une meilleure adaptation aux besoins de la marine nationale, qui commandera, hélas, livre blanc oblige, des navires à faible coût, cette nouvelle entreprise fait la part belle à Piriou. C’est donc un partenariat sur pied d’égalité, créateur d’emplois et de richesses, et non la manducation du petit Piriou par le gros DCNS…

– Le pré des vaches

A terre également, en dépit du chômage ou du tâtonnement politique, tout n’est pas condamné par avance.

La Banque publique d’investissement a annoncé ce jour, par la voix de son président, Nicolas Dufourcq, un programme d’investissements de 12 milliards d’euros, en 4 ans, orienté essentiellement vers des prises de parts minoritaires dans des entreprises innovantes ou des fleurons de l’industrie française afin de soutenir une reprise. Le concret semble enfin arriver avec la BPI. M. Dufourcq est clair, les participations d’Etat doivent rester minoritaires (pas de nationalisation voilée donc), et les entreprises à soutenir doivent avoir du potentiel et de l’avenir. Il ne s’agit donc pas de soutenir à bouts de bras, pour de basses considérations politiques ce qu’il appelle un « mauvais business ». Tiendra-t-il parole ? La BPI sera-t-elle à la hauteur ? Pour l’instant ne boudons pas notre plaisir et attendons.

Ce n’est pas tout à fait en France, mais c’est pour la France que EDF achève, en ce moment, en Ecosse, le plus grand parc éolien du Royaume-Uni et se lance dans un parc éolien maritime en Mer du Nord. Outre les bénéfices substantiels que cette entreprise rapportera au groupe électrique français, on doit souligner la prise de position dans l’éolien maritime, avec à la clef l’acquisition de nouveaux savoirs faire, qui seront sans doute bien utiles pour notre propre parc éolien maritime français, pour l’instant largement en-dessous des prévisions fixées en 2009 lors du lancement du projet.

Ces quelques nouvelles nous ferons oublier l’espace d’un instant que l’Allemagne a devancé la France dans le domaine des exportations… agricoles !

II Politique

La première bonne nouvelle nous vient du Parlement, une fois n’est pas coutume. Alors qu’à la fin de l’hiver les sénateurs communistes, soutenus par leurs camarades socialistes, nous avaient donné des sueurs froides en votant  une proposition de loi amnistiant les grévistes reconnus coupables de dégradations de biens durant le précédent quinquennat, créant là un véritable déni de justice et usant d’une drôle de manière du droit de grâce ; le printemps, lui, a inversé la tendance, et ces mêmes socialistes, à l’Assemblée, gênés aux entournures par les nostalgiques du soviet suprême, ont décidé de renvoyer cette proposition de loi inique aux calendes grecques. Ouf !

L’autre bonne nouvelle, même si la pilule est amère pour les travailleurs, c’est l’ouverture du dossier des retraites par le gouvernement, qui ainsi sort de sa  grotesque position de déni adoptée durant la campagne présidentielle. Avec un possible nouvel allongement des durées de cotisations, le gouvernement de M. Ayrault ne règle pas la question, mais au moins repousse-t-il l’explosion du système de retraites. Dans notre situation économique et sociale c’est toujours mieux que rien… Pas à pas, les gouvernants successifs reviennent ainsi sur la folie de feu Mitterrand d’avoir fait passer l’âge de départ à la retraite de 65 à 60 ans en 1981. Reste à revoir le financement des caisses et les régimes spéciaux. Mais dans ce domaine, il semble qu’il faille avancer pas à pas.

Hélas, dans le contexte de navigation à vue de notre Président, il n’y aura pas d’autres bonnes nouvelles politiques. Mais c’est toujours ça.

III Culture

La première bonne nouvelle est éditoriale, et hélas trop discrète, avec la parution aux éditions Stock d’une importante biographie de François Furet par l’historien spécialiste de l’histoire des idées, Christophe Porchasson, plaçant une nouvelle pierre sur le socle de la statue de commandeur de celui qui renouvela les études sur la révolution française entre 1960 et 1997, jetant à terre l’omnipotent magistère marxiste en la matière.

Enfin, du côté de la presse écrite tout n’est pas morose, avec le lancement d’un nouveau quotidien, Internet et papier, l’Opinion, en kiosque depuis mercredi 15 mai, d’orientation libérale affirmée, sous la direction de l’ancien patron des Echos et du Figaro, Nicolas Beytout. Si le journal se montre fidèle à ses promesses on pourra saluer l’arrivée d’une nouvelle voie libérale dans la presse française, qui tranchera un peu avec le ton généralement mi-Keynes/mi-Friedman/et toujours indécis, de la presse économique française. Surtout, ce qu’il faut saluer, c’est la création d’emplois dans un secteur si touché par la crise.

IV Religion

L’Eglise catholique en France peut enregistrer cette semaine deux bonnes nouvelles, l’une anecdotique mais significative, la seconde de plus large importance et dépassant l’hexagone.

– Ce n’est pas encore officiel, quoique le modérateur de la communauté l’ait annoncé à ses membres, mais la Communauté Saint Martin sera bientôt chargée d’une paroisse parisienne, Notre-Dame des Blancs Manteaux, dans le IVe arrondissement. Cette ouverture de l’archidiocèse de Paris à une communauté nouvelle si florissante et jadis encore stigmatisée par l’épiscopat à cause de son conservatisme supposé, est une  bonne nouvelle, spécialement dans ce quartier de Paris où se trouve également la plus controversée paroisse Saint-Merri, connue pour les prises de position parfois déconcertantes de son actuel curé.

– Enfin, si la bonne nouvelle prend un goût de cendre, on peut saluer l’oeuvre de franchise et de transparence que le supérieur des frères de Saint Jean, le P. Thomas Joachim, a décidé d’opérer en levant les voiles d’ombres qui pesaient sur la chasteté du fondateur, le P. Marie-Dominique Philippe, figure charismatique du thomisme au XXe siècle, et prêtre missionnaire de haute valeur, qui fut malheureusement parfois percé par l’aiguillon de la chair. Pour les frères de Saint Jean, l’acceptation sereine de ces révélations est la preuve de la maturité de cette communauté florissante et sa capacité à se détacher de l’image parfois « gourou » de son fondateur, pour reposer plus pleinement sur le Christ.

Nous voici au terme de cette revue de presse, peut-être légèrement décousue, mais ayant à coeur de diffuser un peu d’espérance dans la grisaille. Sursum corda !

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Une réflexion sur “Ce qui va bien en France

  1. Quelle excellente initiative ! Montrer les signes d’espérance est plus que jamais nécessaire en ces temps de morosité économique, de stupidité politique et d’inanité artistique !

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