Racisme, petit pas vers l’égalité des droits ?

(L’arrivée de la reine de Saba à la cour du roi Salomon)

Le tribunal correctionnel de Paris a rendu, il y a quelques jours, une décision historique, quoique légèrement bâtarde. C’est sans doute l’une des premières affaires criminelles en France où la cause aggravante de racisme, instaurée en 2003, est utilisée pour dénoncer des propos racistes à l’encontre d’un Français européen. Plus intéressante encore, l’affaire a été défendue par la Licra, ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, traditionnellement engagée pour combattre le racisme à l’encontre des « minorités visibles » et faisant la sourde oreille contre celui qui frappe les Européens. 

Bien sûr, la décision est légèrement bâtarde, car la victime comme l’accusé sont tous deux Européens, et le véritable auteur des injures racistes, lui, court toujours. Mais qu’à cela ne tienne. Ne boudons pas notre plaisir. Les termes de « sale blanc » et de « sale Français » ont été condamnés par un tribunal français, à la demande d’une association antiraciste.

C’est un pas notable vers l’égalité des droits. On sait bien, en France, que lorsqu’il s’agit de parler de racisme, on ne condamne que celui émanant d’Européens à l’égard de citoyens ou d’étrangers issus de l’immigration. On a bonne mémoire de l’acquittement du groupe de rap « sniper », poursuivi par le ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, pour leur chanson délicate et suave « nique la France ». On se souvient de l’absence de poursuites contre plusieurs personnalités associatives issues des « cités chaudes » de notre République, expliquant que les Français européens étaient des « souchiens », ou plutôt des « sous-chiens qu’il faudrait bien éduquer » ; ou encore des propos de cette jeune femme expliquant qu’elle « ne couchait pas avec des blancs »…

Pour rehausser quelque peu le débat, on pourra comparer l’absence de condamnation même morale de Mme Lauvergeon, ancienne présidente du groupe Areva, qui avait benoîtement expliquée « qu’à diplômes égaux, entre le mâle blanc et la femme noire, je privilégierai toujours cette dernière », avec le tollé que provoquèrent les propos de M. Guerlain déclarant qu’il avait « travaillé toute sa vie comme un nègre, si tant est qu’un nègre ait jamais travaillé. »

Il y a, dans toutes ces situations, une inégalité de droits criante. Le racisme à l’égard des peuples extra-européens est vivement combattu. Tout propos d’une figure publique pouvant porter à confusion est salué par les associations de défense des minorités comme la preuve d’un racisme latent et insupportable de toute la société française, qui, pour résumer, est donc collectivement coupable des propos d’un seul. A contrario, le racisme issu des minorités, contre des Européens, est passé sous silence, au pire il est la regrettable expression d’un malaise social.

Comme une poire pour la soif, si nous osons dire… comparons en pensée la différence de traitement médiatique entre les cantines scolaires osant servir du porc sans autre alternative, et celles ayant décidé de ne plus servir que des repas hallal… Evidemment, vous n’aviez jamais entendu parler des secondes, qui pourtant existent bel et bien.

Des associations, comme l’Agrif (Association générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne) ont, depuis plusieurs années, tenté d’inverser la vapeur, de faire valoir une égalité de droits et de traitement contre le racisme, mais avec un succès pour le moins mitigé. Eh ! Puis soyons francs, ce genre d’associations, très marquées à droite, partent avec de sérieux handicaps de départ.

On peut donc saluer cette décision du tribunal correctionnel de Paris. On doit également saluer l’action de la Licra, une première du genre pour elle. Espérons qu’il y aura d’autres actions de ce type, beaucoup d’autres.

Mais espérons-le pour de bonnes raisons. En effet, l’invocation du racisme à tous bouts de champs a essentiellement contribué à vicier notre débat politique, instaurant une loi du silence sur les questions d’immigration, d’intégration, d’islam, de place des minorités. Ces débats ne sont pas traités au fond car, à chaque pas, les universitaires, les politiques, les journalistes même, craignent de sauter sur une mine antiraciste. L’invocation sempiternelle du racisme paralyse une partie de la réflexion, annihile le langage, sclérose la liberté d’expression, limite le champ du discours. Le racisme est devenu le mot magique, le second point Godwin, qui permet de clore une discussion en marquant le raciste réel ou supposé d’un sceau d’infamie. C’est en somme l’arme fatale des nouveaux inquisiteurs.

Avec l’émergence d’un traitement en justice du racisme antiblanc, puisqu’il faut bien l’appeler par son nom, nous avons la chance de voir émerger un retour possible à l’égalité de droits et de traitement dans ce domaine, mais surtout, nous avons peut-être la chance de voir enfin disparaître l’accusation sempiternelle de racisme.

En effet, l’accusation de racisme, relativement récente, est aussi un des symptômes du mal être national et un outil pour ceux qui ne cessent de minorer et salir notre histoire, notre patrimoine, notre identité.

Pour ces gens, espérons-le, les condamnations pour racisme antiblanc apparaîtront comme une telle incongruité, un effet tellement inattendu et surprenant de la tempête qu’ils ont eux-mêmes levée, qu’ils en viendront à quitter leur position en comprenant que l’utilisation du racisme, ad nauseam, comme circonstance aggravante, ne mène nul part ailleurs que vers la haine et la multiplication des tensions entre communautés au sein de notre pays qui a tant besoin d’unité.

Le racisme antiblanc enfin condamné en justice serait, ainsi, à terme, la preuve par l’absurde que ces critères de justice n’en sont pas, que ces postures ne mènent à rien et que l’alliance honteuse des antiracistes pour défendre des communautés à sens unique a fait son temps.

Il est permis d’espérer que cette condamnation intervenue en début de semaine, si elle est suivie d’autres, produise de tels effets salvateurs pour l’unité nationale.

Enfin, ce qu’il faut attendre, ce qu’il faut demander, ce qu’il faut espérer, c’est tout simplement l’abandon de la circonstance aggravante de racisme dans tous cas de figure, l’abrogation des lois liberticides condamnant les propos racistes, antisémites,  homophobes et xénophobes. Pour tout dire, puisqu’il s’agit de cela, il est temps de dépénaliser l’injure ! Dépénaliser l’injure et se dire que si traiter un homme de « sale Arabe » ou de « sale Français » est en effet un propos dégradant et haineux, il ne mérite pas pour autant le tribunal. C’est par la pacification des coeurs et non par la poursuite judiciaire, que l’on combattra réellement le racisme.

L’injure doit être dépénalisée pour purifier notre droit de sa charge idéologique afin de lui rendre sa pureté au service de la justice.

On veut combattre les discriminations ? Le droit des contrats est déjà bien fourni sans avoir recours à une législation spéciale contre le racisme. On veut pourfendre les accusations mensongères fondées sur la race ou la religion ? La diffamation est là. Mais parbleu ! Cessons de pondre des lois idéologiques, de faire entrer le droit dans les recoins les plus intimes de la vie et de la parole !

L’injure est laide, mais elle doit être un espace de liberté, pour que respirent un peu les citoyens étouffés.

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