Mariage pour tous, procédure bâclée, démocratie au rabais.

Ce vendredi, en fin de matinée, le projet de loi ouvrant l’institution du mariage aux personnes de sexe identique a été adopté par le Sénat. Cela serait le cours légitime de la voie parlementaire, si un goût de cendre ne restait dans la gorge des citoyens honnêtes.

En effet, pour ce vote solennel, l’heure du scrutin a été avancée par le Président du Sénat, Jean-Pierre Bel, et la Chambre haute a décidé, à main levée, dans un hémicycle aux deux tiers vide, d’approuver le texte.

Que la majorité des parlementaires ait décidé de s’absenter, sans raison valable, pour le vote d’un texte réputé être, de la part de ses propres défenseurs, un changement de civilisation, est un premier scandale. Quel crédit accorder à des élus du peuple aussi peu soucieux de l’avenir de leurs électeurs ? On pourrait d’ailleurs s’interroger sur les raisons de ces absences programmées, alors que la majorité annonçait défendre son texte becs et ongles, tandis que l’opposition prévenait que nous allions voir ce que nous allions voir… De fait, nous avons vu ! Ces absences sont-elles le fruit d’un arrangement entre partis ? D’une gigantesque oeuvre de corruption parlementaire par les lobbys homosexualistes dans la main de M. Bergé ? Plus simplement de la lâcheté d’élus grassouillets ne souhaitant pas endosser une quelconque responsabilité dans le vote ? Toutes les pistes sont ouvertes, et nous n’aurons sans doute jamais la réponse. Une seule chose est sûre, le Sénat s’est décrédibilisé. Les sénateurs se sont conduits comme des sagouins mal élevés sans foi, ni loi.

Peu importe le résultat du vote. Ce qui est scandaleux, c’est l’abstention massive de ceux-là même qui condamnent l’abstentionnisme de leurs électeurs.

Deuxième scandale, le vote à main levée. Par ce procédé, bien différent du vote solennel à la tribune, on ignore le nom des sénateurs ayant votés pour ou contre le texte. Ainsi, même les présents ont fui leurs responsabilités, par cette procédure courante au Sénat pour les textes mineurs, mais peu fréquente pour ce genre de projets de loi.

Le troisième scandale est à venir, il s’agit de l’avancement de la seconde lecture à l’Assemblée nationale. Prévue pour la fin du mois de mai, elle a été finalement annoncée par le gouvernement pour la semaine prochaine. Il s’agit, pour le Président de la République, de boucler au plus vite par un vote conforme de l’Assemblée nationale, sans discussion préalable, un texte de loi qui commence sérieusement à le gêner aux entournures. En effet, espère-t-il, en faisant voter la loi plus rapidement que prévu, il coupera l’herbe sous le pied des opposants, limitant le mouvement à ses irréductibles et renvoyant le gros de la troupe chez elle, prise d’un « à quoi bon? » de lassitude. C’est une tactique politicienne habile. Mais elle se réalise au mépris du débat parlementaire, au mépris des citoyens. Là encore, quel que soit l’avis exprimé, le scandale naît essentiellement de la précipitation soudaine du gouvernement sur un sujet d’une telle importance, qui dénote d’un mépris total pour les institutions qu’il doit servir et le peuple qui l’a conduit au pouvoir.

Procédure bâclée et démocratie sans peuple sont les maîtres mots de cette ultime phase du débat parlementaire.

L’opposition est également gravement coupable, du moins au Sénat. Attendons de voir ce qu’il se passera à l’Assemblée, mais il y a fort à parier que le résultat sera le même, la démobilisation en moins peut-être.

La tactique de M. Hollande portera-t-elle ses fruits ? Peut-être, si le mouvement se délite à la suite du vote. Mais elle sera un cuisant échec si, en dépit du délitement du mouvement des opposants, le peu qu’il reste fait le choix du radicalisme. C’est à craindre. Alors on pourra dire que le Président de la République aura durablement fracturé la société française sur un sujet qui n’est, à y bien penser, que le gadget malsain d’une infime minorité.

Il n’y a qu’une seule amertume qui  nous reste véritablement à l’esprit ; l’indifférence complète de l’immense majorité des citoyens qui, devant les pratiques de petite dictature vulgaire du pouvoir en place depuis quelques semaines, aurait dû se lever, sans distinction d’idées, pour exiger le respect des procédures établies par la République elle-même, le respect des adversaires et de leur parole, l’écoute sereine. Par son silence, la majorité du peuple de France a montré, une fois encore, qu’elle était mûre pour l’esclavage.

L’avantage en démocratie c’est que l’on a toujours ce que l’on mérite…

En attendant, que les hommes libres poursuivent leur combat. Il y a d’autres voies ouvertes, notamment la saisine du Conseil constitutionnel. Et puis… la rue appartient à celui qui y descend.

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