La France devient-elle une dictature molle ?

(Général Pinochet entouré de membres de son état-major)

Depuis quelques jours on a vu, dans le silence presque complet, des militants du groupe « la manif pour tous », verbalisés pour trouble à l’ordre public ou atteinte à la pudeur, du fait qu’ils portaient le sweat shirt de leur association dans l’enceinte du  jardin du Luxembourg. 

Jugeons par nous-mêmes du caractère répugnant de cet habit :

On a vu également des pique niqueurs membres de la même association expulsés du même Luxembourg pour trouble à l’ordre public. La liste pourrait continuer de s’allonger, en notant l’arrestation des soixante participants du petit déjeuner improvisé sous les fenêtres de Chantal Jouano, tandis que les parlementaires de la majorité parlent d’une radicalisation du mouvement.

Il est vrai que depuis quelques temps on compte les voitures brûlées, les policiers molestés et les vitrines brisées par ces dangereux nervis de la droite fasciste…

C’est le règne du deux poids deux mesures qui joue à plein dans ce qu’il convient de considérer comme la pénalisation du délit d’opinion jusque dans ses détails les plus anodins.

En réalité, les anecdotes qui émaillent la discussion de ce projet de loi ne sont que la face émergée d’une dérive bien plus profonde et plus inquiétante de notre pays depuis une trentaine d’années.

Tout a, en réalité, commencé, avec la promulgation des différentes lois liberticides combattant le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie, l’homophobie, les discriminations sous toutes leurs formes, etc. On doit nommer la loi Gayssot du 13 juillet 1990, en premier lieu, qui qualifie de délit toute incitation à la haine dans les domaines susnommés. La négation de crime contre l’humanité est également qualifiée de délit par cette loi. On doit rajouter à ce palmarès la loi Taubira de 2001 qui qualifie l’esclavage de crime contre l’humanité et exige des programmes scolaires et de la recherche historiographique qu’ils lui consacrent la part qui lui revient… De l’autre côté, et guère plus reluisante, la fameuse loi de 2005 sur le rôle positif de la colonisation. La loi dicte à l’historien ce qu’il doit penser. Où est la liberté de recherche ? Où est la recherche de la vérité si elle contrevient à la loi ?

Quel rapport avec le mariage pour tous ? Il est évident dans le domaine de la liberté d’expression.

En effet, il y a la loi, et il y a son application. Concernant ce deuxième point, se sont mis en place des lobbys que l’on pourrait nommer des chiens de garde, prompt à attaquer en justice, sans mesure et sans humour, les hommes politiques, les journalistes, les simples particuliers mêmes, soupçonnés de discrimination ou d’incitation à la haine dans ces domaines.

La mauvaise pensée est ainsi traquée, pourchassée.

Citons deux exemples, l’un où la violence du propos est évidente, mais où l’auteur était protégé par l’immunité parlementaire. En 2004, M. Vanneste, député du Nord, estimait que l’homosexualité, en ce qu’elle est un cas particulier et qu’elle ne permet pas la génération, devait être considérée comme inférieure à l’hétérosexualité. Protégé par son immunité, il fut invité à plusieurs reprises dans des émissions pièges pour y réitérer ses propos hors de l’hémicycle et être ainsi plus facilement attaqué en justice. La Cour de cassation finira cependant par lui donner gain de cause en 2008.

Plus récemment, en 2011, M. Zemmour déclarait que la plupart des délinquants sont des Français d’origine immigrée. Selon les journaux ou les périodes de l’année, on affirme ce fait comme une vérité statistique, ou comme une supposition indémontrable. Passons. Le plus important est de noter la condamnation pour racisme. Il y a ici un procès inique, dangereusement idéologique, et qui fait douter de la justice. En effet, le racisme aurait été de proclamer que la plupart des Français d’origine immigrée sont des délinquants. C’était dès lors la stigmatisation d’une communauté, un appel à la haine. Mais c’est tout l’inverse que M. Zemmour a fait, en disant que la plupart des délinquants sont des Français d’origine immigrée. Mais peut-être la magistrature ne maîtrise-t-elle plus sa langue maternelle. Il serait bon de vérifier l’application de l’édit de Villers-Côtteret dans les tribunaux.

Voici pour les racistes supposés.

Regardons bien que cette orientation est à sens unique. Mme Lauvergeon fut-elle condamnée pour avoir proclamé publiquement qu’à diplôme égal, entre le mâle blanc et la femme noire, elle privilégierait toujours cette dernière ?

M. Guerlain, lui, fut condamné, pour avoir déclaré qu’il avait « travaillé toute sa vie comme un nègre, si tant est qu’un nègre ait jamais travaillé. »

Deux poids deux mesures.

On le retrouve dans ce combat de la manif pour tous, où les porteurs de l’infâme vêture sont condamnés, tandis que M. Bergé, tweetant que si une bombe explosait dans le cortège de la manifestation il ne pleurerait pas, ne fait l’objet d’aucune poursuite.

Ces lois liberticides, par le flou qui entoure leur application, laissent une large voie au juge. Il s’en donne à coeur joie, et fait peu à peu de la France une dictature molle.

Molle, en ce sens que la violence physique est largement exclue. Molle en ce sens que la liberté de circulation est garantie. Molle en ce sens que les règles de procédure juridique sont toujours respectées et la sécurité physique des personnes assurée. Molle également en ce sens que quiconque demeure dans les clous de la bien-pensance est assuré d’une vie paisible en toute liberté.

Mais dictature car si on peut sans trop de peine brûler un abris bus après une manifestation syndicale, avec l’absolution médiatique et la clémence gouvernementale, on ne peut pas combattre un projet de loi idéologique dès lors qu’il est dans le sens du vent, à moins d’être accusé d’extrémisme ou d’imbécilité.

Contrairement à ce que pensent certains opposants au projet de loi, la réaction sur-dimensionnée de l’appareil d’Etat n’est pas le fruit de sa peur devant la mobilisation. Cette réaction va jusqu’à truquer grossièrement les photos prises par la préfecture de police de Paris durant la manifestation du 24 mars, ou à user de la menace voilée sur diverses autorités religieuses et politiques, ou encore à la charge scandaleuse et calculée contre l’épiscopat et son immobilier ou le grand rabbin de France et ses écrits. Ce n’est pas de la peur, c’est la violence qui se déchaîne contre qui sort des clous de la marche du progrès. Le village de vacance de l’homo festivus est entouré de barbelés où les policiers repoussent qui veut sortir.

On a toute liberté en France, du moment que l’on pense dans le vent. Mais gare à qui sort du sentier tracé par le progrès.

La presse est libre dans notre pays, mais la presse est acquise à cette voie de la bien-pensance. On peut compter les cas de mort médiatique pour ceux qui ont voulu quitter ces sentiers, condamnés à des publications anecdotiques, à d’éternels seconds rôles, ou tout simplement à prendre la porte.

Alors, il faut bien conclure, il y a en France une dérive de plus en plus inquiétante pour la liberté de penser et d’exprimer ses opinions. Tant que la censure ne frappait que quelques particuliers de-ci de-là, ou quelques politiques de toute manière « sulfureux, » personne n’était inquiet. L’endormissement fut total, et maintenant le réveil est douloureux.

Il n’y a pas deux solutions. Il faut poursuivre le combat. Une éventuelle victoire des opposants au mariage pour tous ne serait pas la victoire d’un parti. Elle ne serait pas même la victoire des défenseurs de la famille, car trop d’autres dangers planent sur elle. Mais elle serait la victoire de la liberté sur la bêtise. La victoire de l’esprit sur ses oppresseurs.

Espérons un jour voir le sens de la langue française respecté au tribunal, la liberté d’expression des parlementaires mieux préservée, la diversité des voix refleurir dans la presse et Lucky Luke retrouver ses cigarettes.

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Une réflexion sur “La France devient-elle une dictature molle ?

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