Mariage des personnes homosexuelles, profondeur historique d’une révolution

C’est un fait plus que probable. Dans quelques mois, les personnes homosexuelles en France pourront se marier avec une personne de même sexe et adopter ensemble des enfants. C’est un pas de plus vers l’hyper-contractualisation du mariage. Dans ces conditions, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Comme au Brésil, où quelques cas ont déjà été recensés, pourquoi ne pas marier trois partenaires, voire plus ? En effet, prenons les choses de façon dépassionnée ; à partir du moment où l’institution du mariage est considérée exclusivement comme un contrat unissant deux contractants consentants et jouissant de leurs droits civils, sans plus de précision sur l’identité sexuelle des contractants, pourquoi s’arrêter à deux ? Il y a des contrats entre un nombre illimité de personnes. Parlons net ! Le phénomène de société sera limité dans les populations actuellement revendicatrices, petite bourgeoisie parisienne encombrée de son plaisir individuel. Mais il rencontrera un véritable écho dans certaines familles issues de l’immigration, pour lesquelles la polygamie est une pratique traditionnelle qu’elles doivent cacher en France, pour ne pas tomber sous le coup de la loi. Chaque année, les Caisses d’allocations familiales découvrent de succulentes affaires de fraude, où l’époux débusqué est l’heureux conjoint de plusieurs femmes, parfois plus de dix, et l’heureux père d’une ribambelle d’enfants issus de différents lits, mais hébergés sous le même toit. Aussi, pour l’heure nous aurons sans doute le mariage homosexuel, puis la procréation médicalement assistée, puis la gestation pour autrui, mais nous aurons également la polygamie, comme à Mayotte, département français… Ce n’est qu’une question de temps.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Il est trop facile d’accuser l’adversaire et lui seul. Une part de la faute est en nous-mêmes, une part de l’antidote est en nous-mêmes.

La situation actuelle est le fruit d’une évolution progressive entamée depuis le XIXe siècle, avec la légalisation du divorce. Cette première entaille dans l’institution du mariage, socle indissoluble de la famille, en faisait un contrat. Le faible nombre de divorces était dû à la pression sociale et religieuse. Mais que la coercition vienne à faiblir et l’on vit peu à peu croître le nombre de divorces, de façon lente mais constante, avec une nette accélération depuis la deuxième moitié du XXe siècle, jusqu’à la situation actuelle où presque un couple sur deux a déjà connu le divorce. Peut-on jeter la pierre aux divorcés ? Certainement pas ! Il y a de la souffrance, des blessures, dans chacun de ces cas. Mais la coercition a permis, pendant trop longtemps, par esprit de facilité, de ne pas se poser la question d’une authentique politique familiale, c’est à dire protectrice et promotrice des familles.

Le mariage n’est pas un contrat, il faut le dire. C’est l’institution indissoluble, perpétuelle donc, qui unit un homme et une femme dans le but de fonder une famille.

Mais il faut aller plus loin. Nombre de divorces viennent de l’absence de communication dans le couple, de la frustration morale, de l’ennui né d’une trop grande habitude, de l’affaissement de la vie sexuelle, débridée aux premiers temps, la contraception aidant. C’est ici qu’un autre piège doit être retiré de la route pour soutenir les familles. Il faut établir, dans les cœurs et les intelligences, le sens authentique de la sexualité. Là encore, la coercition a permis de maintenir ce qui était déjà détruit par le règne du mensonge. Il ne faut pas croire que les hommes des siècles passés aient été plus vertueux que ceux d’aujourd’hui. Notamment, la compréhension du sexe dans un but de plaisir, ou l’activité sexuelle accompagnée d’une mentalité contraceptive et purement jouissante ne sont pas d’hier. Le bon bourgeois ne pouvant s’unir à son épouse autant qu’il le voulait se rendait dans les bordels ! Les capotes anglaises en peau de porc et la technique du retrait, ainsi que les pratiques sexuelles par d’autres voies que celles permettant le don de la vie ne sont pas d’hier, pour permettre, notamment aux mâles, de s’adonner à leurs pulsions. La grande nouveauté de notre monde moderne est la diffusion de contraceptifs de plus en plus efficaces qui, en faisant de la femme la maîtresse de son propre corps, ont permis également de libérer pleinement ses instincts de désirs sexuels. Mais loin d’apaiser le problème, ils l’ont démultiplié. Il est trop facile, ici, d’accuser les homosexuels. Ils ne sont qu’un groupe, plus visible, dans cette immense débauche enfin libérée du carcan hypocrite qui la maintenait depuis des temps fort anciens dans les « backroom. » La luxure est dans la rue, non parce qu’elle est nouvelle, mais parce qu’elle est enfin libre. Le combat est à visage découvert. Enfin, il va être possible de se battre vraiment, pour rétablir le bien, loin de toute hypocrisie !

En somme, il ne s’agit pas de revenir à un éden perdu, mais bien d’ouvrir une voie nouvelle, celle de la chasteté vécue et propagée. Il s’agit de faire comprendre à chaque homme et chaque femme, dès l’enfance, que la raison d’être de la sexualité est le don de la vie humaine. Il s’agit de rendre présent à l’esprit de tous que chacun possède en lui la potentialité de donner la vie et de créer, ex nihilo, un être nouveau, doté du patrimoine génétique de son père et de sa mère, en faisant une personne singulière, unique, en laquelle se lit toute l’histoire de sa famille, condensée dans quelques chromosomes. L’homme, et c’est heureux, s’unit charnellement par amour, et en retire un plaisir qui lui rend la chose douce. C’est dans la fusion des corps un acte de la plus haute union amoureuse. Mais le plaisir et la joie ne doivent pas être séparés du don de la vie qui est la raison d’être de la sexualité. Sans ce don, elle est insensée. Une bonne part de nos malheurs actuels, dans tous les couples et pas seulement homosexuels, vient bien de cette rupture entre le plaisir et la vie, entre le sexe et la vie. Il faut recoudre le lien déchiré. Il faut réunir l’acte dans son unicité. Cela ne peut s’apprendre que par une éducation à la chasteté et à l’amour. C’est l’enjeu de la vie des familles. Mais il peut appartenir également à la société de favoriser cette éducation, en combattant la pornographie, en promouvant la chasteté pré-maritale, en mettant en garde les femmes et les hommes contre une contraception qui coupe la communication du couple, chacun étant responsable personnel de sa contraception, étant coupable lorsque l’enfant refusé est conçu malgré tout, à cause d’une « défaillance » de l’un des conjoints. C’est le rôle de la société de montrer pleinement, dans les cours de sciences naturelles, la réalité de la vie naissante intra utero, la réalité du cycle féminin avec ses périodes de fécondité et d’infécondité. La société civile est ici l’accompagnatrice bienveillante des familles.

Il faut donc deux conditions, ici ; restauration du mariage dans sa dimension perpétuelle, et instauration d’une éducation à la chasteté, fondée sur le respect des corps et de la complémentarité des deux êtres, collaborant au don de la vie.

A ce prix, on pourra espérer renverser la vapeur de la dérive morale actuelle.  A ce prix seulement. On le voit bien dans le débat actuel. Le discours chrétien n’est pas vieux jeu, il est inaudible, sortit tout droit d’une autre planète, incompréhensible pour la plupart des intelligences.

Mais ce travail d’éducation ne se fera pas dans la lutte frontale. Il se fera dans l’action quotidienne et inlassable des couples chrétiens, des religieux, des associations familiales et scolaires, dans le dialogue d’hommes à hommes et dans le soutien et l’accueil de tous ces blessés de l’existence que notre société charrie entre deux bacchanales.

Il y a une civilisation de l’amour à bâtir. Pour cela il faut prier et agir. Chacun à son poste !

En attendant, il ne faut pas pour autant baisser les bras dans le combat contre le projet de loi légalisant l’union entre deux personnes de même sexe. Il faut parer au plus pressé, mais en ayant bien conscience que cette lutte est purement défensive, et que pour l’emporter un jour, il faudra être offensif. Cette offensive là se fera dans la paix et l’accueil, car ce n’est pas un lobby ou un groupe stigmatisé qu’il faut accueillir, c’est tout un peuple perdu. Il faut aimer le pêcheur et vomir son pêché. Cela demande plus de compréhension et d’abandon qu’on ne le pense. Chaque époque a eu ses saints ! Ces saints vivaient les Béatitudes.

« Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux les affligés, car ils seront consolés.
Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi.
Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux. »  (Matthieu V 3-12)

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